Coronavirus : 357 morts en 24 heures en France, chiffre le plus bas depuis une semaine

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La France compte plus de 8.000 morts depuis le début de la pandémie.
La France compte plus de 8.000 morts depuis le début de la pandémie. © JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP
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Le coronavirus a fait plus de 8.000 morts en France depuis le début de la pandémie. 357 décès supplémentaires ont été rapportés dans les hôpitaux, un chiffre à nouveau en baisse. Par ailleurs, la reine Elizabeth II a prononcé un discours historique, remerciant les soignants et les Britanniques qui restent chez eux.
L'ESSENTIEL

La pandémie de coronavirus a désormais dépassé la barre des 8.000 morts en France. 357 décès de plus ont été signalés ces 24 dernières heures à l'hôpital, un chiffre au plus bas depuis deux semaines, et en baisse pour la deuxième journée consécutive.

Ailleurs dans le monde, le bilan continue de s'alourdir, notamment aux Etats-Unis. En revanche, les décès en Italie sont au plus bas depuis deux semaines, une bonne nouvelle pour le pays le plus durement touché sur la planète. La reine Elizabeth II a prononcé un discours historique dans la soirée, où elle a remercié les soignants et les Britanniques qui restent chez eux. 

Les informations à retenir

  • La France compte plus de 8.000 morts : plus de 5.900 dans les hôpitaux et près de 2.200 dans les Ehpad
  • Les contrôles sont renforcés en ce début de vacances, tandis que certaines voix critiquent un "relâchement" du respect du confinement
  • De nouveaux patients sont arrivés en Bretagne par trains sanitaires depuis l'Île-de-France 
  • Le bilan dépasse les 68.000 morts dans le monde, avec une nouvelle forte augmentation aux Etats-Unis 
  • La reine Elizabeth II a prononcé un discours historique dans la soirée, alors que le Premier ministre Boris Johnson a été hospitalisé "par précaution" 

Plus de 8.000 morts en France, le nombre de décès à l'hôpital en baisse 

La barre des 8.000 morts du coronavirus (8.078 exactement) a été dépassée en France, selon le dernier bilan publié dimanche par les autorités. Le nombre de décès à l'hôpital continue cependant de ralentir, avec 357 supplémentaires en 24 heures (contre 441 samedi), le plus faible enregistré cette semaine. Au total, 5.889 personnes sont mortes en hôpital, et 2.189 dans les Ehpad. 

140 patients supplémentaires ont été admis en réanimation, un chiffre là aussi en décélération. 6.978 cas graves sont à présent recensés, sur près de 29.000 personnes hospitalisées. 

Une lueur d'espoir est également perceptible dans le Grand Est, qui compte pour la première fois depuis le début de l'épidémie une légère baisse des patients hospitalisés. 4.702 personnes étaient hospitalisées samedi dans les établissements de la région, contre 4.712 dans le précédent décompte vendredi, soit un très léger reflux de 10 patients.

Le virus a par ailleurs atteint l'archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon. Wallis-et-Futuna reste le seul endroit du territoire français épargné.

Les vacances entamées, la crainte d'un relâchement 

Avec le retour du soleil et du beau temps sur la France, les personnels soignants craignent un relâchement du respect des mesures de confinement. De nombreuses images ont en effet montré des joggeurs courir ou des promeneurs flâner dans les rues des grandes villes. "Respectez le confinement, c'est une question de vie ou de mort", s'est insurgé Frédéric Adnet, chef de service au Samu de Seine-Saint-Denis, interrogé par Europe 1. Retrouvez son cri de colère ici

Le gouvernement a fait état d'un confinement "globalement" bien respecté. "Les Français ont respecté la règle, ont respecté le confinement", a assuré Christophe Castaner, dimanche soir sur France 2, soulignant qu'il n'y a pas "eu de grand mouvement" de population lors de ce premier week-end des vacances scolaires de printemps. 

