"Le changement climatique multiplie les vagues de chaleur et les pluies extrêmes"

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Pour Robert Vautard, climatologue et directeur de recherche au CNRS, le changement climatique est responsable de nombreux phénomènes météorologique extrêmes 2:09
Pour Robert Vautard, climatologue et directeur de recherche au CNRS, le changement climatique est responsable de nombreux phénomènes météorologique extrêmes © AFP PHOTO / NOAA/RAMMB
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Invité d'Europe 1 vendredi, Robert Vautard, climatologue et directeur de recherche au CNRS, revient sur les différents phénomènes météorologiques qui se sont multipliés ces derniers mois. S'il y voit un lien évident avec le changement climatique, il explique qu'il faut attendre les analyses complètes avant de tirer des conclusions définitives.
INTERVIEW

Alors que la tempête Ciara a causé de nombreux dégâts début février en France et en Europe, nombreux ont été les phénomènes liés au dérèglement climatique qui ont frappé la planète ces derniers mois. Typhons, sécheresse, fonte des glaces et les récents feux en Australie : les exemples ne cessent de se multiplier. Au micro d'Europe 1, Robert Vautard, climatologue et directeur de recherche au CNRS, explique la part du changement climatique dans la multiplicité de ces événements. 

Le scientifique explique que les tempêtes d'hiver que la France a connues ces dernières semaines "sont relativement classiques", prenant l'exemple du mois de janvier 2018, "même si on ne retrouve pas des séries de tempête tous les hivers", reconnaît-il. "Mais bien sûr que sur les autres types de phénomènes, il y a un rôle du changement climatique, qui multiplie par exemple les vagues de chaleur ou les pluies extrêmes", poursuit Robert Vautard

S'il n'y avait pas eu de changement climatique, les températures seraient moins douces

Un dérèglement climatique qui se constate au quotidien désormais. D'ailleurs, François Jobard, prévisionniste à Météo France, assurait sur Europe 1 que les températures ressenties début février étaient "d’un niveau rare, voire jamais atteint". Des propos corroborés ce vendredi par Robert Vautard. "On est dans des températures qui sont extrêmement douces pour les conditions métrologiques que l’on a", explique-t-il. "Elles sont plus douces que ce qu'elles auraient dû être s'il n'y avait pas eu de changement climatique."

Quant à la température record de plus de 20°C en Antarctique recensée ces derniers jours, le climatologue se veut plus prudent. "Sur une température ponctuelle, il est difficile de dire sans analyse complète si c'est une conséquence directe du changement climatique", explique Robert Vautard. "En général, il faut quelques semaines pour pouvoir répondre à cette question", précise-t-il, rappelant en même temps que la barre des 18 degrés avait été franchie récemment. "On est dans un nouveau record donc on peut soupçonner le rôle du changement climatique dans ce type de phénomènes."

Europe 1
Par Ariel Guez