Coronavirus : 123 décès et plus de 13.000 cas en 24h

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Les derniers chiffres des autorités sanitaires font apparaître une nette dégradation de la situation sanitaire.
Les derniers chiffres des autorités sanitaires font apparaître une nette dégradation de la situation sanitaire. © AFP
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La situation sanitaire se dégrade en France, avec 123 morts et plus de 13.000 nouveaux cas en 24h selon le dernier bilan, publié vendredi. Dans la soirée, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a annoncé avoir été testé positif.
L'ESSENTIEL

La situation sanitaire continue de se dégrader dans le pays. Le dernier bilan des autorités, publié vendredi soir, fait état de 123 morts et plus de 13.000 nouvelles contaminations en 24h, un record. Le nombre d'admissions en réanimation (100) est également en nette hausse. Face à ce rebond de la pandémie, la ville de Nice a annoncé vendredi toute une série de mesures contraignantes, dont l'interdiction de tout regroupement de plus de dix personnes dans les parcs, les jardins et sur les plages. Dans soirée, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a annoncé avoir été testé positif. 

Dans le monde, le coronavirus poursuit sa propagation, notamment en Europe. Le reconfinement décidé en Israël, confronté à une deuxième vague, est entré officiellement en vigueur.

Les infos à retenir :

  • Le dernier bilan fait état de 123 morts et plus de 13.000 contaminations en 24h
  • Les rassemblements de plus de 10 personnes sont interdits dans les parcs, les jardins et sur les plages à Nice
  • Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a annoncé être positif 
  • De nombreux pays durcissent leurs conditions sanitaires

123 décès et plus de 13.000 contaminations en 24h

Le dernier bilan publié par les autorités sanitaires fait apparaître une nette dégradation de la situation sanitaire. 123 décès ont été constatés en 24h, soit plus du double de jeudi (50 décès en 24h), pour un total de 31.249 morts depuis le début de la pandémie. 13.215 cas ont été enregistrés un 24h, un nouveau record après les plus de 10.000 nouvelles contaminations de jeudi. 

Autres chiffres inquiétants : 850 personnes ont été hospitalisées en une journée, et 100 patients ont été admis en réanimation. En revanche, le taux de positivité (proportion du nombre de personnes positives par rapport au nombre total de personnes testées) est resté stable, à 5,4%.

Bruno Le Maire testé positif 

Dans la soirée, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a annoncé avoir été testé positif. "Je me suis immédiatement mis à l’isolement à mon domicile conformément aux règles sanitaires édictées par le gouvernement. Je ne présente aucun symptôme. Je resterai à l’isolement pendant 7 jours. Je continue à exercer mes fonctions", a-t-il écrit sur Twitter. 

Les conditions sanitaires durcies à Nice, des annonces attendues pour Lyon 

Face à l’aggravation de la situation, Olivier Véran a pris la parole jeudi après-midi. Le ministre de la Santé a annoncé que le gouvernement avait demandé aux préfets du Rhône et des Alpes-Maritimes de présenter d’ici samedi de nouvelles mesures locales pour enrayer l’épidémie à Nice et à Lyon.

Dans la capitale azuréenne, les mesures sont tombées en fin de matinée : le préfet a annoncé que "les rassemblements de plus de 10 personnes dans les parcs, jardins, plages et sur les quais de la commune seront désormais interdits". Les débits de boisson de Nice devront également fermer à minuit et demi. La vente à emporter et la consommation d'alcool dans l'espace public seront proscrits après 20 heures. Enfin, les grands rassemblements ne pourront pas dépasser 1.000 personnes. 

Dans la capitale des Gaules, on redoute ces nouvelles mesures, notamment du côté des patrons de bars et de restaurant, et dans l’événementiel. Retrouvez notre reportage ici. Par ailleurs, l'ARS d'Île-de-France a déconseillé les rassemblements privés (fêtes d'anniversaire, repas de famille, rencontres entre amis) de plus de 10 personnes. 

"Tous les indicateurs se dégradent", avertit Santé publique France 

Circulation du virus chez les personnes âgées, nombre de "clusters" et même désormais nombre de décès : "tous les indicateurs" d'une aggravation de l'épidémie de Covid-19 sont présents, avertit vendredi Santé publique France, qui y voit un signal invitant à plus de vigilance.

"Pour la première fois depuis la levée du confinement, on observe une augmentation des décès pour Covid-19", avec un doublement à 265 morts, après 129 la semaine précédente, souligne l'agence sanitaire dans son dernier point hebdomadaire. "Ce sont des décès qu'on observe aussi bien au niveau hospitalier que dans les établissements d'accueil pour personnes âgées", a précisé au cours d'un point de presse en ligne Sophie Vaux, épidémiologiste à Santé publique France.

