"Gilets jaunes" : revivez nos rencontres avec les habitants de Brignoles

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Plus de deux semaines après le début du mouvement, la contestation des "gilets jaunes" s'exprime toujours partout sur le territoire. Europe 1 a passé la journée de mercredi au plus près des habitants de Brignoles, dans le Var. 

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Jusqu'où ira le mouvement des "gilets jaunes" ? Plus de deux semaines après le début de la contestation, les annonces d'Edouard Philippe sur le pouvoir d'achat n'ont pas mis fin aux rassemblements, partout sur le territoire. Mercredi, Europe 1 a passé la journée auprès des habitants de Brignoles, dans le Var. Le grand journal du soir de Matthieu Belliard était présenté en direct de la ville, de 18 heures à 20 heures. Auparavant, nos deux reporters ont parcouru les rues de la ville pour des rencontres retransmises en direct et en vidéo. Retrouvez-les sur notre page Facebook, en cliquant sur ce lien

20h : Un débat loin d'être clos. Après la fin du grand journal du soir, le débat se poursuit sur la scène de la salle polyvalente de Brignoles, entre les "gilets jaunes" et Valérie Gomez-Bassac. "Je peux vous répondre si tout le monde s'exprime dans le calme", pose la députée. 

19h30 : Le problème de la mobilité. Marie, "gilet jaune" à Brignoles, est à la recherche d'un emploi. "Je pourrais en trouver à Aix-en-Provence, mais c'est 187 euros de péage, plus l'essence, plus l'usure de la voiture, c'est impossible", témoigne-t-elle. "Je souhaite que les lignes anciennes soient réhabilitées, c'est une des solutions qui permettraient de rallier les petites communes", répond la députée de la 6ème circonscription du Var, Valérie Gomez-Bassac (LREM). 

18h45 : "On ne s'en sort pas", témoigne un "gilet jaune". Au micro de Matthieu Belliard, Julien, auto-entrepreneur dans la maçonnerie et mobilisé sur le rond-point à l'entrée de Brignoles, assure qu'il ne "(s)'en sor(t) pas)". "On essaie de se battre, de se faire un petit salaire. J'ai trois enfants, je suis dans une tranche où les aides ne sont pas concrètes par rapport à mes revenus."

18h30 : Un "appel au secours" des commerçants. "Je comprends tout à fait le mouvement", explique Catherine Delzers-Jourain, commerçante à Brignoles. Mais la cheffe d'entreprise pointe l'impact du mouvement des gilets jaunes sur l'activité économique locale. "C'est en décembre qu"on fait le chiffre qui sauve l'entreprise. L'action qui est faite aujourd'hui ne peut prendre son sens que si on est dans le respect. C'est un appel au secours." 

18h15. "On a besoin de réponses maintenant". L'émission commence avec la première adjointe au maire LR de Brignoles, Chantal Lassoutanie. "Effectivement, il y a une grande souffrance et nous ne pouvons que le comprendre", assure l'élue au micro de Matthieu Belliard. "Je pense qu'on a besoin de réponses maintenant. A l'échelon local, nous avons perdu grandement en dotation, tant sur le plan de la municipalité que celui du département."

17h30 : Le grand journal du soir se prépare. A la salle polyvalente de Brignoles, nous retrouvons une partie des habitants rencontrés dans la journée. D'autres témoignages sont à venir dans le grand journal du soir de Matthieu Belliard, présenté en direct du Var. 

16h30 : La crainte du "repli sur soi". "Je pense que les gilets jaunes se tirent une balle dans le pied : ce sont des petites gens, comme nous, qu'ils privent de leur liberté avec ces blocages", poursuit Marie. "Qu'ils s'en prennent aux riches, à Courchevel, ou au festival de Cannes !", propose-t-elle plutôt. "Il faut aussi faire attention au repli sur soi : aujourd'hui, on a l'impression que si une ampoule claque, c'est de la faute de Macron..." 

16h : "Qu'ils s'en prennent aux riches, plutôt". Marie, 53 ans, professeure des écoles, répond volontiers à nos questions et livre un point de vue plus contrasté. "J'étais d'accord au début, et puis je me suis rendu compte que ce n'était pas la bonne solution", commente-t-elle à propos des "gilets jaunes".

15h15 : "Je suis inquiète pour mon avenir". Sur le parking, la majorité des clients qui sortent du magasin nous expliquent être en accord avec le mouvement. En dernière année de BTS, une jeune conductrice se dit sceptique quant aux chances d'observer un "vrai changement". Elle a tout de même placé son gilet jaune bien en évidence : "pour montrer que je suis inquiète pour mon avenir". 

