"Je ne fermerai pas !" : à Marseille, Véran face à la grogne des restaurateurs

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Certains restaurateurs affirment qu'ils ne vont pas suivre les nouvelles mesures restrictives qui s'appliquent à Marseille. 2:14
Certains restaurateurs affirment qu'ils ne vont pas suivre les nouvelles mesures restrictives qui s'appliquent à Marseille. © NICOLAS TUCAT / AFP
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En visite à l'hôpital marseillais de la Timone, le ministre de la Santé Olivier Véran a fait face à la grogne des restaurateurs. Ils étaient plusieurs centaines à manifester contre la fermeture totale des bars et restaurants de l'agglomération dès dimanche.  

"Qu'Olivier Véran commence par le début : remettre du fric dans les hôpitaux !" Comme plusieurs centaines de restaurateurs et de cafetiers soutenus par certains élus locaux, Noëlle est venue manifester ce vendredi contre la fermeture totale des bars et restaurants de la métropole d'Aix-Marseille pour 15 jours devant le Tribunal de Commerce local. Un bâtiment situé non loin de l'hôpital de la Timone, où le ministre de la Santé Olivier Véran tenait une conférence de presse. 

Véran veut "protéger les Marseillais"

"Ça fait six mois qu'on nous dit qu'il manque des lits, que l'hôpital ne va pas bien... il fallait anticiper", clame Noëlle au micro d'Europe 1 en réaction aux déclarations du ministre. Ce dernier expliquait plus tôt dans l'après-midi vouloir éviter que les hôpitaux marseillais déprogramment des opérations pour pouvoir faire face à un afflux de patients Covid. "Mon seul objectif, c'est de protéger les Marseillais. C'est de ne pas prendre le risque qu'ils ne puissent pas suivre leur traitement contre le cancer, qu'ils ne puissent pas se faire opérer à la suite d'un problème de santé."

Un vent de désobéissance civile

Mais cet argument ne semble pas faire mouche chez les manifestants, ni auprès des élus locaux venus les soutenir comme Samia Ghali. L'adjointe à la maire de Marseille a même prévenu sur Twitter : "si cette décision est maintenue, la ville de Marseille n'apportera pas son concours pour mettre en place les fermetures." Un véritable vent de désobéissance civile politique souffle donc sur la cité phocéenne et les restaurateurs comptent bien saisir la balle au bond. 

 

"Je rentre en résistance"

"On ne se laissera pas crever, il faut se battre ! Je ne fermerai pas, je rentre en résistance", confirme au micro d'Europe 1 Céline, restauratrice venue d'Aubagne pour manifester. "On est très discret, on est plutôt les enfants sages de cette société mais là, trop c'est trop." Rester ouvert coûte que coûte, voilà la stratégie de certains restaurateurs. Mais selon Céline, s'ils en viennent à une telle extrémité, c'est qu'ils n'ont pas le choix. "C'est soit je meurs, soit je meurs ! Mais je préfère mourir debout ! J'ai cinq enfants, une famille à nourrir, je ne peux pas laisser les choses comme ça."

Un entêtement que ni l'exonération des charges sociales annoncée jeudi soir par le Premier ministre Jean Castex, ni la réalité des chiffres de la situation sanitaire ne peuvent faire plier. "Les chiffres ça se manipule, nous on ne voit rien", argue Céline. 

Europe 1
Par Nathalie Chevance, édité par Ugo Pascolo avec AFP