Les autoroutes à 110 km/h "ne suscitaient pas l'adhésion des Français", selon Brune Poirson

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Brune Poirson était l'invité d'Europe 1 lundi. 3:01
Brune Poirson était l'invité d'Europe 1 lundi. © Europe 1.
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Emmanuel Macron a annoncé lundi devant les 150 membres de la Convention citoyenne pour le climat, qu'il retiendrait 146 de leurs 149 propositions. Brune Poirson, secrétaire d'État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire, explique lundi sur Europe 1 pourquoi la limitation à 110/h sur les autoroutes a, elle, été écartée. 
INTERVIEW

Emmanuel Macron et Édouard Philippe ont reçu ensemble les 150 membres de la Convention citoyenne pour le climat dans les jardins de l'Élysée, lundi. Le président de la République a annoncé qu'il comptait transmettre au gouvernement, au Parlement, ou bien soumettre à référendum "la totalité des propositions" de la Convention, "à l'exception de trois d'entre elles", soit 146 sur 149.

Parmi les mesures écartées, la limitation à 110/h sur les autoroutes. "Cette mesure ne suscitait visiblement pas l'adhésion des Français", justifie Brune Poirson, secrétaire d'État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire, invitée d'Europe 1 lundi. 

Macron "reporte" le débat

Le président de la République a ainsi décidé de "reporter le débat" sur les 110 km/h pour éviter qu'elle ne "s'abîme dans une polémique" et connaisse le "même sort" que la mesure des 80 km/h, a-t-il expliqué lundi. "Si on fait ça, nos concitoyens qui sont dans les territoires les plus enclavés qui parfois mettent tous les jours 45 minutes ou une heure en utilisant les grands axes pour aller travailler, dont la vie s'organise par ses transports, ils vont dire : 'OK, leur projet c'est un projet urbain, il n'y a pas de place pour moi'", a ajouté le président.

Selon Brune Poirson, une mesure aussi polémique que celle-ci aurait détourné l'attention des Français. "Vous travaillez pendant des mois, des années, sur un ensemble de mesures, et tout peut s'effondrer comme château de carte car une seule mesure retient toute l'attention", regrette-elle. 

La taxe de 4% sur les dividendes aussi écartée

Autre mesure écartée par Emmanuel Macron : la taxe de 4% sur les dividendes, qui risquerait selon le chef de l'État de "décourager l'investissement". "Pour assurer la transition écologique, il faut des investissements massifs, d'argent public et privé. Si on veut mobiliser cet argent, il faut pouvoir ne pas effrayer les investisseurs. Avec une écologie punitive, on risque de les détourner de la France", affirme Brune Poirson. Les 146 mesures retenues seront quant à elles étudiées puis proposées "sans filtre", dans "les semaines à venir". 

Europe 1
Par Laetitia Drevet