"Gilets jaunes" : revivez nos rencontres avec les habitants de Calais

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A la veille d'une nouvelle journée de manifestations des "gilets jaunes" partout en France, nos reporters étaient vendredi dans les rues de Calais, où le mouvement a parfois dégénéré ces dernières semaines. 

Le mouvement dure maintenant depuis près de trois semaines. Sur tout le territoire, les "gilets jaunes" occupent des ronds-points et péages, soutenus par une partie de la population. Samedi, ils se mobiliseront à nouveau lors de manifestations qui font craindre au gouvernement que de nouveaux débordements n'éclatent. Dans ce contexte social tendu, Europe 1 prend le pouls de la contestation au plus près des Français. Toute la journée de vendredi, deux de nos reporters étaient à Calais pour des rencontres en live et vidéo. Retrouvez-les sur notre page Facebook, en cliquant sur ce lien. A 18 heures, le grand journal du soir était présenté par Matthieu Belliard en direct de la ville du Pas-de-Calais. 

20h : Fin de la délocalisation. Au terme de trois jours d'itinérance, le grand journal du soir s'achève à Calais, dans une salle presque comble du café de Paris. Comme à Brignoles et Saint-Avold, les débats se poursuivent à l'issue de l'émission, entre "gilets jaunes", acteurs locaux et responsables politiques. 

19h30. "Quand ça casse, ça bouge enfin !" Blandine est gilet jaune à Calais. Si elle affirme être contre les violences et la casse, elle retient que, depuis samedi dernier, le gouvernement a changé de comportement vis-à-vis des réclamations des gilets jaunes. "Quand ça casse : ça bouge enfin !", dit-elle sur Europe 1. 

19h20. "Maires, gilets jaunes, même combat !" Natacha Bouchard, maire LR de Calais, participe à l'émission d'Europe 1, au Café de Paris à Calais. Elle partage le combat des Français qui portent le gilet fluo et qui, dans sa ville, bloquent une station-essence Total. "Maires, gilets jaunes, même combat : les maires partagent les difficultés des concitoyens, et sont à même de juger que les gens n'en peuvent plus !", dit-elle en direct. 

19h. "Ne plus diffuser les photos de casse". Kevin Thuilliez, l'un des journalistes d'Europe 1 dans le Nord, rappelle que la première revendication des "gilets jaunes" à Calais reste le pouvoir d'achat, sur fond de taux de chômage supérieur de 4 points à la moyenne nationale. Dans la salle, les manifestants présents acquiescent. Philippe en profite pour détacher le mouvement des "casseurs". 

18h30 : "Des casseurs venus du bassin minier". Au micro de Matthieu Belliard, Gilles Debove, responsable du syndicat Unité SGP-Police FO dans le Pas-de-Calais, énumère les profils présents dans la mobilisation à Calais. "Il y a des gilets jaunes pacifistes, d'autres qui se laissent prendre au jeu". Mais surtout, le policier pointe "des casseurs venus du bassin minier, notamment de Dunkerque, qui ont mis fortement à  mal le mouvement pacifiste mené par les gilets jaunes". 

18h. "On a de moins en moins de cadeaux pour les enfants". L'émission commence par le témoignage de Jean-Claude, "gilet jaune" calaisien, qui travaille en intérim depuis neuf ans. "Les fêtes de Noël arrivent, on a de moins en moins de cadeaux pour les enfants", explique-t-il. "On a de plus en plus de mal à pouvoir vivre simplement, dignement." 

17h30 : Le grand journal du soir se prépare. Au café de Paris, dans le centre de Calais, l'équipe du grand journal du soir est en place pour l'émission en direct, dans une demi-heure. 

