Professeur décapité : dans les Yvelines, le choc après le drame

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Un professeur a été décapité dans les Yvelines. 1:42
Un professeur a été décapité dans les Yvelines. © AFP
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À Conflans-Sainte-Honorine, où un professeur a été décapité vendredi, quelques jours après avoir montré à ses élèves des caricatures de Mahomet, les habitants sont sous le choc. "Les enfants, ça les inquiète, nous aussi surtout", témoigne un père de famille. 
REPORTAGE

À Conflans-Sainte-Honorine, les habitants sont sous le choc. Dans la commune des Yvelines, un professeur d'histoire a été décapité vendredi près d'un collège, quelques jours après avoir montré à ses élèves, lors d'un cours sur la liberté d'expression, les caricatures de Mahomet publiées par Charlie Hebdo. L’auteur serait un jeune homme de 18 ans, né à Moscou et d'origine Tchétchène. En attentant les conclusions de l'enquête, sur place, les parents s'inquiètent et les élèves s'interrogent sur les motivations du terroriste. 

"On a l'impression que ça n'arrive qu'aux autres, mais non, c'est à notre porte, c'est chez nous", s'inquiète Alfredo, un père de famille habitant à une centaine de mètres du collège, au micro d'Europe 1. "J'ai un ami à moi qui est passé, il a vu le corps et il nous a averti qu'il y avait un corps, qu'il fallait faire attention", poursuit-il. 

"La police a fait rentrer mon fils en urgence, il sortait de l'école", raconte encore Alfredo. Et de conclure : "Les enfants, ça les inquiète, nous aussi surtout."

"Je ne me sentais pas discriminée par lui"

Devant l'établissement, des collégiens et d'anciens élèves, téléphone en main, se souviennent de la victime, que certains ont eu comme professeur. C'est le cas de Virginie, 15 ans. Il y a deux ans, se rappelle cette jeune fille de confession musulmane, le professeur avait déjà présenté une une de Charlie Hebdo à ses élèves. "J'étais en 4e. Il a montré l'image, c'était dans le programme", raconte-t-elle. "Ce n'est pas lui qui l'a fait. Il a demandé à ceux que ça pouvait choquer de sortir."

"Je ne me sentais pas discriminée par lui", insiste Virginie. "Je ne me disais pas que c'était raciste ou islamophobe de sa part. Ça ne m'a pas choqué. Je me dis : 'Tout ça pour une image'. C'est dommage de tuer quelqu'un pour ça." 

Europe 1
Par Nicolas Feldmann, édité par Antoine Terrel