Covid : près de 27.000 nouveaux cas en 24 heures, la pression hospitalière reste forte

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Covid-19, coronavirus, test
Mercredi, la France compte près de 27.000 nouveaux cas de coronavirus en 24 heures. © DENIS CHARLET / AFP
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Le gouvernement a tranché : les remontées mécaniques ne rouvriront pas au 1er février, alors qu'un troisième confinement est envisagé par l'exécutif. Un dernier bilan fait état de plus de 26.500 cas en 24 heures, la pression hospitalière reste forte. Néanmoins les restrictions nationales n'évolueront pas cette semaine, a indiqué le porte-parole du gouvernement. 
L'ESSENTIEL

La situation épidémique ne s'améliore pas. Selon un dernier bilan de Santé publique France, près de 27.000 nouveaux cas de Covid-19 ont été comptabilisés en 24 heures et le nombre de malades hospitalisés en réanimation est à un niveau jamais atteint depuis le 15 décembre, avec 2.842 patients. Si le gouvernement planche sur l'hypothèse d'un nouveau confinement, il n'y aura cependant pas d'évolution des mesures nationales cette semaine, a annoncé le porte-parole Gabriel Attal. L'Assemblée nationale a donné son feu vert à la prolongation de l'état d'urgence sanitaire jusqu'en juin.

Les principales infos à retenir

  • Près de 27.000 cas de Covid-19 en 24 heures, la pression hospitalière reste forte
  • Pas d'évolution des mesures nationales cette semaine, assure le porte-parole du gouvernement
  • L'hypothèse d'un troisième confinement est envisagée
  • L'Assemblée nationale a donné son feu vert à la prolongation de l'état d'urgence sanitaire jusqu'au 1er juin.

Près de 27.000 cas de Covid en 24 heures

Le nombre de cas de coronavirus approche la barre des trois millions depuis le début de l'épidémie, à 2.965.117, soit près de 27.000 supplémentaire en un jour, selon les chiffres de Santé publique France révélés mercredi. La tendance à la hausse des hospitalisations de malades du Covid-19 s'est également poursuivie mercredi, avec un nombre de patients en réanimation au plus haut depuis mi-décembre. L'autorité sanitaire dénombre 2.842 patients en "réa", donc atteints de formes graves de la maladie, un chiffre jamais atteint depuis le 15 décembre, et qui n'a cessé d'augmenter depuis 10 jours.

Le nombre de malades hospitalisés au total a grimpé à 25.650, le plus élevé depuis le 8 décembre. Ce sont 292 patients qui sont entrés en réanimation en 24 heures, et 1.911 à l'hôpital. Quant aux décès, Santé publique France en recense 71.652 depuis le début de l'épidémie, dont 316 enregistrés sur les dernières 24 heures.

Pas d'évolution des mesures nationales cette semaine... 

Il n'y aura "pas d'évolution des restrictions nationales cette semaine", a indiqué mercredi le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, à l'issue du Conseil des ministres, sans se prononcer sur d'éventuels allègements. Une semaine après l'annonce de la généralisation du couvre-feu à 18 heures en métropole, "nous donnons sa chance à ce dispositif, il est possible que cette mesure permette de freiner la circulation du virus encore davantage dans notre pays", a-t-il fait valoir. 

... mais un troisième confinement est envisagé

Selon plusieurs sources gouvernementales, la question n'est plus de savoir si un troisième confinement aura lieu, mais plutôt quand. Un outil qu'il considère comme le plus efficace pour reprendre le contrôle de l'épidémie. Le gouvernement pourrait faire son annonce dès la semaine prochaine et l'instaurer à la fin du mois. Tous les détails ici.

Et selon le psychiatre Boris Cyrulnik, ce troisième confinement, comme les premiers, pourrait laisser des traces. "Un confinement est une protection physique contre le virus, mais une agression psychique très importante, c'est même une agression neurologique car c'est un isolement sensoriel", explique sur Europe 1 le spécialiste de la résilience. Ce sera dur notamment pour les adolescents. "Ils vont le payer très cher parce que l'adolescence est une période sensible de leur développement. Ils vont être bloqués pendant un an ou deux", prévient Boris Cyrulnik. 

Les stations de ski ne rouvriront pas le 1er février 

C'est un coup dur pour un secteur qui s'oriente "vers une saison blanche". Les remontées mécaniques des stations de ski "ne rouvriront pas le 1er février" a annoncé le secrétaire d'État au tourisme mercredi, quelques heures après un Conseil de défense consacré à une situation sanitaire qui ne s'améliore pas.

 En effet "une réouverture mi ou fin février paraît hautement improbable", a précisé Jean-Baptiste Lemoyne à la presse, après avoir réuni lors d'une visioconférence les acteurs de la montagne, qui espéraient cette réouverture "pour assurer la survie de l'écosystème montagne" et "limiter l'impact social" sur un secteur qui représente entre 250.000 et 400.000 emplois directs et indirects. Sur Europe 1, Jean-Luc Bloch déplorait lundi le "sacrifice économique" de ce secteur.

