Gérald Darmanin nommé à l'Intérieur malgré une plainte pour viol : "C’est du jamais vu"

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Gérald Darmanin a été nommé lundi ministre de l’Intérieur alors qu’il est accusé de viol, de harcèlement sexuel et d'abus de confiance par Sophie Patterson-Spatz. L’avocate de la plaignante dit mardi sur Europe 1 son inquiétude quant au déroulement de l’enquête à l’encontre du "premier flic de France".

La nomination de Gérald Darmanin au ministère de l’intérieur, lundi, dans le gouvernement Jean Castex, a été quelque peu été occultée par l’arrivée dans l’équipe de Roselyne Bachelot et d’Eric Dupond-Moretti, respectivement à la Culture et là la Justice. Elle n’en est pas moins abondamment commentée. Car l’ancien ministre des Comptes publics reste sous le coup d’une accusation de viol, de harcèlement sexuel et d’abus de confiance. Mi-juin, après deux ans de bataille procédurale, la cour d'appel de Paris avait ordonné la reprise des investigations sur cette affaire remontant à 2009. "Pas un obstacle", a argué l'Elysée lundi soir. Mais les avocats de la plaignante ne sont pas de cet avis.

"Du jamais vu"

"Cette nomination, c’est un choc, je ne vais pas le cacher", réagit mardi sur Europe 1 Me Elodie Tuaillon-Hibon, l’avocate de Sophie Patterson-Spatz. "A ma connaissance, c’est du jamais vu en France", déplore-t-elle. "Nous nous demandons comment ça va se passer lorsque le premier flic de France [sera] interrogé dans le bureau d’un magistrat instructeur alors qu’il est en exercice."

Pour Me Tuaillon-Hibon, c’est toute la procédure qui est aujourd’hui menacée. "On a beau faire pleine et entière confiance en une certaine indépendance de la justice, on ne peut pas s’empêcher de se poser des questions et se demander qu’est-ce qui, aujourd’hui, nous garantit et garantit à notre cliente que les investigations qui doivent être reprises vont se dérouler sans aucune pression, d’aucune sorte, de la part de l’exécutif", s’interroge l’avocate. "Et notamment de la part de monsieur le ministre de l’Intérieur, qui est le ministre de tutelle des officiers de police judiciaire qui devront agir sous commission rogatoire. On est très inquiets."

Europe 1
Par Marion Dubreuil, édité par Rémi Duchemin