Coronavirus : pourquoi le débat sur l'État d'urgence sanitaire à l'Assemblée s'annonce tendu

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Les députés déplorent un manque de concertation de la part du gouvernement. 1:31
Les députés déplorent un manque de concertation de la part du gouvernement. © AFP
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Les députés doivent examiner ce week-end le projet de loi prolongeant l'État d'urgence sanitaire jusqu'au 16 février 2021. Pour l'opposition, ce vote sera l'occasion de dénoncer le manque de concertation de la part de l'exécutif sur la gestion de la crise du coronavirus. 

Face au rebond de l'épidémie de coronavirus, l'exécutif a adopté en Conseil des ministres un projet de loi pour prolonger l'État d'urgence sanitaire jusqu'au 16 février 2021 inclus. Cette prolongation nécessite désormais un vote au parlement, et les députés doivent se pencher dessus ce week-end. Mais l'opposition, qui reproche un manque de concertation de la part du gouvernement sur la gestion de la crise, compte bien exprimer son mécontentement. 

Les députés vont enfin pouvoir donner leur avis, alors qu'ils découvrent bien souvent les décisions du gouvernement en même temps que tous les Français, ce que déplore la socialiste George Pau-Langevin. "On devrait avoir quand même la primauté des annonces qui sont faites. On nous demande de venir entériner en définitive ce qui a été dit à la télé. C'est une manière de fonctionner qui est quand même assez originale en matière de démocratie", s'agace-t-elle au micro d'Europe 1. 

"Le gouvernement donne le sentiment de vouloir le plus possible se passer du Parlement"

Autre "originalité" qui interroge certains députés : la durée de l'État d'urgence sanitaire : six mois en réalité, souligne Le LR Philippe Gosselin. "Même s'il y a la date du 16 février, c'est le 1er avril que l'État d'urgence complet est censé se terminer. Le gouvernement donne le sentiment de vouloir le plus possible se passer du Parlement", estime-t-il. 

Et pas question de donner un blanc-seing à l'exécutif pour la députée insoumise Danièle Obono, car le texte permet aussi au gouvernement de légiférer par ordonnances dans plusieurs domaines. "On nous demande de signer l'autorisation de tout un tas d'ordonnances qui ne sont pas liées directement à la question purement sanitaire", explique l'élue. "Au-delà du mépris que ça exprime un peu pour le Parlement, on a un texte qui signifie pendant six mois des pouvoirs exorbitants à l'exécutif."Il ne devrait donc pas y avoir beaucoup de vote favorable dans l'opposition, mais la majorité n'en a pas besoin pour faire adopter le texte.

Europe 1
Par Claudia Bertram, édité par Antoine Terrel