Emmanuel Macron au Kremlin-Bicêtre : ce que la communication de l'Élysée n'a pas montré

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Emmanuel Macron s'est rendu jeudi au CHU Bicêtre. 1:26
Emmanuel Macron s'est rendu jeudi au CHU Bicêtre. © Capture d'écran Twitter/Elysée
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Emmanuel Macron s'est rendu jeudi au CHU Bicêtre du Kremlin-Bicêtre, pour rendre visite aux personnels hospitaliers mobilisés contre le coronavirus. Lors de cette visite, le président de la République a dû répondre aux critiques des soignants sur sa politique. Une séquence que l'Elysée s'est bien gardé de diffuser. 

Effectuée en l'absence de journalistes, la visite d'Emmanuel Macron, jeudi, au CHU Bicêtre du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), s'est déroulée dans une ambiance apaisée, à en croire les rares images diffusées par la présidence. Publiée sur le compte twitter de l'Elysée, une vidéo montre ainsi le président de la République applaudissant, en leur compagnie, les personnels soignants de l'établissement, mobilisés dans la lutte contre le coronavirus. Mais cet extrait ne rend compte que partiellement de l'accueil reçu par Emmanuel Macron, qui a aussi du répondre aux critiques des salariés. 

Car sur d'autres vidéos envoyées à Europe 1 par les soignants, dans les minutes précédant ces applaudissements, Emmanuel Macron a été sommé de s'expliquer sur sa politique. "Je veux bien qu’on me fasse beaucoup de reproches, le président de la République, cela sert à ça aussi", répond-il d'ailleurs. Emmanuel Macron explique par là qu’il n’a pas attendu les grèves et la crise pour stopper la baisse des tarifs hospitaliers et engage un dialogue avec les personnels. 

Des critiques sur le manque de moyens

"Vous savez, ces métiers-là, on les fait par vocation", explique une soignante, "on le fait parce qu’on aime les gens. On est à l'hôpital public". "Vous savez, je suis le seul de ma famille qui n’est pas soignant, madame", répond alors Emmanuel Macron.

"Les soignants, on est des pauvres, et demain, on peut se retrouver dans les lits nous aussi", explique encore la soignante, "et ce qu’on aimerait bien avoir pour nous, on aimerait pouvoir le faire pour autrui. Et avec des manques d’effectifs, avec des manques de personnels, on n’y arrive pas."

Si le ton des échanges reste cordial, les critiques, elles, sont acerbes, notamment sur le manque de moyens et de reconnaissance. Les extraits s’arrêtent sur les fameux applaudissements et sur le président qui affirme qu’il faudra tirer collectivement les leçons de cette crise. Mais on notera que l’Elysée, dans sa communication, a évidemment écarté ces dialogues. Et les soignants qui ont envoyé à Europe 1 ces vidéos l'ont bien précisé : ce n'est pas Emmanuel Macron qu'il applaudissaient, mais les héros du quotidien. 

Europe 1
Par Jean-Rémi Baudot avec Eve Roger, édité par Antoine Terrel