François Hollande reconnaît une "part de responsabilité dans la situation de l'hôpital"

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François Hollande
François Hollande s'est justifié sur la gestion des stocks de masques pendant son mandat. © THOMAS SAMSON / AFP
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L'ancien président de la République François Hollande ne veut "pas du tout s'exclure" de la situation dans laquelle est plongée l'hôpital aujourd'hui, a-t-il indiqué sur France Inter lundi.

François Hollande esquisse un mea culpa. L'ancien président de la République a reconnu lundi une "part de responsabilité dans la situation de l'hôpital", avec notamment un manque de "renouvellement" des masques. Il a aussi critiqué l'absence de contrôles réguliers des stocks depuis 2017 et l'élection d'Emmanuel Macron.

"J'ai ma part de responsabilité aussi dans la situation de l'hôpital" durant la crise du coronavirus, a déclaré François Hollande sur France Inter. "Depuis des années on a contraint l'hôpital, et j'y ai pris ma part, je ne veux pas du tout m'exclure", a-t-il ajouté.

"De la souplesse" plutôt que la fin des 35 heures

Alors que s'ouvre lundi un "Ségur de la Santé", vaste concertation destinée à améliorer les conditions de travail du secteur, François Hollande a rejeté l'hypothèse de la fin des 35 heures pour les soignants, avancée par le ministre de la Santé : "Il faut mettre de la souplesse, de la négociation, mais de grâce ne supprimons pas ce qui est regardé comme un acquis social."

L'ancien président socialiste a détaillé la situation des hôpitaux : "On a mis une suradministration, que le personnel rejette, un codage d'actes et la tarification qui les a obligés à remplir plus de papiers que de soigner". "Il y a aussi la question des rémunérations", a-t-il convenu.

Interrogé sur la baisse des stocks de masques sous sa présidence, François Hollande a expliqué : "Une décision a été prise en 2011 de ne pas centraliser le stockage des masques comme avant, et en 2013, l'administration a considéré qu'il fallait confirmer cette décision pour mettre les masques là où ils sont utilisés : collectivités, hôpitaux, entreprises."

Hollande "souhaite une commission d'enquête"

"Je pense que cette orientation, fondée sur la proximité et l'efficacité, était la bonne, mais ça supposait un contrôle du stockage des masques. Moi je l'ai fait trois fois", a-t-il argué. "Il y avait un peu moins d'un milliard de masques quand je suis arrivé et 740 millions quand je suis parti", a-t-il poursuivi. "Peut-être n'y a-t-il pas eu assez de renouvellement de masques périmés".

Mais "quand la crise sanitaire a démarré il n'y en avait plus que 140 ou 150 millions, ça veut dire que des masques ont été détruits", a souligné François Hollande, estimant que "ce qui n'a pas été fait suffisamment depuis 2017, c'est une vérification régulière du stock de masques". "Je souhaite une commission d'enquête. Est-ce qu'il faut pour autant chercher un bouc émissaire dans cette affaire" alors qu'"il y a un moyen de trouver la sanction", par "le vote", a-t-il conclu.