Professeur décapité : un parent d'élève au cœur de l'enquête

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Neuf personnes se trouvent en garde à vue dans le cadre de l'enquête. 2:19
Neuf personnes se trouvent en garde à vue dans le cadre de l'enquête. © AFP
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Neuf personnes sont actuellement en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur la décapitation d'un professeur d'histoire, vendredi, dans les Yvelines. Parmi elles, le père d'une élève du collège. Quelques jours avant le drame, il avait dénoncé l'attitude du professeur, qui avait montré à ses élèves une caricature de Mahomet, dans une vidéo très relayée sur les réseaux sociaux. 
DÉCRYPTAGE

Son rôle est au cœur des investigations des enquêteurs. Au lendemain de la décapitation d'un professeur d'histoire-géographie près d'un collège de Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines, neuf personnes se trouvent en garde à vue, dont plusieurs proches de l'assaillant, un jeune russe tchétchène de 18 ans. Mais un parent d'élève a également été interpellé à Chanteloup-les-Vignes. Il y a quelques jours, dans une vidéo très relayée sur les réseaux sociaux, il avait pointé l'attitude de la victime, qui avait montré à des élèves une caricature de Mahomet publiée dans Charlie Hebdo.

Le père accompagné d'un homme impliqué dans la mouvance islamiste

Dans cet enregistrement mis en ligne la semaine dernière, l'homme pointe l’attitude du professeur d’histoire-géographie, qui a montré la caricature dans le cadre du programme sur la liberté d’expression. Ce père d’une collégienne s'y dit choqué, qualifie l’enseignant de "voyou" et appelle à le dénoncer, en diffusant son identité.

Ce père de famille a également porté plainte contre l'enseignant le 8 octobre, puis refusé de venir à la convocation une semaine plus tard. En revanche, il est allé se plaindre auprès de la principale du collège, et était accompagné, ce jour-là, par un homme très impliqué dans la mouvance islamiste. Ce dernier a été placé en garde à vue, tout comme sa compagne. Ils ont été interpellés à Evry. L'homme est connu des services de renseignement.

Lors de sa première conférence de presse sur les événements, le procureur du parquet national antiterroriste (PNAT), Jean-François Ricard, a déclaré que la demi-sœur de ce parent d'élève avait rejoint l'organisation État islamique, en Syrie, en octobre 2014.

Sa fille n'était pas l'élève du professeur assassiné

Selon les tous derniers éléments de l’enquête, le père de l'élève à l'origine de la vidéo ne dit pas la vérité dans son message. En réalité, sa fille ne se trouvait pas dans la classe le jour où l'enseignant à montré la caricature aux élèves, et n'a même jamais eu cours avec la victime, ayant un autre professeur d'histoire. Peut-être avait-elle entendu parler de l’épisode des caricatures et l’a-t-elle raconté chez elle.

Reste que la vidéo a été très relayée sur les réseaux sociaux, y compris par le terroriste qui a décapité l'enseignant. Ce jeune homme de 18 ans, né à Moscou, est le fils de réfugiés tchétchènes installés à Évreux. Il était jusqu'à présent inconnu des services de renseignement, et n'avait jamais été arrêté par la police. Plusieurs de ses proches se trouvent actuellement en garde à vue. 

Europe 1
Par Guillaume Biet, édité par Antoine Terrel