Covid-19 : "On a une visibilité de 3 à 6 mois" sur les effets secondaires des vaccins

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Brigitte Autran, membre du comité scientifique sur les vaccins Covid-19 et professeure émérite d’immunologie à la Sorbonne Université, a répondu aux questions de Julian Bugier sur les vaccins contre le coronavirus. D'après elle, on dispose de suffisamment de recul sur leurs effets secondaires pour avoir confiance.
INTERVIEW

Les vaccins contre le coronavirus vont-ils provoquer des effets secondaires importants ? Comme l'explique Brigitte Autran, professeure émérite d’immunologie à la Sorbonne Université, ce n'est pas ce que semblent indiquer les essais cliniques réalisés par les laboratoires. Selon elle, "on a une visibilité à court terme, de 3 à 6 mois de recul". Un temps qui est vraisemblablement suffisant pour se rendre compte des potentiels effets secondaires du vaccin. En effet, habituellement, pour les autres maladies, "l'essentiel des effets secondaires surviennent dans les 15 jours après l'administration". Le plan de vaccination annoncé par le gouvernement semble donc crédible et ne pas exposer les Français à des risques.

"Nous ne seront pas des cobayes"

Le premier soulagement selon Brigitte Autran, "c'est que les vaccins ARN n'ont pas donné lieu à des événements indésirables graves ou à des arrêts cliniques". Ces techniques nouvelles pouvaient être porteuses d'inquiétudes quant aux effets secondaires mais celles-ci semblent avoir été levées et continueront de l'être. "Pour l'instant on a six mois de recul. À partir du moment ou les patients vont se faire vacciner, les essais cliniques vont continuer", précise la professeure d’immunologie. Et si la mise en place de vaccin semble très rapide, il ne "faut pas forcément plus de temps que ce qui a été observé ici" pour identifier les effets secondaires d'un vaccin. La situation épidémique a simplement forcé à agir plus vite.

Ainsi, d'après Brigitte Autran, il ne faut pas que les personnes vulnérables, vaccinées en premier, soient considérées comme des cobayes. "Les cobayes ce sont ceux qui ont accepté de participer aux essais cliniques pendant les premières phases, y compris la phase trois et donc il faut leur dire merci." Elle rappelle ainsi qu'il y a "jusqu'à 100.000 personnes dans les pays occidentaux qui ont été vaccinées" et qui nous ont fourni "des informations extrêmement précieuses sur l'efficacité et la sécurité des vaccins. Donc nous ne seront pas des cobayes", conclue-t-elle. 

Europe 1
Par Guilhem Dedoyard