Incendie meurtrier à Paris : "Il n’y a pas à imaginer qu’il y ait un défaut sur la prise en charge à ce stade"

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Le docteur Sabine Mouchet-Mages, chef de service de psychiatrie légale à l'hôpital du Vinatier à Lyon, a expliqué à Nikos Aliagas sur Europe 1, que la responsabilité pénale de la suspecte de l'incendie meurtrier à Paris "dépend de l’état dans lequel elle était au moment des actes".

INTERVIEW

Après l'incendie d'un immeuble qui a fait dix morts à Paris dans la nuit de lundi à mardi, le profil de la suspecte interroge. Internée depuis mardi à l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police, cette femme de 40 ans souffre de troubles psychiatriques. Selon les informations d'Europe 1, elle venait même de sortir de l'hôpital dans lequel elle avait été placée à la demande de sa famille.

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"On peut reconnaître qu’une personne était suffisamment malade au moment de faits pour ne pas être responsable." Elle avait par ailleurs déjà été jugée pénalement irresponsable de ses actes par deux fois en 2016, après une affaire de violence, puis une autre d’incendie dans un magasin. "On peut reconnaître qu’une personne était suffisamment malade au moment de faits pour ne pas être responsable", explique le docteur Sabine Mouchet-Mages, chef de service de psychiatrie légale à l'hôpital du Vinatier, à Lyon, et experte près la cour d’appel de Lyon, au micro de Nikos Aliagas sur Europe 1.

"Ça veut dire que son état mental a impacté suffisamment son état au moment des faits pour qu’elle ne puisse pas en avoir le contrôle ou se rendre compte de ce qu’elle était en train de réaliser", précise-t-elle avant d'ajouter que "ce n’est pas forcément un état qui est durable".

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La responsabilité pénale "dépend de l’état dans lequel elle était au moment des actes". Dans le cas de cet incendie particulièrement meurtrier, "toute la question est de savoir s’il existait un trouble mental particulièrement sévère au moment des actes". La spécialiste prend l'exemple d'une "une injonction hallucinatoire qui aurait pu lui dire de mettre le feu, auquel cas, on est dans quelque chose de vraiment très fort." 

Concrètement, sa responsabilité pénale dans cette affaire "dépend de l’état dans lequel elle était au moment des actes". Pour le savoir, "on fait de notre mieux pour être au plus proche mais bien évidemment, on n’est pas dans la tête des gens au moment où ils passent à l’acte", précise le docteur Sabine Mouchet-Mages.

"La plupart des malades mentaux ne sont pas dangereux." Si l'"on est manifestement devant une personne qui a une maladie mentale sévère", elle assure que "la plupart des malades mentaux ne sont pas dangereux" : "Ils sont d’abord dangereux pour eux-mêmes et ils sont aussi beaucoup plus vulnérables."

Sabine Mouchet-Mages tient par ailleurs à préciser qu'"il n’y a pas à imaginer qu’il y ait un défaut sur la prise en charge à ce stade de ce qui est connu". Malgré "un manque de moyens" en psychiatrie, "on ne raisonne pas dans une logique médico-économique pour faire sortir les gens plus tôt", assure-t-elle.