ÉDITO - Après les violences de samedi, "Emmanuel Macron n'a plus le droit à l'erreur"

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Pour l'éditorialiste d'Europe 1 Jean-Michel Aphatie, le président de la République doit réagir fermement après la journée de violences de samedi, en marge du rassemblement des "gilets jaunes" à Paris.

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"Tous les regards sont aujourd'hui tournés vers Emmanuel Macron. Le président doit, par son verbe, empêcher le renouvellement des violences qui nous ont choqués samedi, et qui peuvent déstabiliser toute une société si elles se reproduisent.

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L'objectif d'Emmanuel Macron, plus facile à définir qu'à atteindre, est de faire en sorte que les 'gilets jaunes' n'aient plus de raisons de manifester samedi prochain. C'est aussi simple que cela. Une réflexion est en cours à l'Elysée. Que va-t-il en ressortir ? On n'a pas d'informations précises à ce sujet. Ce qui est certain, c'est qu'Emmanuel Macron va s'exprimer de manière solennelle dans la semaine. Et là, il n'a pas le droit à l'erreur. Il a loupé son discours la semaine dernière, il ne peut pas le louper cette semaine.

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Autour d'Emmanuel Macron, on suggère de se séparer d'Edouard Philippe

Une question complémentaire est posée à Emmanuel Macron : est-ce que les décisions qu'il prendra – s'il en prend, car on ne sait pas grand-chose de sa réflexion – lui permettront de continuer à travailler avec Edouard Philippe ou pas ? Le Premier ministre a fixé au moins une ligne rouge : ne rien changer à la fiscalité de l'essence, dont l'augmentation est prévue le 1er janvier prochain. Si Emmanuel Macron veut continuer à travailler avec Edouard Philippe, il ne doit pas toucher à cette fiscalité, alors que les 'gilets jaunes' demandent son annulation. Autour d'Emmanuel Macron, on suggère de se séparer d'Edouard Philippe. Mais par qui le remplacer ? Ce n'est pas évident.

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Partout en France, on constate que la violence est désormais au cœur du mouvement et qu'elle est encouragée par des responsables politiques

L'objectif est d'éviter le renouvellement des violences. À ce propos, il faut revenir sur la distinction que l'on fait entre les casseurs et les 'gilets jaunes'. Ce que nous a appris la journée de samedi, c'est que cette distinction n'a aucune pertinence. Les 'gilets jaunes' ont été aux côtés des casseurs dans la journée de samedi à paris, et on voit le résultat. En province, où il n'y avait pas de casseurs, des 'gilets jaunes' sont devenus casseurs. Les dégâts sont considérables à Toulouse, à Bordeaux, au Puy-en-Velay, à Avignon… Partout en France, on constate que la violence est désormais au cœur du mouvement et qu'elle est encouragée – parce que justifiée – par des responsables politiques comme Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Ségolène Royal, Laurent Wauquiez. C'est évidemment inadmissible.

Dans ce contexte, c'est avec une complaisance inouïe, jamais observée, que les représentants des 'gilets jaunes' appellent encore aux manifestations samedi. Et s'il y en a, il y aura des violences. C'est une irresponsabilité totale qui est en train de s'installer. C'est une complaisance coupable. On ne doit jamais dans une démocratie être complaisant avec la violence."