"Une épidémie absolument hors de contrôle" : MSF dénonce l'attitude du Brésil face au Covid

  • A
  • A
Partagez sur :
La situation épidémique catastrophique au Brésil est directement liée à "l'inaction", voire aux "actions perverses" des responsables politiques locaux, selon Médecins Sans Frontières (MSF), qui s'apprête à le dénoncer publiquement. Un engagement fort qui illustre la "liberté de parole" de l'ONG, selon son ancien président, Rony Brauman. 
INTERVIEW

"C'est une prise de position destinée à faire changer les choses". Alors que le Brésil connaît une flambée épidémique des variants du Covid-19, Médecins Sans Frontières (MSF) s'apprête à dénoncer la responsabilité du pouvoir local dans le basculement de la situation, désormais "hors de contrôle", selon Rony Brauman, ancien président de l'ONG. "Les autorités brésiliennes n'ont rien fait", martèle-t-il au micro d'Europe 1. 

Le virus Ebola, le génocide des Tutsi au Rwanda, le tremblement de terre de janvier 2010 en Haïti… Depuis 50 ans, Médecins Sans Frontières intervient lors de situations de crise​. Pour marquer cet anniversaire, l'ONG a imaginé "Première Ligne", un podcast produit par Europe 1 Studio afin de vous faire revivre les moments clés de son histoire. 

>> Retrouvez les épisdes sur notre site Europe1.fr et sur Apple PodcastsGoogle podcasts, Deezer, Spotify, Dailymotion et YouTube, ou vos plateformes habituelles d’écoute.

>> Retrouvez ici le mode d'emploi pour écouter tous les podcasts d'Europe 1

 

"L'inaction, voire les actions perverses du gouvernement"

"MSF est fortement implantée au Brésil", tient avant tout à préciser Rony Brauman, expliquant qu'une section brésilienne de l'ONG existe depuis 1991. Derrière cette alerte, il y a donc "des Brésiliens de Médecins Sans Frontières, qui protestent contre l'inaction, voire les actions perverses de leur gouvernement", assure-t-il, citant notamment "la négation de la réalité de l'épidémie, de sa gravité, et de l'intérêt du vaccin". 

Résultat, selon l'ancien président de MSF, "une épidémie hors de contrôle" et des variants extrêmement dangereux, qui "ne mettent pas seulement les Brésiliens en danger, mais aussi leurs voisins." 

 

 

"Nous avons notre liberté de parole"

Rejoignant les spécialistes inquiets quant à la circulation de ces variants - face auxquels la France a suspendu ses vols avec le Brésil jusqu'à nouvel ordre - Rony Brauman rappelle que "l'OMS [Organisation Mondiale de la Santé, ndlr], et son ancêtre l'Organisation internationale de l'Hygiène, créée au début du siècle, ont été conçues parce qu'on sait que les microbes et les maladies ne connaissent pas de frontières."

Face à ce risque, la prise de position officielle de Médecins Sans Frontières prend tout son sens, selon son ancien président, qui rappelle que l'ONG a toujours été engagée. "Nous sommes neutres au sens où nous ne prenons pas part à des hostilités", explique-t-il. "Nous ne livrons pas des armes, nous ne défendons pas un belligérant." Mais cette neutralité ne vaut pas sur le plan politique : "Nous avons notre liberté de parole."

Europe 1
Par Margaux Lannuzel