14h45 : "Toute cette violence, c'est déplorable". Sur le parking d'une grande surface, nous rencontrons Yannick, 62 ans, qui nous confie avoir mis son gilet jaune sur le pare-brise au début du mouvement, puis l'avoir retiré. "Toute cette violence, c'est déplorable", explique-t-il. "Sur le fond, je suis d'accord : comme beaucoup de retraités, mon pouvoir d'achat a baissé. Mais on l'a élu, ce gouvernement. C'est par les urnes qu'il faut s'exprimer." 

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14h : Des gilets jaunes à l'avant des voitures. Comme dans beaucoup de villes, la solidarité des automobilistes se manifeste ici par le dépôt de leurs gilets jaunes devant les pare-brises des voitures. Sur les parkings devant lesquels nous passons, environ trois quarts des véhicules l'arborent. 

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13h30 : "On se sent tous concernés". Alors que nous quittons le centre-ville, Anne, une passante solidaire du mouvement, prend un exemple concret pour nous expliquer sa position. "Il y a dix ans, mon mari a dû arrêter de travailler six mois et je nous faisais vivre à quatre avec mon salaire. On était ric-rac, mais ça allait. Aujourd'hui, il est à la retraite, je travaille toujours, et cette situation de flux tendue est devenue permanente. On se sent tous concernés." 

12h45 : Un constat inquiétant à l'approche de Noël. Dans la boutique d'Erika, une seule cliente passe les robes en revue. "C'est la première année où je souffre comme ça du manque d'achats de cadeaux à l'approche de Noël", explique la commerçante, qui reçoit aussi moins de colis en point-relais. "Est-ce que ça à voir avec les "gilets jaunes" ? Je ne sais pas." 

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12h30 : "J'aurais du mal à les soutenir pour la violence". Erika, gérante d'un magasin de prêt à porter, confirme cette tendance : "Je comprends le ras-le-bol des 'gilets jaunes, même si j'aurais du mal à les soutenir pour la violence. Le seul problème, ce sont les retombées économiques pour nous, entre ceux qui ne travaillent pas en manifestant et donc n'ont pas d'argent, et ceux qui ont peur de venir dans le centre-ville. Économiquement, c'est compliqué." 

11h45 : "Le samedi, on a moins de monde". Aurore, propriétaire de sa bijouterie sur la place de la mairie de Brignoles, a constaté une baisse de la fréquentation de son magasin, notamment le samedi, jour de marché... et de mobilisation des "gilets jaunes". "Les gens voient le bazar aux ronds-points d'accès à la ville, et ils ne viennent pas jusqu'ici. Or nous, qu'il y ait des clients ou pas, on paie notre loyer et nos taxes." Son associé, Henri, la soixantaine, lève la tête de son atelier : "mais on est solidaires du mouvement. Mai 68, ça a commencé comme ça." 

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11h15 : Dans le centre-ville, des commerçants plutôt solidaires. Nous avons quitté la périphérie de Brignoles pour le centre-ville. Les commerçants que nous y rencontrons sont plutôt solidaires du mouvement. "Sur le fond on est d'accord, même si la forme est à revoir", explique la gérante d'un magasin d'optique. "Les casseurs, on n'en veut pas. Mais cette histoire de carburant, ça a été la goutte d'eau." 

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10h30 : "On fait bouger les choses". Autour du rond-point, les "gilets jaunes" sont désormais une quinzaine. "On ne se connaissait pas pour la plupart d'entre nous, et on est devenus comme une famille", sourit une femme en tricotant, assise près du feu. A côté, Céline tempère : "une famille, je ne sais pas. Mais plutôt que d'être chez nous à râler devant la télévision, on vient ici. On fait bouger les choses." 

10h : Une occupation, mais pas de blocage. Ralentie au péage, à quelques centaines de mètres de là, la circulation n'est pas perturbée au rond-point. "On veut juste montrer notre présence", explique Sébastien, 29 ans. "On met des gilets pour être vus la nuit, mais avant d'être des gilets jaunes, on est des citoyens qui en ont ras-le-bol". Au fil des jours, une vie de camp s'est installée sur les lieux, avec une cuisine, un feu alimenté par des palettes et des tentes pour la nuit. 

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9h30 : "Le moratoire, c'est reculer pour mieux sauter". Céline, mobilisée depuis le début du mouvement, avoue avoir suivi les annonces du Premier ministre "de loin", mardi. "Le moratoire, c'est reculer pour mieux sauter", estime cette mère de famille, qui vient parfois sur le rond-point avec sa fille de 15 ans. Lorsqu'un camion passe en klaxonnant, elle agite la main. 

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8h45 : Passage de relais au rond-point. A Brignoles, les "gilets jaunes" occupent un rond-point à l'entrée de la ville, au niveau de l'autoroute A8 depuis... le 17 novembre, premier samedi du mouvement. "On vient quand on peut, l'idée c'est qu'il y ait toujours du monde", nous explique Michel, gilet jaune autour de la tête. ceux qui ont passé la nuit là viennent de rentrer se coucher, relayés par une dizaine de personnes.  

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