Une situation qui inquiète dans les Ehpad

La situation dans les Ehpad suscite particulièrement l'inquiétude. Six résidents sont décédés dans un Ehpad de Roanne, dans la Loire, où près de cinquante cas positifs au Covid-19 ont été détectés. Dans la même région Auvergne-Rhône-Alpes, douze décès ont été recensés récemment dans une maison de retraite de Bourg-en-Bresse, dans l'Ain. Par ailleurs, l'ARS du Centre-Val de Loire a annoncé vendredi un cluster de 54 cas dans l'un des plus grands Ehpad de France, situé à Bourges.

"Les clusters survenus en Ehpad sont également en forte augmentation" d'après Santé publique France, avec 68 foyers de contagion groupés détectés dans ces établissements la semaine dernière, soit près du double par rapport à la semaine précédente (37).

Feu vert pour les tests salivaires

Lors de sa conférence de presse, Olivier Véran a annoncé jeudi une priorisation des tests, alors que les laboratoires sont largement saturés. Le gouvernement tente de trouver des solutions pour remédier à cette situation, notamment avec l'utilisation de tests salivaires. La Haute autorité de Santé (HAS) a d'ailleurs rendu un avis favorable à ces tests rapides, mais uniquement chez les personnes présentant des symptômes. 

La HAS ne les recommande pas en revanche sur les personnes sans symptômes, chez qui "on raterait plus de 75%" des infections en raison de performances insuffisantes, a indiqué le Pr Dominique Le Guludec, présidente du Collège de la Haute Autorité de Santé (HAS), au cours d'une conférence de presse en ligne.

Nette accélération des contaminations dans le monde 

Après des semaines de stabilisation, la pandémie a accéléré nettement cette semaine, avec 286.000 nouveaux cas enregistrés par jour dans le monde, soit 8% de plus que la semaine précédente. Comme les dernières semaines, c'est en Europe que le rythme des contaminations accélère le plus (+16% par rapport à la semaine précédente). Le nombre de nouveaux cas quotidiens y a triplé depuis début juillet (47.300 cette semaine, contre environ 15.000).

Plus de 30 millions de cas du nouveau coronavirus ont été officiellement recensés dans le monde, selon un comptage réalisé par l'AFP. Au total, au moins 30.218.930 cas, dont 946.727 décès, ont été déclarés. Les États-Unis restent le pays le plus endeuillé avec au moins 197.655 morts. Viennent ensuite le Brésil (134.935 morts), l'Inde (84.372), le Mexique (72.179) et le Royaume-Uni (41.705).

L'Inde est le pays qui a enregistré le plus de décès au cours de la semaine écoulée (1.160 par jour), devant les États-Unis (840), le Brésil (770), le Mexique (360), l'Argentine (220), la Colombie (200) et l'Iran (140).

Des mesures sanitaires durcies dans de nombreux pays

La France n’est pas la seule à adopter des mesures sanitaires plus strictes. La mesure la plus spectaculaire vient sans conteste d’Israël, où la population est contrainte de se reconfiner pour un minimum de trois semaines depuis vendredi, 14h. L'État hébreu est le pays ayant recensé le plus fort taux de contamination ces deux dernières semaines. Le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, avait fait état jeudi d'une "hausse inquiétante des contaminations et du nombre de malades dans un état grave" pour justifier ce reconfinement prévu pour durer trois semaines et qui coïncide avec la saison des fêtes juives.

En Europe, où le nombre de nouveaux cas est désormais supérieur à ceux enregistrés en mars et avril, le niveau de transmission est jugé "alarmant" par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), et conduit les autorités de plusieurs pays à resserrer la vis. En Espagne, la région de Madrid a imposé des restrictions drastiques pour tenter d'enrayer l'épidémie. 858.000 personnes, soit 13% de la population de la capitale, habitant dans les quartiers sud défavorisés, ne peuvent sortir de leur quartier que pour des raisons de première nécessité comme aller travailler, aller chez le médecin ou amener leurs enfants à l'école.

De nouvelles restrictions sont entrée en vigueur vendredi dans le nord-est de l'Angleterre, concernant deux millions de personnes : les rencontres entre personnes de différents foyers sont interdites, un couvre-feu est appliqué de 22H à 5H dans les lieux de divertissement. Le gouvernement britannique n'exclut pas de recourir à un nouveau confinement général pour toute l'Angleterre, si les mesures locales ne suffisent pas.

Europe 1
Par Europe 1 avec AFP