Covid : la mairie de Paris réclame un confinement local, l'exécutif temporise

La mairie de Paris a évoqué jeudi soir l'hypothèse d'un confinement de la capitale.
La mairie de Paris a évoqué jeudi soir l'hypothèse d'un confinement de la capitale. © Christophe ARCHAMBAULT / POOL / AFP
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avec AFP , modifié à
Depuis 18 heures, Nice et Dunkerque sont confinés jusqu'à lundi 6 heures. Les librairies sont désormais considérées comme des commerces essentiels et peuvent rester ouvertes, malgré les restrictions. Jeudi, le gouvernement a placé 20 départements en "surveillance renforcée", des territoires qui pourraient connaître de nouvelles restrictions prochainement.
L'ESSENTIEL

Le Premier ministre a annoncé jeudi soir la mise sous "surveillance renforcée" de 20 départements où la circulation du Covid-19 continue de s'accélérer. Il demande aux élus de s'accorder sur de nouvelles "mesures de freinage". Des confinements locaux pourraient être promulgués dans ces zones, comme à Nice et Dunkerque. De son côté, la mairie de Paris va proposer un confinement de trois semaines dans la capitale bien que le gouvernement continue de jouer la montre. Par ailleurs, les librairies sont désormais considérées comme des commerces essentiels. Elles pourront donc rester ouvertes lors des confinements de Nice et Dunkerque.

Les principales infos à retenir :

  • Les librairies sont désormais considérées comme des commerces essentiels
  • Vingt départements sont placés sous "surveillance accrue"
  • À Paris, la mairie va proposer un confinement pour trois semaines
  • Lancement des tests salivaires à l'école la semaine prochaine
  • De restrictions entrent en vigueur à la frontière franco-allemande

Les librairies sont désormais des commerces essentiels

Les librairies ont rejoint la liste des commerces dits essentiels et pourront rester ouvertes en cas de confinement le week-end, selon un décret publié vendredi au Journal officiel Les librairies pourront ouvrir les samedis et dimanche entre 6h et 18h, précise ce décret, alors que les villes de Nice et Dunkerque vivent leurs premiers week-ends confinés. La ministre de la Culture Roselyne Bachelot s'est "félicitée" de la décision du gouvernement. "Les librairies sont des commerces essentiels. Cela n'a jamais fait aucun doute. Lors du deuxième confinement, la possibilité du cliqué-emporté et la gratuité des frais d'expédition des livres offerte aux libraires ont permis de maintenir leur activité."

La mairie de Paris souhaite un confinement pour trois semaines 

La mairie de Paris va proposer au gouvernement un confinement de trois semaines dans la capitale afin "d'avoir la perspective de tout rouvrir" à son issue, y compris bars, restaurants et lieux culturels, a affirmé le premier adjoint Emmanuel Grégoire sur France Info. Plutôt qu'un confinement le week-end, une mesure "très contraignante sur le plan de l'impact sociétal et assez peu efficace sur le plan sanitaire", le premier adjoint préfère "un confinement tout court" à Paris de façon à "vraiment redonner de l'oxygène et avoir la perspective dans trois semaines de tout rouvrir", tout en conservant des mesures de protection sanitaire.

Du côté de l'exécutif, la proposition d’Anne Hidalgo a été fraichement accueillie, comme nous vous l'expliquons dans cette article.

Début du confinement le week-end à Nice et à Dunkerque

Comme annoncé par le gouvernement cette semaine, le confinement sur la bande littorale des Alpes-Maritimes et dans le zone de Dunkerque a débuté depuis 18 heures vendredi. Il doit se poursuivre jusqu'à lundi 6h et reprendre la semaine prochaine selon les mêmes modalités. Des restrictions qui visent à limiter la flambée du coronavirus dans ces territoires. Une mesure donne le blues aux commerçants dunkerquois rencontrés par Europe 1

Par ailleurs, le Premier ministre Jean Castex a annoncé jeudi la mise en place d'une "surveillance accrue" pour 20 départements avec un niveau d’incidence élevé - autour de 250 cas pour 100 000 habitants -, une part de variant supérieur à 50%, une pression hospitalière proche du seuil critique et une circulation virale de plus en plus importante. Ces départements sont ceux de l’Ile-de-France, d'une grande partie des Hauts-de-France et de Provence-Alpes-Côte-D’azur, mais aussi les départements du Rhône et de la Drôme, de la Moselle et de la Meurthe-et-Moselle, et enfin l’Eure-et-Loir.

"Nous plaçons donc ces départements en surveillance renforcée. J’ai demandé aux préfets des départements concernés d’engager des concertations avec les élus en vue d’inviter sans attendre tous les habitants à la plus grande vigilance et d’envisager, dans tout ou partie de ces territoires, des mesures de freinage proches de celles mises en place à Nice et Dunkerque", a indiqué le chef du gouvernement. "Nous ferons un point la semaine prochaine et nous déciderons alors : si la situation continue de se dégrader, nous prendrons des mesures renforcées qui entreront en vigueur à compter du week-end du 6 mars", a encore précisé Jean Castex.

Déploiement massif des tests salivaires à l'école ?