De nouveaux malades franciliens sont arrivés en Bretagne par trains sanitaires

41 malades franciliens sont arrivés dimanche à bord de deux trains sanitaires en Bretagne pour être hospitalisés dans la région. Au total treize patients ont été admis au CHU de Rennes, selon le CHU, dont sept "ont été admis en réanimation médicale et six autres en réanimation chirurgicale". La région a déjà accueilli six patients du Haut-Rhin et 36 d’Ile-de-France.

Au total, plus de 550 patients dans un état critique ont été évacués depuis le 18 mars, du Grand-Est et d'Ile-de-France vers des régions moins saturées.

La crainte d'un "tri" des patients 

Avec la propagation de la pandémie et la saturation des hôpitaux, certaines s'élèvent par crainte d'un "tri" des patients. Deux associations ont déposé un référé-liberté devant le Conseil d'Etat, jeudi, pour demander une clarification des conditions d'admission. Elles estiment qu'avec le manque de lits et de respirateurs, la situation s'est aggravée, notamment pour les personnes âgées. 

Raphaël Pitti, anesthésiste-réanimateur et professeur de médecine d'urgence et de catastrophe, a nié catégoriquement ces accusations sur Europe 1. "Il n’y a pas de tri, nous faisons en sorte de toujours prendre en charge un patient", défend-t-il. "C’est très désagréable d’entendre ça", s'agace-t-il. 

Plus de 68.000 morts dans le monde, le nombre de décès au plus bas en Italie

La pandémie a désormais fait plus de 68.000 morts et plus de 1,2 million de cas dans le monde, selon un dernier décompte de l’AFP. Les États-Unis, en passe de devenir l'épicentre de la pandémie, ont dépassé dimanche la barre des 350.000 contaminés et près de 9.200 décès. L'Etat de New York a enregistré pour sa part 594 nouveaux décès en 24 heures, portant le total des victimes à 4.159. Donald Trump a prévenu que le pays entrerait dans "une période qui va être vraiment horrible", avec "de très mauvais chiffres". 

L’Europe continue d’être le continent le plus touché, mais quelques signes d’amélioration ont été constatés ces derniers jours. L’Italie a ainsi recensé 525 morts en 24 heures, le chiffre le plus bas depuis plus de deux semaines. Cela représente une baisse d'un quart des décès par rapport à samedi (681), dans un pays qui compte plus de 16.000 victimes. Même tendance en Espagne, où le nombre de nouveaux décès (674) a baissé pour le troisième jour consécutif, dimanche. 

Discours historique de la reine Elizabeth II, Boris Johson hospitalisé "par précaution" 

Face à la gravité de la situation, la reine Elizabeth a prononcé un discours historique dimanche soir, son quatrième seulement depuis le début de son règne il y a 68 ans. "Nous vaincrons - et cette victoire sera celle de chacun d'entre nous", a assuré la reine dans une allocution télévisée, enregistrée au château de Windsor. La souveraine a également remercié les soignants et les Britanniques qui restent chez eux. 

Cette allocution royale intervient alors que la Grande-Bretagne compte plus de 5.000 morts depuis le début de la pandémie, et que la gestion de la crise par le gouvernement de Boris Johnson est vivement critiquée. Le Premier ministre, positif au coronavirus, a justement été hospitalisé dimanche soir pour y passer des examens supplémentaires. "Une mesure de précaution", a assuré le 10 Downing Street dans un communiqué. 

La basilique Saint-Pierre déserte pour la messe des Rameaux

Autre image forte de la journée : le pape François a célébré la messe des Rameaux, qui marque l'entrée dans la semaine sainte de Pâques, dans une basilique Saint-Pierre déserte. Le 15 mars, le Vatican avait annoncé que toutes les célébrations liturgiques de la semaine de Pâques  se tiendraient "sans la présence physique des fidèles" sur la place Saint-Pierre.

Ce dimanche, c'est donc dans une basilique vide, seulement accompagné de religieux et religieuses, avec une seule personne par banc, que le pape a béni les rameaux. La messe a été diffusée en streaming sur le site internet du Vatican comme le sera dimanche prochain la messe de Pâques, fête la plus importante du christianisme.