En Bretagne, Macron salue les "deuxièmes lignes" et esquisse le déconfinement

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Lors de son déplacement dans le Finistère ce mercredi, le président a salué la "ferme France" et les Français qui continuent de travailler pendant le confinement.
Lors de son déplacement dans le Finistère ce mercredi, le président a salué la "ferme France" et les Français qui continuent de travailler pendant le confinement. © STEPHANE MAHE / POOL / AFP
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En déplacement dans le Finistère ce mercredi, Emmanuel Macron s'est rendu chez un maraîcher et dans un supermarché. Il y a salué la "ferme France", a eu un message ferme sur le confinement, et a évoqué l'après 11 mai comme une période qui sera "peut-être différenciée selon les secteurs d'activité".

Des maraîchers à la grande distribution, Emmanuel Macron a salué ce mercredi la "ferme France" lors d'un déplacement dans le Finistère, en pleine crise du coronavirus. "Merci à elle. Elle a tenu, on peut en être fier" a déclaré le président qui a commencé sa visite des "deuxièmes lignes" en se rendant dans une vaste exploitation de tomates, dans la commune de Cléder. 

"Tout le monde a joué le jeu de manière formidable"

"J'espère que nos concitoyens vont être réconciliés avec ce beau métier qui est celui de nourrir la nation", a insisté le président auprès des exploitants et des salariés, en allusion à "l'agri-bashing" visant une partie de la profession ces deniers mois. "Tout le monde a joué le jeu de manière formidable, avec des patrons et des salariés courageux qui sont allés au travail, parfois ils avaient peur mais ils sont venus, pour continuer de nourrir le pays."

"Il faut redonner du sens à ce qu'on fait collectivement"

De leurs côtés, les exploitants Thierry et Jean-Marc Roué ont indiqué que "la crise du Covid n'a pas d'impact sur [leur] marché jusqu'à présent", tout en plaidant pour une mise en valeur de la production [agricole] française. "Le citoyen, quand il est consommateur, ne doit pas oublier d'être citoyen. Il faut se poser la question, d'où vient ce qu'on a dans l'assiette", leur a répondu le chef de l'État. 

"Je ne suis ni nationaliste ni protectionniste, mais si on veut retrouver le contrôle de nos vies, il faut redonner du sens à ce qu'on fait collectivement. Cela ne veut pas dire fermer les frontières, mais on a parfois accepté des choses incohérentes au nom d'une mondialisation accélérée", a ajouté Emmanuel Macron qui, depuis le début de la crise, met l'accent sur la nécessité de retrouver une France et une Europe plus souveraines. 

L'importance des supermarchés en temps de confinement

Après les serres, Emmanuel Macron s'est rendu dans les allées d'un supermarché, un Super-U situé à Saint-Paul-de-Léon, toujours dans le Finistère. Il y a salué le "formidable sens du devoir" des salariés avant que la conversation ne s'engage sur la crainte d'être contaminé au travail, et les gestes et mesures mis en place pour éviter cela. Masques, gants, visières, vitres en plexiglas aux caisses... la nouvelle organisation du magasin a été détaillée au chef de l'État dans des allées presque dépourvues de clients. 

Le président a également martelé l'importance d'être présent pour les Français confinés, mais aussi que l'heure n'était pas venue de relâcher la pression du confinement. "Il y a énormément d'incertitudes, c'est un virus que l'on comprend et connaît très mal, il faut donc mettre des repères et avoir du bon sens, comme vous en avez eu sur le terrain" a indiqué Emmanuel Macron aux salariés. "Il faut rassurer les plus inquiets, les plus fragiles."

Un après 11 mai "lent" et "peut-être différencié"

Quant à l'après 11 mai, le président l'a décrit comme "une deuxième étape, dont on ne sait pas combien de temps elle va durer, qui sera progressive, concertée, parfois lente, peut-être différenciée selon les secteurs d'activité ou selon les régions plus ou moins impactées". Il a également invité à la prudence pour ne pas "faire deux pas en arrière" : "C'est un effort inédit que l'on a demandé à la Nation, il ne faut pas le remettre en cause par un retour trop précipité, ou une volonté de dire que tout cela est derrière nous."

Europe 1
Par Jean-Rémi Baudot, édité par Ugo Pascolo avec AFP