Le gouvernement souhaite déployer massivement les tests salivaires dès la semaine prochaine en priorité dans les écoles maternelles et élémentaires. Ces tests, qui seront organisés de façon aléatoire et répété, ou dans les zones où le virus circule beaucoup, doivent permettre de renforcer la politique de dépistage du Covid-19 et rompre au plus vite les chaînes de contamination. On doit pouvoir "tester rapidement 300.000 enfants par semaine", a déclaré jeudi soir le Premier ministre Jean Castex. Mais les syndicats déplorent un manque d'organisation et d'anticipation. Ils doutent que les dispositifs puissent être mis en place efficacement dans l'immédiat.

La Région Auvergne-Rhône-Alpes a quant à elle annoncé vendredi le lancement d'une campagne massive de tests visant 100.000 lycéens et d'une opération d'enquête épidémiologique dans des écoles, collèges et lycées de la région.

Des restrictions supplémentaires à la frontière franco-allemande

Paris et Berlin ont décidé jeudi d'introduire des restrictions sous forme d'obligation de tests pour les transfrontaliers entre le département français de Moselle et les régions allemandes limitrophes, pour contrer la pandémie de Covid-19. Les deux pays se sont entendus pour éviter de recourir à une fermeture de la frontière avec contrôles stricts. Concrètement, la Moselle va mettre en place des obligations de tests PCR à compter de lundi pour ses transfrontaliers se rendant en Allemagne. Les travailleurs frontaliers devront effectuer un test hebdomadaire, a indiqué le gouvernement français.

Par ailleurs, les frontaliers navigant entre la Moselle et l'Allemagne pour des raisons autres que professionnelles - notamment familiales - devront présenter un test PCR négatif de moins de 72 heures à l'entrée en France. Depuis le 31 janvier, les voyageurs autres que les transfrontaliers arrivant en France en provenance d'un pays de l'UE sont déjà soumis à cette obligation.

Légère inflexion des hospitalisations, mais des chiffres toujours élevées

Jeudi, les nombres des hospitalisations et des patients en réanimation affichaient une légère baisse, tout en restant élevés, selon les chiffres publiés dans la soirée par Santé publique France. Les hôpitaux comptaient 25.317 malades du Covid-19 (soit 297 de moins que la veille), dont 1.454 nouveaux patients hospitalisés. 3.430 patients sont actuellement en réanimation, soit six de moins que mercredi. Le nombre de personnes testées positives au Covid-19 ces dernières 24 heures reste élevé, à 25.403 cas confirmés (contre 31.519 mercredi). 

Le rythme des décès à l'hôpital poursuit sa baisse, à 261 sur les dernières 24 heures, contre 278 mercredi et 314 mardi. Le nombre de personnes décédées en France depuis le début de l'épidémie il y a un an est désormais de 85.582.

Vendredi, Santé publique France a indiqué que les premiers effets de la vaccination se faisaient désormais ressentir chez les personnes âgées de plus de 75 ans, notamment en Ehpad. L'agence enregistre une amélioration des indicateurs épidémiologiques "reflet probable de la vaccination".

Axa condamné en appel à indemniser un restaurateur

L'assureur Axa a été condamné à indemniser un restaurateur marseillais pour ses pertes d'exploitation dues au Covid-19 par la cour d'appel d'Aix-en-Provence, première juridiction d'appel à statuer au fond sur ce type de litige dont sont saisies plusieurs autres cours. "Nous allons étudier attentivement les motivations de la décision (...). Nous rappelons que ce même contrat est actuellement l'objet de débats devant plusieurs autres juridictions d’appel dans le pays", a réagi Axa dans un communiqué.

Cette nouvelle semble en tout cas rassurer bon nombre de restaurateurs. Au micro d'Europe 1, l'un d'entre eux rappelle qu'une éventuelle indemnisation permettrait de compenser le manque à gagner des jours de fermeture

Difficile vaccination en Europe, les Etats-Unis "en avance"

Le président du Conseil européen, Charles Michel, a averti que "les prochaines semaines" demeureraient "difficiles sur le terrain de la vaccination". La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen s'est toutefois dite "optimiste" sur son objectif de vacciner 70% de la population adulte de l'UE d'ici "la fin de l'été", à la faveur de la forte augmentation attendue des livraisons des laboratoires.

Les Etats-Unis seraint quant à eux "en avance de plusieurs semaines" sur le programme de vaccination, s'est félicité jeudi Joe Biden. Le président américain avait promis 100 millions de doses administrées en 100 jours à sa prise de fonctions en janvier. "Je suis là aujourd'hui pour dire que nous sommes à mi-chemin, avec 50 millions de doses en seulement 37 jours depuis que je suis devenu président", a-t-il déclaré jeudi. "C'est en avance de plusieurs semaines".

Plus de 2,5 millions de morts dans le monde

Plus de 2,5 millions de morts du Covid-19 ont officiellement été enregistrés dans le monde depuis le début de la pandémie en décembre 2019, selon un comptage réalisé par l'AFP à partir de bilans officiels fournis par les autorités jeudi à 18h30. Au total, 2.500.172 décès ont été recensés, pour 112.618.488 cas déclarés. L'Europe, avec 842.894 morts, est la région la plus endeuillée, devant l'Amérique latine/Caraïbes (667.972) et les Etats-Unis/Canada (528.039). Cinq pays (les Etats-Unis, le Brésil, le Mexique, l'Inde et le Royaume-Uni) concentrent près de la moitié des décès.