Marseille : "S'il y a danger, il aurait fallu un reconfinement général" selon Samia Ghali

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Samia Ghali, 2ème adjointe de la maire de Marseille et sénatrice
Samia Ghali, 2ème adjointe de la maire de Marseille et sénatrice © Europe 1
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Invitée d'Europe 1 samedi, Samia Ghali, 2ème adjointe de la nouvelle maire de Marseille Michèle Rubirola, a fustigé la décision gouvernementale de fermer les restaurants et les bars à 22 heures dans la ville phocéenne à partir de lundi. Pourtant, dans la deuxième ville de France, la situation épidémique est critique.
INTERVIEW

La ville de Marseille détient le record de France métropolitaine du taux d'incidence du coronavirus le plus haut, à 281 cas pour 100.000 selon les autorités sanitaires. Samia Ghali, 2ème adjointe de la maire de Marseille Michèle Rubirola, était invitée sur Europe 1 samedi. Dès dimanche, dans la ville phocéenne, les bars et les restaurants devront fermer à 22 heures et la mesure ne passe pas, que ce soit du côté des restaurateurs ou de l'élue, qui estime que "la police a autre chose à faire" que de verbaliser les restaurateurs. Et "ce n'est pas en fermant deux restaurants que c'est fini", a-t-elle ajouté, suggérant qu'en cas de réel danger, "il aurait fallu un reconfinement général".

Par ailleurs, Samia Ghali ne cautionne pas des mesures sanitaires qu'elle estime restrictives. "On harcèle les restaurateurs depuis le mois d’août et il faut les comprendre, les restaurateurs sont dans une situation économique très compliquée", clame la sénatrice. L'Agence régionale de santé (ARS) de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur a de son côté indiqué, samedi, que 40% des lits en réanimation des hôpitaux de la région sont occupés par des patients atteints du coronavirus.

"Un déséquilibre entre les mesures à Paris et à Marseille"

Pour autant, certains restaurateurs marseillais ont déjà affirmé qu'ils ne fermeraient pas leurs portes lundi. Et si l'élue marseillaise a rappelé qu'elle n'appelait personne à braver la loi, elle estime que "les messages de l'Etat sont incompréhensibles" et juge qu'il y a "un déséquilibre entre les mesures appliquées à Marseille et à Paris". "À croire que le coronavirus ne s'attrape que dans les restaurants ! À Paris, les gens prennent le métro, le bus, touchent les barres", explique-t-elle circonspecte.

Selon elle, la deuxième vague de coronavirus était prévisible et il aurait fallu s'y préparer en ouvrant "des lits supplémentaires pour la réanimation". "Nous avions tout l'été pour le faire, ça n'a pas été fait et aujourd'hui, on veut le faire payer aux commerçant."