carnaval Marseille 1:10
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Ugo Pascolo , modifié à
Invité d'Europe Soir, Bruno Lina, membre du Conseil scientifique, se dit dans "l'incompréhension" face aux 6.500 personnes qui ont défilé dimanche dans les rues de Marseille, pour la plupart sans masque. Un rassemblement non-autorisé à l'occasion du carnaval de la Plaine, qui est l'exemple même des réunions qui "vont entretenir l'épidémie", selon le virologue. 
INTERVIEW

"De l'incompréhension." C'est le sentiment qu'a eu Bruno Lina, membre du Conseil scientifique, en voyant les images du carnaval sauvage qui s'est tenu à Marseille. Dimanche, quelque 6.500 personnes ont fêté le carnaval de la Plaine dans la cité phocéenne, en défilant pour la plupart sans masque, selon la préfecture. "Tout le monde veut sortir de cette pandémie, de cette crise du Covid. On voit à quel point cela pèse [sur le moral des personnes], mais là on a l'impression que l'on donne le bâton pour se faire battre."

Un type d'évènements qui peut aggraver une situation sanitaire…

"C'est typiquement le genre de réunions qui vont entretenir l'épidémie, entraîner une augmentation du nombre de cas, et qui vont faire durer cette crise", condamne le virologue. "Si on veut être cohérent avec soi-même, faisons un effort", assène-t-il encore. D'après ses dires, "on a de très bonnes chances que cette troisième phase de circulation du virus soit la dernière qui nous impacte à ce point-là". Alors "essayons de la gérer de façon à ce qu'on en sorte très vite". 

… dont la dynamique n'est pas bonne

D'autant que la situation sanitaire nationale n'est pas bonne, soutient Bruno Lina. Alors que 16 départements viennent d'être placés en "confinement ouvert", selon l'expression consacrée par le gouvernement, le membre du Conseil scientifique déplore une tendance qui ne va pas dans le bon sens. Une "dynamique" qui, "si elle reste sur ce rythme", pourrait contraindre sur le court terme les autorités à imposer des mesures supplémentaires dans d'autres territoires. "Il y a une augmentation du nombre de cas de façon assez systématique en Europe et en France. Dans certains départements, le taux d'incidence est au-dessus de 250 pour 100.000 habitants", rappelle le virologue. 

"En tout état de cause, s'il n'y a pas une prise de conscience de la part de l'ensemble de la population" dans les départements à risque, un nouveau tour de vis pourrait être nécessaire. Une véritable "épée de Damoclès" sanitaire sur la tête des Français.