Convention climat : Macron appelle à l'action, les ONG sur la réserve

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Le chef de l’État s’est de nouveau dit prêt à organiser un référendum sur certaines des propositions qui lui ont été soumises. © CHRISTIAN HARTMANN / POOL / AFP
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Emmanuel Macron a annoncé, lundi, retenir 146 des 149 propositions soumises par la Convention citoyenne pour le climat, dont la plupart feront l'objet d'un "projet de loi spécifique" en septembre. Le président a également annoncé 15 milliards d'euros supplémentaires pour la conversion écologique. Les ONG, elles, attendent que le chef de l'État passe des promesses aux actes.
DÉCRYPTAGE

Emmanuel Macron s’exprimait lundi devant les 150 citoyens tirés au sort pour constituer la Convention citoyenne sur le climat. "Le temps est venu d’agir", a-t-il dit. Sur les 149 propositions soumises par la Convention, le chef de l’État a décidé d’en retenir 146.

15 milliards d'euros sur deux ans

Agir, pour Emmanuel Macron, c’est avant tout "remettre l’ambition écologique au cœur de notre modèle productif". Ainsi, parmi les 146 mesures retenues, nous retrouvons un moratoire sur les nouvelles zones commerciales, la rénovation thermique des bâtiments, ou encore les investissements dans les transports propres. Autre proposition, non citée par le président, mais dont il semble avoir accepté l’idée : interdire la publicité pour les produits les plus polluants.

Pour passer du projet à sa concrétisation, Emmanuel Macron a annoncé un budget de 15 milliards d’euros supplémentaires sur deux ans, injectés pour la transition écologique. De l’argent qui servira, précise-t-il, à la conversion écologique, à la rénovation des bâtiments et "à inventer les industries de demain".

"Il faut faire maturer ce débat dans la société"

146 sur 149, cela laisse trois propositions de côté. Celles qu’il a lui-même appelé ses "trois jokers". Parmi ces mesures retoquées par le chef de l’État, la proposition de réécrire le préambule de la Constitution en plaçant l’environnement au-dessus des valeurs fondamentales de la Républiques ; la taxe de 4% sur les dividendes qui, selon lui, freinerait les investissements étrangers ; et la limitation à 110 km/h sur l’autoroute, laquelle proposition avait déjà été massivement critiquée.

"Si on fait ça, nos concitoyens qui sont dans les territoires les plus enclavés, et qui mettent parfois 45 minutes/1 heure en utilisant les grands axes pour aller travailler, vont se dire ‘ce projet est un projet où il n’y a pas de place pour moi, je n’existe pas’", a  expliqué Emmanuel Macron. "Il faut faire maturer ce débat dans la société, mais ne donnons jamais à certains de nos concitoyens le sentiment qu’on les met à l’écart".

"Ça fait déjà plusieurs fois qu’il nous parle d’un virage vert"

Le chef de l’État s’est de nouveau dit prêt à organiser un référendum sur certaines des propositions qui lui ont été soumises, sans pour autant préciser quels points seront proposés au vote des Français.

Dans un premier temps, les 146 mesures retenues seront transmises au gouvernement ou au Parlement. Certaines seront intégrées au plan de relance présenté "à la fin de l’été", mais pour la plupart, elles devraient davantage faire l’objet d’un "projet de loi spécifique" en septembre prochain.

Moins de 24 heures avant les résultats des élections municipales, lesquelles ont marqué une véritable percée verte, le chef de l’État veut faire de cette Convention climat, la base de son virage écologiste. D’où l’enjeu pour Emmanuel Macron de faire en sorte que ces mesures soient rapidement votées, appliquées, et assimilées par les Français.

Du côté des associations de défense de l'environnement, la tendance est à l'observation. "Tant qu’on n’a pas un texte de loi voté, on ne donnera pas crédit à Emmanuel Macron d’un quelconque tournant écolo", réagit Clément Sénéchal, porte-parole de Greenpeace, au micro d'Europe 1. "Ça fait déjà plusieurs fois qu’il nous parle d’un virage vert : il avait fait les États généraux de l’alimentation, le grand débat, l’acte II du quinquennat… On a voté une loi énergétique, et là ça fait un an qu’aucune réforme climatique n’a été adopté par sa majorité".

Europe 1
Par Jean-Rémi Baudot, édité par Pauline Rouquette