Deux suicides de restaurateurs : "J'ai bien peur que ça continue", craint Philippe Etchebest

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Philippe Etchebest était l'invité de Laurent Mariotte, samedi sur Europe 1 (photo d'archives).
Philippe Etchebest était l'invité de Laurent Mariotte, samedi sur Europe 1 (photo d'archives). © Europe 1
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"Il y a une grosse détresse qui est là", prévient le Meilleur ouvrier de France, qui se bat pour la mise en place de mesures spécifiques pour accompagner la réouverture progressive des restaurants, durement touchés par la crise du coronavirus. 
INTERVIEW

"Le moral, il faut que je l'aie, parce que si je ne l'ai pas, personne ne l'a." Comme à son habitude, Philippe Etchebest se montre combatif. Mais le chef du Quatrième Mur reconnaît que la situation des restaurateurs est "extrêmement compliquée" après deux mois de crise du coronavirus. "Pour voir tous les messages qui circulent tous les jours, il y a une grosse détresse qui est là", alerte-t-il au micro de Laurent Mariotte, sur Europe 1. "Il y a eu deux restaurateurs qui se sont suicidés et j'ai bien peur que ça continue si on ne fait rien et si on ne trouve pas de solution."

 

"Je ne dis pas qu'il faut rouvrir n'importe comment"

Mais le juré de Top Chef "garde bon espoir". "On a réfléchi sur un dispositif à mettre en place. Il faut que toutes les entreprises sortent la tête de l'eau, pour pouvoir espérer un meilleur avenir", poursuit-il, pointant le risque que "la crise du coronavirus fasse plus de dégâts après que pendant".

 

Pour éviter sur ce scénario, Philippe Etchebest appelle à "agir vite". "Je ne dis pas qu'il faut rouvrir n'importe comment, soyons prudents", tempère-t-il. "Mais il faut que l'activité reprenne, parce qu'aujourd'hui ça coûte quand même un bras à l'Etat..."

"Combien de temps ça va durer ?"

Alors que les établissements situés dans les départements verts pourraient rouvrir dès le 2 juin, deux questions sont centrales pour le chef. D'abord, l'espace obligatoire entre chaque client. "4m², je n'y crois pas une seconde, c'est une mauvaise blague", prévient-il. Et d'argumenter : "On ne peut pas nous imposer ce qu'on ne demande pas aux autres", en citant l'exemple des avions ou des transports en commun. 

 

 

Deuxième interrogation : la durée des protocoles mis en place. "On va diviser par deux l'activité quoi qu'il en soit, donc comment on fait pour les employés ? On va être obligés de diviser par deux, c'est mathématique", prévient-t-il. "Donc la question qu'il faut se poser, c'est combien de temps ça va durer, ces mesures restrictives sanitaires."

Europe 1
Par Margaux Lannuzel