Commerçants, forces de l'ordre, gouvernement… Inquiétude à tous les étages avant "l'Acte 4" des "gilets jaunes"

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Après les graves dégradations qui ont eu lieu samedi dernier autour des Champs-Elysées, nombreux sont ceux qui craignent de nouveaux débordements violents, et tentent de les prévenir.

Ils sont bien décidés à se faire de nouveau entendre, samedi à Paris. Des dizaines d'appels à manifester pour "l'Acte 4" du mouvement des "gilets jaunes" fleurissent depuis le début de la semaine sur les réseaux sociaux, donnant pour la plupart rendez-vous sur les Champs-Elysées, qui a été le théâtre de scènes d'émeutes le 1er décembre.

"On ne veut pas de bagarres". D'autres "gilets jaunes" appellent de leurs côtés à déplacer la manifestation place de la Bastille. Tom Labarthe, un adolescent de 16 ans originaire d'Alençon, a lancé avec ses parents un événement sur Facebook qui regroupe déjà 5.000 personnes. "J'ai été contacté par des gens qui, comme moi, ont créé un événement. On a discuté pour essayer de coopérer. On a maintenant un petit groupe sur Facebook pour se donner des idées, et éviter que tous les gens aillent sur différents événements", explique-t-il au micro d'Europe 1. "On a prévu plein de petites choses pour que ça se passe bien. On ne veut pas de bagarres, on le répète à tout le monde sur les événements", assure le jeune homme.

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"Il faut éviter le pire samedi". "Une très grande violence", c'est justement ce que craint l'Elysée. Mercredi, Emmanuel Macron, cible de toutes les critiques sur les points de blocage, a demandé solennellement aux partis politiques, aux syndicats et au patronat "de lancer un appel clair et explicite au calme". La stratégie de l'exécutif est donc d'appeler à la raison. "Il faut éviter le pire samedi", glisse un conseiller, interrogé par Europe 1.

"Le premier qui touche à une pierre, on ira le chercher". Après les dégradations qui ont eu lieu samedi dernier tout autour des Champs-Elysées, les commerçants aussi sont inquiets à l'annonce de "l'Acte 4" des "gilets jaunes". Si beaucoup vont prendre les devants et fermer leurs boutiques, d'autres ne veulent pas renoncer et prévoient de protéger eux-mêmes leurs biens. Un restaurateur, dont l'établissement est située sur l'avenue de la Grande armée, avait déjà convié sept de ses amis samedi dernier. Il compte réitérer ce samedi. "Cette fois-ci, je vais amener 15 personnes, des copains à moi qui étaient dans les forces spéciales, des anciens de l'armée… Le premier qui touche à une pierre, on ira le chercher", menace-t-il. "Est-ce que j'ai le choix ? Je demande au président de la République de nous protéger, d'assurer notre sécurité", insiste-t-il.

Entendu sur europe1 :
Jusqu'à présent, nous n'avons pas eu de morts grâce au professionnalisme et au sang-froid de nos collègues, mais nous sommes très inquiets pour ce week-end

Les forces de l'ordre demandent de l'aide. Les syndicats de police non plus ne cachent pas leur inquiétude à l'approche de ce week-end de tensions. "Les policiers sont fatigués. Tous les jours, ils sont pris par les ambulanciers, les lycéens, et les manifestations des 'gilets jaunes' qui se succèdent. Nous avons besoin de renfort", presse sur Europe 1 Christophe Rouget, porte-parole du syndicat d'officiers SCSI. "Nous demandons ensuite d'avoir des moyens lourds, comme par exemple les véhicules blindés légers de la gendarmerie qui sont équipés de lames pour enlever les barricades, afin de soutenir nos collègues sur le terrain", poursuit-il. 

Christophe Rouget appelle enfin à ce que "certains militaires" puissent venir gonfler les rangs des forces de l'ordre samedi, "pour surveiller avec nous les établissements publics, être présents et réactifs, et éviter que nos collègues se retrouvent sous le feu des projectiles, en sous-effectifs et en danger." "Jusqu'à présent, nous n'avons pas eu de morts grâce au professionnalisme et au sang-froid de nos collègues, mais nous sommes très inquiets pour ce week-end."