16h30 : "A l'ANPE, il n'y en a pas, du travail". Intarissable, Patricia s'exprime sous les applaudissements des autres occupants. "Il faut dire à monsieur Macron qu'il vienne lui-même nous voir. Il nous dit de traverser la rue pour trouver du travail, mais moi j'y suis allée à l'ANPE, il n'y en a pas de travail, vous savez ce qu'on m'a dit : j'ai 59 ans et je suis trop vieille. Alors qu'il pleuve, qu'il neige, quoi qu'il se passe, on sera là, on abandonnera pas."

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16h : Des contrôles pour éviter les casseurs. Interrogé sur les violences qui ont émaillé le mouvement samedi dernier à Calais, Sullivan secoue la tête : "nous, on vérifie les voitures, tout ce qu'il y a à l'intérieur. "Les gens qui ont le visage couvert on ne les accepte pas, parce qu'on est pacifiques." Patricia, 59 ans, doyenne du barrage et surnommée "mamie", renchérit : "ici c'est règles, c'est pas d'alcool et pas de bagarre. Si on voit un jeune qui cherche à nous ennuyer, on y va." 

15h15 : "Faire en sorte que le gouvernement bouge". "Ici il y a des chefs d'entreprise, des retraités, des étudiants..." nous explique Sullivan, 29 ans. "On se bat tous pour la même chose, on essaie de faire en sorte que le gouvernement bouge." Comme beaucoup, le jeune homme est là depuis le 17 novembre. Les yeux cernés, il est seulement rentré faire une sieste depuis sa nuit de "garde" sur le lieu de blocage. 

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14h45 : Un barrage malgré le froid. Nous quittons le centre-ville pour les abords de l'autoroute et le rond point Marcel Doret, où les "gilets jaunes" calaisiens ont installé un barrage et un camp de fortune. La circulation n'est pas perturbée, sauf à une sortie : celle qui mène à la station Total, où les poids-lourds sont empêchés de faire le plein. "On leur a fait perdre 100.000 euros", affirme un manifestant. "Non plus ! Un million", renchérit un autre. 

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14 h : Moins de "gilets jaunes" dans les rues. Ici comme à Mourenx ou à Brignoles, où Europe 1 est allé à la rencontre des "gilets jaunes" et des habitants ces derniers jours, certains automobilistes ont placé leur gilet jaune sous le pare-brise de leur voiture en guise de solidarité avec le mouvement. Mais ils sont moins nombreux que dans les villes précédemment citées. D'après un rapide comptage sur quelques parkings, environ un véhicule sur trois l'arbore. 

12h30 : Une démarche de pédagogie sur les réseaux sociaux. Pour diffuser sa pétition, le journal la poste sur des groupes de "gilets jaunes" sur les réseaux sociaux. L'appel sera également en Une du journal de demain. 

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12h : "Nous ne sommes pas anti-'gilets jaunes'". "Pourquoi brûler des voitures ?" interroge le rédacteur en chef du journal, Philippe Hénon. "Nous ne sommes pas anti-'gilets jaunes', et d'ailleurs tous ne l'avaient pas parmi les casseurs du week-end dernier. Mais on a déjà payé un fort tribut lors de la crise migratoire à Calais. Cette pétition, c'est un engagement pour la défense du territoire." 

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11h45 : Une pétition mise en ligne par un journal local. Nous prenons la direction des locaux de Nord Littoral, média calaisien qui a pris le parti de créer une pétition contre les violences en marge du mouvement des "gilets jaunes" dans la ville. "La nuit du 1er au 2 décembre a été une horreur. Et les premiers à en avoir payé le prix, ce sont les Calaisiens eux-mêmes", argumente le texte de la pétition. 

11h15 : Des lieux de la ville interdits de manifestation. Nous apprenons que la préfecture du Pas-de-Calais a pris quatre arrêtés pour empêcher des manifestations ce week-end. L'un d'entre eux concerne Calais, de vendredi minuit à dimanche midi. L'échangeur 43 de l'autoroute A16 est notamment concerné. 

