"Nouvelle consommation, nouveaux déchets" : les masques polluent (déjà) mers et océans

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Les masques à usage unique sont composés à plus de 90% de plastique et mettent jusqu'à 500 ans à se dégrader, sans toutefois disparaître totalement. 1:32
Les masques à usage unique sont composés à plus de 90% de plastique et mettent jusqu'à 500 ans à se dégrader, sans toutefois disparaître totalement. © AFP
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Alors que Brune Poirson, la secrétaire d'État à la Transition écologique, a annoncé pendant le week-end que l'amende pour avoir jeter un masque par terre passerait bientôt de 68 à 135 euros, des masques commencent à être repêchés au fond de l'eau. Le plongeur Laurent Lombard, donne l'alerte sur Europe 1 lundi.

L'amende pour avoir jeté un masque par terre va passer, dans le courant de l'été, de 68 à 135 euros (avec majoration à 375 voire 750 euros dans certains cas), a annoncé ce week-end Brune Poirson, la secrétaire d'État à la Transition écologique. Les masques contre le coronavirus deviennent en effet une nouvelle source de pollution, jusque dans les mers et les océans. "On verra bientôt plus de masques que de méduses dans l'eau" : le plongeur Laurent Lombard a voulu donner l'alerte avec cette phrase choc, peut-être un peu exagérée, reconnait-il. 

Les masques mettent jusqu'à 500 ans à se dégrader

Depuis le déconfinement, le plongeur remonte des déchets du fond de la Méditerranée, sur les côtes d'Antibes. "J'ai trouvé des masques, des gants, et même deux gels hydroalcooliques", énumère Laurent Lombard au micro d'Europe 1. "Je n’en n’avais jamais trouvé avant. Nouvelle consommation, nouveaux déchets. C’est presque mathématique", se désole-t-il.

Les masques à usage unique sont composés à plus de 90% de plastique et mettent jusqu'à 500 ans à se dégrader. Mais ils ne disparaissent jamais totalement. Les particules de plastique sont mangées par les animaux marins, jusqu'aux poissons qui finissent dans nos assiettes.

Une pollution récurrente ?

Pour l'instant, Laurent Lombard et ses équipes n'ont repêché que quelques dizaines de masques mais l'accélération peut être brutale, prévient le plongeur. "Sachant qu’il y aura de plus en plus de masques consommés, forcément on peut se poser la question si cela ne va pas devenir une pollution récurrente au même titre que les mégots que l’on trouve par centaines milliers dans la mer", craint-il.

Mais des solutions existent cependant, à commencer par filtrer les eaux de pluie qui charrient les déchets des rues, à l'entrée de la mer, comme ça se fait déjà à Cannes.

Europe 1
Par Virginie Salmen, édité par Céline Brégand