"Le gouvernement a été désavoué dans les urnes, il ne veut pas en tenir compte", estime Jordan Bardella

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L'eurodéputé RN, interrogé jeudi par Audrey Crespo-Mara sur Europe 1, a déploré le manque d'inflexion de la ligne gouvernementale à l'issue du discours de politique générale d'Edouard Philippe.
INTERVIEW

Avec 363 voix, le Premier ministre a obtenu une large confiance des députés mercredi, au terme d’un discours visant à relancer le processus des réformes, après plus de six mois de crise sociale. Mais pour Jordan Bardella, fraîchement élu eurodéputé RN, le gouvernement n'a pas su tirer les enseignements de cette période d'agitations. "Ce gouvernement a été désavoué dans les urnes, on a l'impression qu’il ne veut pas en tenir compte", a-t-il taclé jeudi, au micro d'Audrey Crespo-Mara dans la matinale d'Europe 1.

"On a un peu l'impression d'entendre la même chose tous les six mois", estime Jordan Bardella. "Ce gouvernement nous explique qu’il a compris le malaise dans notre pays, l'hyperfiscalité qui aujourd’hui asphyxie nos chefs d’entreprise, nos classes populaires, nos classes moyennes, qu’ils ont compris les besoins en matière d’ordre s’agissant de la sécurité et de l’immigration. Or, tous les six mois, on en vient au même constat : rien ne bouge", relève-t-il.

Une augmentation du coût de la vie

Concernant les baisses d’impôt promises par Edouard Philippe, Jordan Bardella considère qu'"il s'agit de donner de la main gauche ce que l'on va reprendre en double de la main droite". Il dénonce ainsi l’augmentation du coût de la vie ces derniers mois. "J'ai le sentiment d'un décalage terrible entre les discours et les actes. Nos compatriotes voient l’essence augmenter. Le niveau de prélèvement des taxes sur l’essence est complètement délirant, le plein vous coûte plus cher qu’il ne vous coûtait en octobre. Ils ont vu l’électricité augmenter de 5% en juin, le caddie de course augmenter de 5%, et tout cela est la cause de lois mises en place par le gouvernement", s'agace-t-il.

Un flou sur l'âge de départ à la retraite

Le chef du gouvernement a également garanti jeudi le maintien d’un âge légal de départ à la retraite à 62 ans, tout en incitant les Français à travailler plus longtemps. Pour Jordan Bardealla, il s’agit d’une rupture avec les engagements pris pendant la campagne présidentielle. "On ne touche pas à l’âge de départ à la retraite, mais si vous voulez toucher l’intégralité de votre pension de retraite, il faudra travailler plus longtemps", pointe-t-il. "Emmanuel Macron avait pris pendant l’élection présidentielle l’engagement de ne pas toucher à l’âge de départ à la retraite, et on apprend, après les élections européennes, qu’en réalité ils vont évidemment y toucher", relève l’élu.

"Compte-tenu du système français, il faut relancer la machine économique. Vous ne pourrez pas résoudre la question des retraites si vous ne recréez pas de l’emploi dans notre pays", poursuit le député européen. "Sur ça, on n'a pas entendu grand-chose de la part du gouvernement qui bénéficie pourtant d’un regain de la croissance lié au contexte international. Il faudrait peut-être en profiter", conclut Jordan Bardella.

Europe 1
Par Romain David