Coronavirus : en Angleterre, Boris Johnson annonce le retour au confinement total

L'Angleterre réinstaure un confinement total.
L'Angleterre réinstaure un confinement total. © Niklas HALLE'N / AFP
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avec AFP , modifié à
Le gouvernement, qui doit faire face à la polémique autour de la lenteur de la campagne de vaccination, veut accélérer et publiera un bilan quotidien à partir de mardi. A l'hôpital, le nombre de réanimations est en très légère baisse. En Angleterre, Boris Johnson a annoncé le retour du confinement total. 
L'ESSENTIEL

En France, les autorités continuent de guetter un éventuel rebond de l'épidémie de coronavirus après les fêtes. Le gouvernement doit également faire face à la polémique sur la lenteur de la campagne de vaccination. Face à cette avalanche de critiques, Emmanuel Macron a présidé lundi une "réunion de suivi" de la vaccination, alors que les autorités sanitaires ont annoncé qu'elles publieront un bilan quotidien à partir de mardi. Selon le dernier bilan des autorités sanitaires, les réanimations sont en très légère baisse. 

Dans le reste de l'Europe, le Royaume-Uni, qui a déjà vacciné plus d'un million de personnes, a commencé lundi à injecter le vaccin élaboré par AstraZeneca et Oxford, moins coûteux et plus facile à stocker que le Pfizer/BioNTech. Mais face à la propagation du nouveau variant, le Premier ministre Boris Johnson a annoncé le retour du confinement total pour l'Angleterre. 

Les principales informations à retenir : 

  • Le gouvernement, vivement critiqué, veut accélérer la campagne de vaccination
  • Le vaccin Moderna autorisé "de manière très imminente"
  • Les réanimations sont en très légère baisse
  • L'Angleterre revient à un confinement total

Très légère baisse des réanimations

Selon le dernier bilan publié lundi par les autorités sanitaires, 378 nouveaux décès ont été recensés, pour un total de 65.415 morts en France depuis le début de l'épidémie. Les réanimations sont en très légère baisse, avec huit patients de moins par rapport à la veille. Au total 2.666 patients se trouvent actuellement en réanimation. En revanche, les hospitalisation sont à nouveau en légère hausse (+182), pour un total de 24.995 personnes actuellement hospitalisées. 

4.022 nouveaux cas ont été enregistrés. En période de vacances, cette donnée quotidienne a énormément varié depuis la mi-décembre, oscillant entre quelque 3.000 et plus de 21.000. Mais toujours loin, en moyenne, de l'objectif gouvernemental de descendre à 5.000 cas par jour. Le taux de positivité, qui mesure le pourcentage de personnes positives au Covid-19 sur l'ensemble des personnes testées, est stable par rapport à dimanche, à 5,2%, après plusieurs jours de hausse.

Une campagne de vaccination sous le feu des critiques...

La polémique enfle autour de la lenteur de la campagne de vaccination, "Je considère qu'aujourd'hui on est face à un scandale d'Etat", a notamment déclaré Jean Rottner, le président LR de la région Grand Est, interrogé lundi sur France 2 sur la stratégie du gouvernement en matière de vaccination. "On poursuit une politique qui a fait la preuve de son échec par le passé : les masques, les tests, aujourd'hui la vaccination", a-t-il ajouté, montrant du doigt "une forme d'impréparation, d'irresponsabilité".

Invitée lundi d'Europe 1, la politologue Chloé Morin, associée à la fondation Jean Jaurès, a estimé qu'une partie du retard pris dans la vaccination en France incombait aux pesanteurs de la haute-administration. Elle dénonce notamment "une crise des modes d'action et de décision publique" face à l'épidémie de Covid-19, qui trouverait son origine dans une dissolution du sentiment de responsabilité chez des hauts-fonctionnaires qui ne sont pour ainsi dire jamais sanctionnés en cas de faute. Retrouvez ici son analyse. 

... qui force le gouvernement et Emmanuel Macron à réagir

Depuis la fin de la semaine dernière l'exécutif fait pourtant montre de sa volonté de passer à la vitesse supérieure. Dans ce contexte inflammable, Emmanuel Macron a présidé lundi après-midi à l'Elysée une "réunion de suivi" de la vaccination. 

Dans Le Parisien dimanche, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal avait annoncé une accélération de l'arrivée des doses chaque semaine et un renforcement des moyens pour les transférer aux Ehpad. Dès lundi, les soignants de 50 ans et plus pourront tous commencer à être vaccinés, Olivier Véran ayant avancé leur tour de plusieurs semaines. Certains n'ont même pas attendu cette date: à l'Hôtel-Dieu à Paris, et au CHRU de Nancy, les premières injections ont été faites ce week-end.

Parmi les pistes évoquées par certains commentateurs pour décupler le nombre d'injections figurent la simplification de la procédure de consentement ou encore la mise en place de vaccinodromes, destinés à accueillir le grand public. À Poissy, le maire DVD Karl Olive se dit prêt à lancer un tel dispositif, et demande le feu vert des autorités.

Un bilan quotidien de la vaccination à partir de mardi

Les autorités sanitaires publieront, à partir de mardi, un bilan quotidien de la campagne de vaccination. "Un premier bilan sera apporté dès demain, puis de façon quotidienne dans le cadre de la communication du ministère et de Santé publique France", a déclaré le directeur général de l'Assurance maladie, Thomas Fatome, à l'occasion de la présentation du nouveau système d'information "Vaccin Covid". Destiné aux médecins, ce téléservice vise à recueillir les informations nécessaires à la campagne de vaccination: identités du patient et du médecin, consentement du patient, numéro de lot du vaccin injecté...

