"Il faut tout recalculer" : à Marseille, les restaurants se préparent à rouvrir

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Marseille vieux port coronavirus 1:25
A Marseille, les restaurants du Vieux-Port sont désormais fermés depuis plusieurs mois (photo d'illustration). © AFP
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Comme partout en France, les restaurateurs marseillais attendent impatiemment la date du 2 juin, synonyme de réouverture après plus de deux mois sans accueillir de clients. Mais à la veille de l'échéance, les professionnels interrogés par Europe 1 détaillent l'ampleur des changements qu'ils ont du opérer pour respecter les consignes sanitaires. 

Certains ont maintenu une activité de livraison a minima, d'autres ont laissé leur établissement en sommeil, mais aucun restaurant marseillais n'a accueilli de clients depuis la mi-mars et le début du confinement face à l'épidémie de coronavirus. À la veille de la réouverture des établissements, les professionnels s'activent donc pour reconfigurer leurs établissements et être aux normes... Avec de nombreuses inconnues. 

Des tables et des chaises en trop, faute d'espace disponible

À la brasserie des templiers, près du Vieux-Port, tout est par exemple à revoir. "Il faut déplacer la bande d'accueil, le bar, tout recalculer, tout re-mesurer. C'est assez complexe....", souffle le patron, Frédéric Jeanjean. "Au milieu de la salle, toutes les tables et les chaises qui restent, on n'arrive pas à les placer", explique-t-il. 

Lola, son employée, dispose la terrasse, un morceau de bois à la main. "C'est une baguette en bambou, pour mesurer un mètre, exprès. Je compte un mètre entre chaque table entre chaque table, par précaution", détaille la serveuse de l'établissement qui perdra 20% de sa capacité d'accueil. Plusieurs salariés devront y être maintenus au chômage partiel dans un premier temps. 

"On est dans le brouillard, un peu"

La situation est plus tendue encore dans les petits restaurant du centre-ville, comme celui de Fabrice, déjà fragilisé et endetté, et qui estime qu'il devra diviser son nombre de clients "de plus de moitié". "Le comptoir, je ne peux plus l'exploiter. Je vais tomber à 12 personnes par service, maximum", déplore-t-il. "Parti comme c'est, je ne pense pas que je redresserai. On est dans un brouillard, un peu, et je pense qu'on ne va pas rester longtemps."

 

 

Lui aussi s'est pourtant adapté : sa carte sera simplifiée et retranscrite sur une ardoise. Mais il l'assure : pour lui et beaucoup d'autres professionnels de l'hypercentre, l'avenir s’inscrit en pointillés. 

Europe 1
Par Stéphane Frangy, édité par Margaux Lannuzel