Dépistage du coronavirus : quelles différences entre les deux types de tests ?

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À l'heure où un dépistage massif de la population semble inévitable pour sortir du confinement, deux méthodes de test du Covid-19 existe : la PCR et la sérologie. Dans "La France Bouge", Raphaëlle Duchemin et ses invités sont revenus sur les avantages et les défauts de ces deux procédures.

Ils sont la clé d'une sortie de crise. Alors que le pic de l'épidémie de coronavirus en France n'est toujours pas passé, un dépistage massif semblerait être l'arme la plus efficace pour sortir du confinement sans risquer une seconde vague de contamination. Le ministre de la Santé Olivier Véran a d'ailleurs annoncé mercredi à l'Assemblée nationale une multiplication par cinq du nombre de tests quotidiens. Mais de quoi parle-t-on exactement ? Deux méthodes de tests sont possibles : la PCR et la sérologie. Au micro de "La France Bouge" jeudi, Raphaëlle Duchemin et ses invités ont fait le point sur les forces et les faiblesses de ces deux procédures et leurs utilités. 

Le PCR, le diagnostic direct

"Méthode reine" du dépistage selon le PDG de l'entreprise Biosynex, Larry Abensur, le test de dépistage PCR repose sur le principe "d’amplification en chaîne par polymérase". C'est-à-dire qu'il repère le génome du virus. Il prend la forme d'un écouvillon, une sorte de long coton-tige, que l'on doit enfoncer dans le nez du patient pour récolter son ADN. Le prélèvement est ensuite plongé dans un réactif qui indique une éventuelle présence du virus. C'est ce test qui est pratiqué dans les drives qui se sont montés proches des laboratoires d'analyses ces dernières semaines en France

Mais cette méthode à plusieurs inconvénients. En plus de devoir attendre plusieurs heures avant le résultat, le test PCR détecte le Covid-19 uniquement si une personne est malade au moment du test, et seulement dans les premiers jours des symptômes. D'ailleurs, "il faut une prescription médicale" pour pouvoir l'effectuer, indique au micro d'Europe 1 le médecin biologiste Thomas Hottier. Bien qu'apparemment simple, ce prélèvement naso-pharyngé doit être fait d'une certaine façon, "jusqu'à ce que cela déclenche des larmes", faute de quoi la détection perd en précision et des cas de faux-positifs peuvent apparaître. 

La sérologie, pour détecter les personnes infectées

Vient ensuite le test sérologique. Théoriquement plus fiable, son utilité est toutefois différente, et donc complémentaire. En examinant le sang, cette méthode peut détecter si une personne a été atteinte par la maladie. Ce qui permet donc de quantifier l'ampleur réelle de l'épidémie sur le territoire, mais aussi de repérer les fameux cas asymptomatiques. Là où le prélèvement va chercher à révéler la présence du virus, le test sérologique va en détecter les conséquences. Quand l'organisme est infecté, il "va réagir avec une réponse immunitaire", explique le docteur Alain Calvo, directeur du développement chez NG Biotech, une entreprise qui a mis au point son propre test. 

Cette réponse de l'organisme à l'attaque qu'il subit se matérialise par la présence "d'anticorps", et ce sont ces derniers que l'on cherche avec cette méthode. Néanmoins, elle nécessite "d'intervenir après quelques jours d'incubation de la maladie", le temps que notre corps "engage le premier combat contre l'infection". A noter toutefois que pour l'heure, la Haute autorité de Santé n'a encore validé aucun des tests de sérologie présents sur le marché.

En France, de nombreux chercheurs, du privé et du public, travaillent sur cette question du dépistage. Pour en savoir plus sur leurs travaux, retrouvez par ici l'intégrale de notre émission de La France bouge du jour : 

Europe 1
Par Ugo Pascolo