lls vivent dans des économies puissantes ou émergentes, mais une même inquiétude les relie : la peur de manquer d'argent. De l’Espagne au Japon, en passant par le Brésil ou les États-Unis, des millions de citoyens doutent de leur avenir financier. Selon une enquête réalisée par Statista, auprès de 1.800 à 9.400 personnes interrogées par pays, âgées de 18 à 64 ans, entre juillet 2024 et juin 2025, dix nations concentrent les plus hauts niveaux d’anxiété économique.
En tête, l’Espagne illustre cette contradiction. Plus de 41% des Espagnols se disent inquiets, en 2023, plus d’un quart de la population était menacée de pauvreté ou d’exclusion sociale, et 9% vivaient dans un état de dénuement sévère, un niveau inédit depuis 2015. Cette crainte est tout aussi forte en Afrique du Sud et au Japon, où 40% des habitants redoutent l’avenir financier.
Le Mexique n’est pas loin derrière, avec 39% d’habitants inquiets. Ici, la peur est largement justifiée : plus de 40% de la population vit sous le seuil officiel de pauvreté et la mobilité sociale y est particulièrement limitée. La majorité des personnes nées dans les familles les plus pauvres y restent toute leur vie, une réalité qui enferme des générations entières dans la précarité.
Aux États-Unis, 37% des habitants redoutent l’avenir
Le Brésil suit avec 38%. Bien que le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté ait reculé en 2023, passant de 67,7 à 59 millions, la fragilité économique et l’instabilité politique entretiennent le sentiment que tout peut basculer rapidement. Aux États-Unis, 37% des habitants redoutent l’avenir, malgré une croissance solide et un taux de pauvreté officiel de 11,1%. La peur tient davantage aux inégalités criantes et aux coûts élevés de la santé ou de l’éducation, qui fragilisent une partie de la population.
En Europe, l’Allemagne et le Royaume-Uni incarnent deux réalités différentes mais convergentes dans l’inquiétude. Outre-Rhin, 35% de la population exprime ses craintes, alors que 13 millions de personnes vivent désormais sous le seuil de pauvreté. De l’autre côté de la Manche, 32% des Britanniques partagent cette inquiétude, dans un pays où les inégalités de patrimoine atteignent des sommets : les 10% les plus riches détiennent à eux seuls jusqu’à 60% de la richesse nationale.
La France n’échappe pas à ce climat. Près d’un tiers de la population (29%) se dit préoccupé par son avenir financier. En 2023, 9,8 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté, soit 15,4% des Français. Enfin, l’Inde ferme ce classement avec 27% d’habitants inquiets. Pourtant, le pays a connu une transformation spectaculaire : il y a trente ans, près de la moitié de la population vivait encore sous le seuil international de pauvreté, contre seulement 1% aujourd’hui.