Covid-19 : un confinement est-il inévitable en Île-de-France ?

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Covid Coronavirus 1:10
La situation dans les hôpitaux franciliens s'est très nettement dégradée. © BERTRAND GUAY / AFP
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L'Agence régionale de santé d'Ile-de-France a donné lundi "l'ordre ferme" aux hôpitaux et cliniques de déprogrammer 40% de leurs activités médicales et chirurgicales. La conséquence d'une situation sanitaire qui se tend, avec la menace de plus en plus pressante d'un reconfinement, comme l'affirme le spécialiste Djillali Annane sur Europe 1.
DÉCRYPTAGE

Déjà effectif le week-end dans la région niçoise et à Dunkerque, le confinement va-t-il bientôt s'appliquer aux Franciliens ? La question se pose, alors que la situation sanitaire liée au coronavirus s'est détériorée dans la région la plus peuplée de France. En conséquence : l'ARS d'Île-de-France a donné "l'ordre ferme" aux hôpitaux et cliniques de déprogrammer 40% de leurs activités médicales et chirurgicales les moins urgentes pour augmenter les capacités, avec une cible désormais fixée à 1.577 lits de réanimation.

Pour le professeur Djilali Annane, chef du service de réanimation de l'Hôpital-Poincaré de Garches, tous les indicateurs sont en effet au rouge. "La déprogrammation qui se met en place nous donne transitoirement un peu d'air, mais si le nombre de patients continue d'augmenter, cette réserve supplémentaire ne sera pas suffisante", alerte le spécialiste sur Europe 1.

Faire retomber la tension

Selon lui, "il faudra donc probablement reconfiner, même si le gouvernement n'a aucune envie de passer à nouveau par cette mesure drastique. Il faudrait prendre des mesures maintenant pour faire en sorte que la tension retombe dans une dizaine de jours."

Rien que pour la semaine dernière, le nombre d'admissions de malades graves a augmenté quotidiennement de 31%, ce qui signifie entre 80 et 90 patients supplémentaires chaque jour. Il y a autant de patients en réanimation en Île-de-France que six jours avant le pic de la seconde vague, en novembre dernier. Mais à ce moment-là, les contaminations baissaient car le pays était reconfiné. Cette fois-ci, l'inquiétude est beaucoup plus grande car ni le pays ni la région ne sont reconfinés, avec des contaminations en hausse.