10h45 : "Comment on se défend ?". "Au lieu d'abaisser les charges avec des dégâts comme ça, les assurances vont augmenter", déplore Nadine. "Comment on se défend maintenant ? Pour ce week-end je vide le hall, et demain je suis fermée toute la journée. Le camion de dépannage, je le mets sur un autre site. On fait comme on peut." 

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10h15 : "Ce n'est pas de la manifestation, c'est du saccage". "On sera dans les 100.000-150.000 euros de dégâts", anticipe Nadine, la propriétaire des lieux. A 67 ans, elle a investi plus d'un million d'euros dans ce commerce il y a quatre ans. "Samedi j'étais en vacances, j'ai été appelée par la société de vidéosurveillance dans la nuit. Ce n'est pas de la manifestation, c'est du saccage", souffle-t-elle, indiquant avoir porté plainte. 

10h : 5 voitures brûlées au bout de l'avenue. Quelques centaines de mètres plus loin, nous nous garons sur le parking d'un concessionnaire Peugeot. C'est là que les manifestants ont été dispersés vers 1h30 du matin, dimanche. Sur le parking, les dégâts sont considérables : cinq voitures totalement brûlées, une clôture tordue et cinq autres véhicules abîmés. 

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9h45 : Une fréquentation inhabituelle pour un vendredi. Devant la poste aux vitres brisées lors des débordements de samedi, Jean, 63 ans, s'étonne de voir tant de monde dans la rue un vendredi. "D'habitude, il y a deux fois moins de voitures. Mais tout le monde doit se dire qu'il faut retirer de l'argent et faire des courses avant la manifestation demain." Son caddie est plein, son congélateur aussi.  "Moi j'ai une petite retraite, je les comprends. Mais devoir en arriver là, c'est quand même malheureux." 

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9h15 : "Ça ne nous fait plus rire du tout". "Evidemment qu'on comprend les revendications des 'gilets jaunes'", continue Sandrine. "Mais là le mouvement ne nous fait plus rire du tout, les gens sont dans l'insécurité, tout le monde se demande ce qui va se passer." Même si elle table sur une clientèle réduite, la commerçante ouvrira ses portes demain. "En général, ça dérape plutôt lorsque la nuit tombe." 

9h : "Les gens font des provisions". Nous faisons la rencontre de Sandrine, qui tient une boulangerie dans la rue. Depuis l'ouverture de son magasin ce matin, elle constate que les gens achètent plus de pain qu'habituellement. "Ils font des provisions, pour ne pas avoir à sortir ce week-end si ça dégénère à nouveau", avance-t-elle. "Sur Facebook, on voit aussi passer des rumeurs de blocage des grandes surfaces dimanche, alors les clients anticipent." 

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8h45 : Dans le quartier visé par les violences. Notre journée commence avenue Roger Salengro, dans l'ouest de Calais. Les habitants nous ont indiqué que cette artère avait été la plus touchée par les violences survenues dans la nuit de samedi à dimanche dernier. Après une journée de blocage, les manifestants s'en sont pris aux vitrines des commerces et aux pompes à essence du quartier. 

Des débordements survenus samedi. Alors que le mouvement reste "justifié" aux yeux de 77% des Français, 59% se disent "inquiets" quand à son évolution possible, selon un sondage publié jeudi. L'interrogation est particulièrement valable à Calais, où des débordements ont éclaté samedi dernier, en marge du rassemblement des "gilets jaunes". Voitures brûlées, vitrines brisées et interpellations : la mobilisation a laissé des traces dans plusieurs quartiers de la ville, où se rendent nos journalistes, vendredi. Ils vont également à la rencontre des habitants, soutiens du mouvement ou non, pour mieux comprendre son enracinement sur le territoire. 

>>> Retrouvez nos portraits des habitants de Calais sur la page Instagram d'Europe 1 

>>> Retrouvez l'essentiel des journées de mercredi et jeudi, passées à la rencontre des habitants de Brignoles, dans le Var, et de Saint-Avold, en Moselle