Pour Mélenchon, le prélèvement à la source "viole un certain droit de réserve"

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"C'est l'idée même [du prélèvement à la source] qui ne vaut rien", a estimé dimanche Jean-Luc Mélenchon sur BFM.
"C'est l'idée même [du prélèvement à la source] qui ne vaut rien", a estimé dimanche Jean-Luc Mélenchon sur BFM. © JEAN-PIERRE CLATOT / AFP
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Le chef de file de La France insoumise a plaidé dimanche soir pour la création d'un impôt "mensualisé", qui serait "réajusté tous les trois mois". 

"Au nom de quoi mon employeur aurait-il accès à la connaissance de mes revenus et ceux de mon épouse", demande le chef de La France insoumise, appelant le gouvernement à renoncer au prélèvement à la source qui "viole un certain droit de réserve". "C'est l'idée même qui ne vaut rien", a estimé Jean-Luc Mélenchon sur BFM.

Mélenchon parle d'une "espèce d'inquisition". Cela "viole un certain droit de réserve. On n'a pas besoin que votre patron dise : 'Ben dis donc Maurice, ça va ? parce que ta femme a bien gagné donc pour l'augmentation tu repasseras'". Selon lui, "il n'est pas acceptable qu'on invente cette espèce d'inquisition que va créer cet impôt à la source". "Faisons un impôt mensualisé" réajusté tous les trois mois, a-t-il préconisé. Le président de LR Laurent Wauquiez a lui aussi demandé mercredi à l'exécutif de renoncer à cette réforme qui, selon lui, "va dans le mur". La présidente du Rassemblement national (RN, ex FN), Marine Le Pen, l'a jugée vendredi "inutile, coûteuse et inefficace".

Une réforme qui suscite de multiples interrogations. La réforme du prélèvement à la source, engagée sous le quinquennat du président socialiste François Hollande et déjà reportée une fois d'un an, doit conduire à ce que l'impôt soit collecté directement sur les salaires ou les pensions, et non plus acquitté un an après comme c'est le cas actuellement. Sa mise en oeuvre a suscité la préoccupation de chefs d'entreprise et de syndicats, qui s'inquiètent de possibles failles ou angles morts. Le président Emmanuel Macron a annoncé jeudi qu'il attendait "des réponses précises" avant de "donner une directive finale" sur l'avenir de cette réforme majeure.