Les étudiants mobilisés 

Dans ce contexte de crise qui n'en finit pas, des centaines d'étudiants, privés de cours en amphi depuis plus de deux mois, sont descendus dans la rue mercredi à travers la France pour dénoncer les effets dévastateurs de la crise sanitaire sur leur existence quotidienne et la précarisation de leurs conditions de vie. 

Emmanuel Macron, qui se rend jeudi à l'université de Paris-Saclay, pourrait annoncer de nouvelles mesures d'accompagnement, selon une source gouvernementale. Jean Castex a pour sa part reconnu au Sénat que le gouvernement avait "le devoir d'accompagner ces situations parfois difficiles" et qu'il l'avait "fait sur le plan pécuniaire, de l'emploi, de l'accompagnement psychologique".

L'Assemblée donne son feu vert pour une prolongation de l'état d'urgence sanitaire

Par 113 voix contre 43, l'Assemblée nationale a donné mercredi son feu vert à la prolongation de l'état d'urgence sanitaire jusqu'au 1er juin face à l'épidémie de Covid-19, en dépit de l'opposition de la gauche comme de la droite. Le projet de loi de prorogation sera au menu du Sénat en première lecture mercredi prochain, en vue d'une adoption définitive avant le 16 février, date actuelle de fin d'application de ce régime d'exception.

Le variant britannique se répand, le vaccin Pfizer efficace?

Le variant britannique du Covid-19 continue de se répandre à travers le monde et était présent la semaine dernière dans 60 pays et territoires, soit 10 de plus qu'au 12 janvier, a indiqué l'Organisation mondiale de la santé mercredi. Le variant sud-africain qui, comme le britannique, est beaucoup plus contagieux que ne l'était le virus SARS-CoV-2 originellement, se diffuse lui plus lentement et est présent dans 23 pays et territoires, soit 3 de plus qu'au 12 janvier, précise l'OMS dans sa revue épidémiologique hebdomadaire.

Le vaccin de BioNTech/Pfizer semble en tout cas efficace contre le variant anglais du virus, selon les résultats de deux études préliminaires mises en ligne mercredi. "Nos résultats suggèrent que la majorité des réponses vaccinales devraient être efficaces contre le variant B.1.1.7", estiment, dans une des deux études non encore évaluées par d'autres scientifiques, une équipe internationale de chercheurs d'universités britanniques et néerlandaises.

Une investiture sous le signe du Covid pour Joe Biden

Dans son discours inaugural, le président américain Joe Biden a mis en garde contre l'arrivée de "la phase la plus dure et la plus mortelle" de la pandémie, appelant les Américains à mettre de côté leurs différences pour faire face à ce "sombre hiver". "Nous nous en sortirons ensemble", a-t-il assuré, avant de faire observer une minute de silence en hommage aux 400.000 "mères, pères, maris, épouses, fils, filles, amis, voisins et collègues" tués par le Covid-19. 

Joe Biden a déjà annoncé qu'il prendrait dès mercredi un décret pour rendre obligatoire le port du masque dans les locaux et espaces dépendant de l'Etat fédéral, ainsi que lors des déplacements entre Etats, ce que le président sortant Donald Trump a toujours refusé. Avec le seuil des 400.000 morts franchi mardi, les Etats-Unis sont de loin la nation la plus endeuillée en valeur absolue.

1.820 décès supplémentaires au Royaume-Uni, un nouveau record

Le Royaume-Uni a enregistré mercredi 1.820 décès supplémentaires du nouveau coronavirus, un nouveau record quotidien depuis le début de la pandémie. Ces chiffres du ministère de la Santé portent à 93.290 morts (dans les 28 jours suivant un test positif) le bilan total de la pandémie au Royaume-Uni, le plus lourd en Europe. 

La situation est "très, très mauvaise en ce moment, avec une pression énorme, et dans certains cas, cela ressemble à une zone de guerre pour ce que les gens doivent gérer" dans les hôpitaux, a déclaré le conseiller scientifique du gouvernement, Patrick Vallance, sur la chaîne Sky News. Actuellement, 37.946 malades atteints du Covid-19 sont hospitalisés (dont 3.916 sous respirateur), bien plus que lors de la première vague au printemps.

Plus de deux millions de morts

La pandémie a fait plus de 2,05 millions de morts dans le monde et plus de 96,1 millions de cas d'infection ont été diagnostiqués, selon un bilan établi par l'AFP. Les Etats-Unis sont le pays le plus touché avec au moins 401.777 décès, suivis par le Brésil (211.491 morts), l'Inde (152.718 morts), le Mexique (142.832), et le Royaume-Uni (91.470).