Vaccin coronavirus 1:59
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Théo Maneval, édité par Mathilde Durand , modifié à
Rendez-vous annulés, centres de vaccination au ralenti : en Ile-de-France, certaines communes ont difficilement vécu ce premier jour d'une campagne de vaccination élargie. Europe 1 s'est rendue dans le Val-de-Marne et dans les Hauts-de-Seine où le nombre de doses reçues, inférieur aux attentes, a perturbé l'organisation établie. 
REPORTAGE

Lundi marquait le début d'une campagne de vaccination élargie au plus de 75 ans et aux personnes présentant des pathologies à haut risque de complications en cas d'infection au Covid-19. Et déjà, des craintes d'une pénurie de doses et des critiques sur l'organisation sont remontées du terrain. "A chaque fois que des doses arrivent, on les met immédiatement à disposition, on ouvre des créneaux de rendez-vous pour les Français", a assuré ministre de la Santé, Olivier Véran. En Ile-de-France, de nombreux maires ont reçu des stocks inférieurs à leurs attentes. De quoi enrayer toute une organisation.

Des annulations de rendez-vous

La première journée n'était même pas terminée qu'à Clamart, dans les Hauts-de-Seine, les équipes municipales devaient déjà décommander les 210 patients qui devaient recevoir une première injection mardi. "Nous sommes obligés de reporter vos deux rendez-vous. Dès la réception des vaccins promis, nous vous rappellerons pour fixer un nouveau rendez-vous", explique tant bien que mal une des interlocutrices de la mairie à une administrée.

Pour Jean-Didier Berger, maire Libres! ex-LR de la commune, c'est l'incompréhension. Il ne digère pas les mails très tardifs de l'Agence Régionale de Santé (ARS). "Il y a cinq jours, on nous a dit qu'on aurait 420 vaccins. Il y a trois jours, on nous a finalement annoncé qu'on aurait que 170 doses pour lundi, mardi et mercredi", explique-t-il. "Franchement, ce n'est pas sérieux".

"Cela nous bloque totalement"

Même mauvaise surprise à Sucy-en-Brie, dans le Val-de-Marne, où la grande salle communale qui sert de centre de vaccination reste vide. "Il n'y a personne, on est arrivé et on nous a pris", confie un patient. La maire, Marie-Carole Ciuntu, a vu elle aussi ses doses réduites de moitié par l'ARS. "Nous n'avons pas d'explications, nous aimerions savoir", interroge-t-elle. "Là, cela nous bloque totalement". A partir de mercredi, faute de doses, le centre de vaccination pourrait fermer ses portes.

A l'Haÿ-les-Rose, à vingt kilomètres, le centre de vaccination est prévu pour tourner cinq jours sur sept. Les infirmières redoublent ainsi de précautions pour extraire le vaccin avec leurs seringues. "Il y a cinq ou six doses dans un seul flacon", confie l'une d'entre elle. 

Des stocks diminués sont d'ores et déjà synonymes d'un délai allongé pour ceux qui espéraient pouvoir s'inscrire et recevoir une première injection. "Il faudra attendre. Il y a déjà 4.000 inscrits", constate, fataliste, Madeleine. En effet, la municipalité préfère garantir la seconde injection du vaccin dans trois semaines à ceux qui ont déjà eu la chance de recevoir la première.