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Romain David
L'inquiétude grandit alors qu'un nouveau virus respiratoire, de la même famille que le Sras, s'étend en Chine. Au micro d'Europe 1, Vincent Enouf, virologue à l'Institut Pasteur, explique que les scientifiques français ont déjà commencé à étudier ce virus, pour pouvoir mieux le détecter.
INTERVIEW

Le nouveau virus apparu en Chine le mois dernier continue de s'étendre à travers le pays. Les autorités ont fait état d’un troisième mort lundi, alors que quelque 200 personnes seraient déjà contaminées. En France, les scientifiques de l’Institut Pasteur ont commencé à étudier cette infection pulmonaire, qui n’est pas sans rappeler le Sras, dont une violente épidémie avait frappé la Chine en 2003.

"À l’Institut Pasteur, la communauté scientifique possède plusieurs séquences de ce virus, ce qui nous a permis, la semaine dernière, de préparer les techniques nécessaires pour pouvoir le détecter", explique au micro de Matthieu Belliard, dans la matinale d’Europe 1, Vincent Enouf, le responsable adjoint du Centre national de référence de la grippe. L’objectif est d’adapter les technologies scientifiques à ce nouveau virus, notamment pour pouvoir l’identifier rapidement chez un patient présentant des symptômes. "D’ici deux ou trois jours, on devrait être à même de le détecter", rassure ce spécialiste.

La même famille que le le Stras et que le syndrome respiratoire du Moyen-Orient

"Ce coronavirus fait partie d’une famille de six virus connus", précise ce virologue. "Quatre provoquent des maladies communes, et deux en revanche des cas sévères avec décès comme le Stras et le Mers-Cov (syndrome respiratoire du Moyen-Orient, ndlr)", détaille Vincent Enouf. "C’est un virus à surveiller !"

Certains pays, comme les Etats-Unis, ont déjà annoncé des contrôles préventifs dans les aéroports, alors que le nouvel an chinois laisse présager d'un important chassé-croisé aérien. Mais c’est la découverte du mode de transmission qui permettra de déterminer des moyens de lutte précis contre la propagation de l'épidémie. "Ce qui nous manque comme information, aujourd’hui, c’est de savoir si la transmission interhumaine existe réellement", explique Vincent Enouf. "On voit que le nombre de cas se multiplie, et on va vers cette suggestion."