L'ESSENTIEL EN DIRECT - Ce que l'on sait de la fausse arrestation de Xavier Dupont de Ligonnès

, modifié à
  • A
  • A
Les policiers ont perquisitionné dans la nuit de vendredi à samedi la maison de Guy Joao, à Limay (Yvelines)
Les policiers ont perquisitionné dans la nuit de vendredi à samedi la maison de Guy Joao, à Limay (Yvelines) © THOMAS SAMSON / AFP
Partagez sur :
L'homme arrêté vendredi soir à l'aéroport de Glasgow après une dénonciation anonyme n'est finalement pas Xavier Dupont de Ligonnès. 
L'ESSENTIEL EN DIRECT

Le démenti des policiers écossais est tombé : les tests ADN sont négatifs. L'homme arrêté vendredi à l'aéroport de Glasgow, en Ecosse, n'est pas Xavier Dupont de Ligonnès, contrairement à ce que de premières informations, issues d'analyses d'empreintes digitales, laissaient entendre. 

Les infos à retenir : 

  • L'homme arrêté vendredi soir n'est pas Xavier Dupont de Ligonnès
  • Une première comparaison des empreintes digitales laissait entendre que l’homme interpellé était Xavier Dupont de Ligonnès, avant que les tests ADN démentent cette piste ce samedi
  • Le fugitif est donc toujours recherché par la police.

Que s'est-il passé vendredi soir ? 

L'arrestation d'un homme suspecté être Xavier Dupont de Ligonnès a eu lieu vendredi à l'aéroport de Glasgow, en Écosse. Selon une source proche de l'enquête, l'arrestation a été entraînée par "une dénonciation anonyme". L'homme avait embarqué à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, à Paris. Il avait été repéré par les policiers français, qui n'ont pas eu le temps d'intervenir et ont prévenu Interpol. Il a finalement été contrôlé à son arrivée à Glasgow, où, selon plusieurs sources, ses empreintes digitales ont partiellement correspondu avec celles de Xavier Dupont de Ligonnès.

Des doutes à une certitude : ce n'est pas lui

Mais vendredi soir, le procureur de la République de Nantes, Pierre Sennès, appelait déjà à la "prudence". L'homme interpellé voyageait en effet avec un passeport au nom de Guy Joao, avec une adresse à Limay, dans les Yvelines.

Dès vendredi soir, les policiers ont mené une perquisition à l'adresse indiquée sur le passeport, sans rien y trouver. Samedi dans la matinée, les premiers témoignages des voisins étaient formels : impossible que Guy Joao soit Xavier Dupont de Ligonnès. L'un d'entre eux, Jacques, déclarait samedi matin au micro d'Europe 1 : "Ça fait trente ans qu’on se connait ! On a été à son mariage en Écosse, c’est aberrant ! Même avec de la chirurgie esthétique c’est pas possible".

Toujours dans la matinée, BFM TV révélait que les empreintes digitales de l'homme interpellé ne correspondaient en réalité que "très partiellement" à celles de Xavier Dupont de Ligonnès. Sur les treize points de reconnaissance nécessaires, seuls cinq correspondaient.

Samedi en fin de matinée, une source proche de l'enquête faisait part de "doutes" concernant l'identité de l'homme arrêté. Un peu plus tard, on apprenait également que les empreintes digitales relevées dans la maison perquisitionnée à Limay ne correspondaient pas à celle de Xavier Dupont de Ligonnès. 

Et vers la mi-journée, le verdict, révélé par Europe 1, est tombé : les tests ADN sont négatifs, l'homme arrêté est bien Guy Joao, et pas Xavier Dupont de Ligonnès. 

Que sait-on de Guy Joao, l'homme arrêté à Glasgow ?

À en croire les derniers éléments de l'enquête, Guy Joao est un septuagénaire, à la retraite, ancien salarié de Renault Flins, marié à une Écossaise. Il aurait perdu son passeport en 2014.

Huit ans de recherches et de mystères

Depuis huit ans, Xavier Dupont de Ligonnès est activement recherché. A maintes reprises, des signalements sont parvenus aux enquêteurs dont les milliers de procès-verbaux rédigés n'ont pas permis de dire s'il était mort ou vivant, s'il avait pu organiser sa fuite ou s'il s'était suicidé. Ce personnage central de l'une des plus mystérieuses énigmes criminelles des dernières décennies a été aperçu pour la dernière fois en avril 2011 : le 14 avril, il avait été filmé par la caméra d'un distributeur de billets, et le 15, il avait quitté à pied un hôtel avec, sur le dos, un étui pouvant contenir une carabine.

Six jours plus tard, les corps de sa femme et de ses quatre enfants étaient découverts, enterrés sous la terrasse de leur maison à Nantes. Agnès Dupont de Ligonnès, 48 ans, et ses quatre enfants, Arthur, 21 ans, Thomas, 18 ans, Anne, 16 ans, et Benoît, 13 ans ont été tués à la 22 Long Rifle, vraisemblablement deux semaines plus tôt, entre le 3 et le 5 avril, d'au moins deux balles dans la tête. Avec six jours de retard sur le père de famille, les enquêteurs avaient alors remonté le fil de son emploi du temps, sans percer l'énigme. Malgré un mandat d'arrêt international lancé contre lui, il n'a donc toujours pas été retrouvé.

Par , avec Guillaume Biet, Joanna Chabas, Chloé Triomphe avec AFP