Marlène Schiappa annonce un "Grenelle des violences conjugales" pour "enrayer le phénomène"

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"Nous allons organiser à Matignon un Grenelle des violences conjugales", explique Marlène Schiappa dans le "Journal du Dimanche".
"Nous allons organiser à Matignon un Grenelle des violences conjugales", explique Marlène Schiappa dans le "Journal du Dimanche". © Bertrand GUAY / AFP
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Dans le "Journal du Dimanche", la secrétaire d'État chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes s'exprime après un rassemblement "contre les féminicides", organisé samedi à Paris. 
SUR LE JDD

"C'est une très bonne chose", estime Marlène Schiappa à propos de la manifestation qui a réuni plusieurs centaines de personnes à Paris, samedi, pour réclamer davantage de mesures face aux féminicides, les meurtres de femmes par leur conjoint ou ex-conjoint, au nombre de 74 depuis le début de l'année. Interpellée par les militants, la secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes répond dans le JDD, dimanche, annonçant la mise en place d'un "Grenelle des violences conjugales". 

"S'il y a besoin de lois, nous les mettrons en oeuvre"

Ce Grenelle sera lancé le 3 septembre et réunira les ministres concernés autour d'Édouard Philippe, mais aussi les acteurs de terrain, les associations et des familles de victimes, "afin de construire ensemble des mesures efficaces pour enrayer ce phénomène", affirme Marlène Schiappa. Il durera jusqu'au 25 novembre, Journée contre les violences envers les femmes. 

À quoi ce processus aboutira-t-il ? "S'il y a besoin de circulaires ou de lois, nous les mettrons en oeuvre", assure la secrétaire d'État, soulignant les moyens déjà engagés par le gouvernement : "530 millions sont mobilisés cette année, un record. (...) Toutes les associations sur les violences sexistes ont déjà bénéficié d'un maintien ou d'une forte augmentation de leurs subventions - certaines multipliées par quatre." 

"Il ne suffit pas de signer un chèque"

"Il ne suffit pas de signer un chèque pour qu'il n'y ait plus de féminicides", appuie Marlène Schiappa, citant l'exemple des "téléphones grave danger" confiés aux femmes victimes de violences. "Seuls 302 sont actifs !", s'indigne-t-elle. "Les autres dorment dans un placard quelque part, faute de décision de justice."

Confiant envisager notamment la mise en place de bracelets d'éloignement, la secrétaire d'État plaide pour des "choses concrètes" : "ce que je ne veux pas, c'est qu'on sorte du Grenelle avec des bons sentiments", martèle-t-elle. "Le gouvernement fait et fera tout ce qui est en son pouvoir. Mais il ne pourra pas tout, tout seul. Il faut une mobilisation générale de la société." 

"Nous voulons nous adresser aux témoins"

Pour cela, le Grenelle s'accompagnera d'une "grande consultation citoyenne" et d'une campagne de spots diffusés sur plusieurs chaînes, avec des "influenceurs" comme l'animateur Christophe Beaugrand ou les journalistes Pierre Lescure et Daphné Bürki. "Nous voulons nous adresser aux témoins pour qu'ils interviennent", insiste Marlène Schiappa. "Il faut que tous - collègues de bureau, voisins - ouvrent les yeux", ajoute-t-elle, précisant enfin que la Première dame Brigitte Macron "s'engagera" également dans cette campagne.