Par ailleurs, le tirage au sort des 35 Français qui feront partie du collectif citoyen chargé d'accompagner la campagne vaccinale a débuté lundi en fin de journée. Le président Macron avait annoncé le 24 novembre la mise en place de ce collectif "pour associer plus largement la population" à la stratégie vaccinale. Ces 35 personnes seront tirées au sort selon des critères d'âge, de genre, de région, de niveau de diplôme, de catégorie socioprofessionnelle et du type d'habitation, a détaillé le Cese. 

Une centaine d'hôpitaux opérationnels d'ici mercredi pour la vaccination des soignants

Une centaine d'hôpitaux offriront la vaccination aux soignants" d'ici mercredi, a indiqué le ministre de la Santé, Olivier Véran, revendiquant de "gérer les stocks en bon père de famille", lors d'une visite à l'Hôtel-Dieu à Paris. "Ce soir, c'est environ 27 centres qui disposent de vaccins et qui ont pu commencer à vacciner les soignants et d'ici demain soir et mercredi (...), il y aura une centaine d'hôpitaux qui offriront la vaccination à leurs soignants, ainsi qu'aux soignants de ville", a-t-il indiqué Olivier Véran. 

Tous les personnels de santé d'au moins 50 ans ou présentant une comorbidité travaillant au contact des patients, y compris les agents administratifs, peuvent maintenant se faire vacciner.

Le vaccin Moderna autorisé "de manière très imminente"

Invitée d'Europe 1, Christelle Ratignier-Carbonneil, nouvelle directrice générale de l'ANSM, a assuré que le vaccin du laboratoire américain Moderna serait autorisé "de manière très imminente", à savoir "dans les heures ou les jours à venir". Cette autorisation pourrait être donnée "avant mercredi", comme elle l'explique au micro de Patrick Cohen, lundi midi :

Le Royaume-Uni commence à injecter le vaccin élaboré par AstraZeneca et Oxford...

Le Royaume-Uni est devenu lundi le premier pays à administrer à sa population le vaccin développé par le laboratoire britannique AstraZeneca et l'université d'Oxford, accélérant ainsi sa campagne de vaccination lancée début décembre, face à l'aggravation de la pandémie de nouveau coronavirus. Brian Pinker, Britannique de 82 ans, a reçu à l'hôpital Churchill de l'université d'Oxford la première injection de ce vaccin "national", dont 520.000 doses sont prêtes à être distribuées, a indiqué le service public de santé britannique (NHS) dans un communiqué.

Le vaccin d'AstraZeneca/Oxford est moins coûteux, plus facile à stocker et donc plus adapté à une campagne d'immunisation à grande échelle que ceux de ses concurrents Moderna et Pfizer/BioNTech, déjà approuvés et distribués dans plusieurs pays, notamment aux Etats-Unis. Le vaccin Pfizer/BioNTech a déjà été injecté à plus d'un million d'habitants du Royaume-Uni depuis le lancement de la campagne de vaccination début décembre.

Mais Johnson annonce un retour du confinement total pour l'Angleterre

Mais face à la mauvaise situation épidémique, le gouvernement durcit les mesures. Le Premier ministre britannique Boris Johnson a annoncé lundi soir le retour au "confinement" de toute l'Angleterre pour lutter contre la propagation du nouveau variant plus contagieux. Ce nouveau confinement, aussi strict que celui mis en place au printemps, prévoit la fermeture des écoles et doit durer si les conditions le permettent, jusqu'à la mi-février, a-t-il annoncé dans une allocution télévisée.

Dans les hôpitaux anglais, le nombre de patients atteints par le virus, près de 27.000 a "augmenté de près d'un tiers" en une semaine et dépasse de 40% le plus haut du pic de la première vague, a-t-il souligné. Le confinement doit entrer en vigueur dès mercredi à 00h01. 

 

L'Écosse va elle aussi revenir à un confinement complet pour tout le mois de janvier, a annoncé la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon. "A partir de minuit et pour tout janvier, vous serez légalement tenus de rester à la maison", a annoncé la dirigeante lors d'une conférence de presse, invoquant un "coup dur" dû au "variant du virus qui se propage rapidement". 

Forte baisse des émissions de CO2 en Europe

Les émissions de dioxyde de carbone (CO2) produites par le transport aérien ont chuté de plus de moitié en 2020 en Europe, suivant l'effondrement du trafic aérien sur le continent, a annoncé lundi Eurocontrol. Entre janvier et novembre, les émissions de CO2 ont baissé de 56,7% quand le trafic aérien plongeait de 54%, rapporte l'organisme européen de surveillance du trafic aérien. Ce dernier a chuté de 55% sur l'ensemble de l'année avec 5 millions de vols au départ ou à l'arrivée d'un aéroport européen, contre 11,1 millions en 2019.

La chute est générale, plus marquée dans des pays comme la Croatie (-73,3%) ou la République tchèque (-70,6%), qu'aux Pays-Bas (-41,7%) ou en Belgique (-30,6%). En Allemagne, les émissions dues au trafic aérien ont baissé de 52,4%, en France de 55,5%, au Royaume-Uni de 59,4% et en Italie de 64,4%.

Plus de 1,84 million de morts

La pandémie du nouveau coronavirus a fait au moins 1.843.631 morts dans le monde depuis que le bureau de l'OMS en Chine a fait état de l'apparition de la maladie fin décembre 2019, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles. Les États-Unis sont le pays le plus touché tant en nombre de morts que de cas, avec 351.590 décès, selon le comptage de l'université Johns Hopkins. Viennent ensuite le Brésil avec 196.018 morts, l'Inde avec 149.649 morts, le Mexique avec 127.213 morts et l'Italie avec 75.332 morts.