Coronavirus : à quels scénarios les Niçois peuvent-ils s'attendre ?

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© VALERY HACHE / AFP
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Lundi, en fin de matinée, le préfet des Alpes-Maritimes doit annoncer de nouvelles restrictions, allant jusqu’à un strict confinement local, pour freiner l’épidémie de coronavirus. Face aux atermoiements des autorités, qui tardent à trancher au plus haut niveau de l’Etat, certains Niçois ne cachent plus leur exaspération.

Ils devaient être fixés dimanche soir, ils devront finalement patienter jusqu’à lundi, en fin de matinée. Les Niçois attendent toujours de savoir quelles mesures sanitaires supplémentaires seront décrétées pour lutte contre la propagation du coronavirus. Le nombre de contaminations explose dans le département des Alpes-Maritimes, avec un taux d'incidence de 700 cas pour 100.000 habitants, trois fois plus élevé qu'au niveau national. Un confinement le week-end a été envisagé, mais Matignon traîne pourtant à arbitrer. Et les Niçois s’exaspèrent.

"On ne confine pas, même qu'un seul département, à la légère"

Si l’exécutif tarde à trancher, c’est que l’enjeu est de taille et qu’il ne veut laisser aucun détail de côté. "On ne confine pas, même un seul département, à la légère. Il est normal que la décision puisse prendre du temps", justifie-t-on à Matignon.  Après une concertation de près de trois heures, samedi, avec différents acteurs locaux, le préfet a remis dimanche ses propositions à l'exécutif.

Pour les élus du territoire, une hypothèse tient la corde, celle d'un confinement ciblé le week-end. Ils évoquent aussi une jauge diminuée dans les magasins, et le port généralisé du masque. Mais un conseiller ministériel s'interroge : "si on ferme les commerces le week-end, n'est-il pas préférable de fermer complètement ?" L'idée, c'est d'éviter des "choix abscons" poursuit-il, se remémorant la fermeture des rayons dits non-essentiels dans les grandes surfaces.

"Si on joue au cache-cache - on ferme, on ouvre, on ferme, on ouvre - on ne s’en sort pas"

Mais ces atermoiements ne sont pas toujours bien vécus par les habitants de Nice. "Qu’ils fassent vite en fait. Ce qui est embêtant, c’est de ne pas savoir en fait, c’est d’être là : ‘est-ce qu’on va être reconfinés ?’", s’agace ainsi Elena, une auxiliaire de vie qui promène son chien sur la Promenade des Anglais. "Il faut qu’on voie un peu le bout du tunnel, au niveau local ou national parce qu’on n’en peut plus."

Ce sont aussi les professionnels du tourisme qui s’indignent. "On ne peut pas continuer comme ça. Bientôt on a Pâques, le mois de mai, et si on joue au cache-cache - on ferme, on ouvre, on ferme, on ouvre - on ne s’en sort pas", peste ainsi Noël Ajouri est président de l’UMIH, organisation des métiers de l’hôtellerie restauration, à Nice.

"On a l'impression qu'on sert de département-pilote"

D’autant que la venue du ministre de la Santé Olivier Véran samedi a fait mauvaise presse à la Côte d’Azur. Ici, les hôteliers ont essuyé des annulations. "Depuis 48 heures, nous avons déjà enregistré 35 annulations, c'est à dire 48 nuitées annulées", assure Eric Trolliard, directeur de l’hôtel Aston La Scala. "On a l'impression qu'on est le département qui paye pour les autres. D’autres départements sont aussi atteints que nous, comme la Moselle, par exemple, mais on a l'impression qu'on sert de département pilote sur ce qui sera peut-être un confinement de week-end ou un confinement permanent."

Un confinement uniquement circonscrit à Nice serait en effet une première en métropole, et il pourrait ouvrir la voie à des mesures similaires dans d'autres territoires. L'exécutif se défend pourtant de tout changement de stratégie. Même si jusqu’alors, le choix d'un confinement local, bien que plusieurs fois réclamé, a, sauf en outre-mer, toujours été repoussé.  D'où ce qui peut ressembler à un excès de prudence de la part du gouvernement.

Europe 1
Par Claudia Bertram et Marion Gauthier, édité par Rémi Duchemin