Castex Macron Droite LR 1:23
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Jean-Gabriel Bourgeois, édité par , modifié à
Jean Castex va prononcer sa déclaration de politique générale, mercredi, à 15 heures. À l'Assemblée nationale, les députés Les Républicains seront partagés face à un Premier ministre issu de leurs rangs, alors que des personnalités de droite occupent des postes-clés dans le nouveau gouvernement.
DÉCRYPTAGE

C'est son baptême du feu : Jean Castex va prononcer à 15 heures, mercredi après-midi, la déclaration de politique générale de son gouvernement. Le nouveau Premier ministre aura face à lui les membres de la majorité présidentielle, qui devraient lui accorder leur confiance, même si le groupe La République en marche n’a plus la majorité absolue. Mais, plus intéressant encore, il retrouvera les parlementaires de droite, camp dont il est issu et auquel il a appartenu jusqu'au début du mois. Comment la droite va-t-elle réagir face à lui, un ancien allié ?

"Le vrai patron, c'est Macron"

Avant même ce discours très attendu, Les Républicains n'hésitent pas à minimiser l'importance de ce Premier ministre à la réputation beaucoup plus technocratique qu'Emmanuel Macron. "La vraie déclaration de politique générale, c’était hier (mardi), à l’Elysée". Pour ce député de droite interrogé par Europe 1, Jean Castex n’a pas de marge de manœuvre face au chef de l'État, qui s'est longuement exprimé à la télévision pour le 14-Juillet, mardi. "Le vrai patron, c’est Macron", lâche un autre élu.

Mais depuis sa nomination, le Premier ministre multiplie les déplacements sur des thématiques chères aux Républicains, notamment sur l'autorité de l'État. Il a également insisté sur la laïcité, alors que de nombreux parlementaires LR font de cette question un élément central de la base programmatique du parti en vue des prochaines échéances électorales. "Les mois qui viennent vont être difficiles", admet un cadre. Mais "on a encore toute notre place", tente de se rassurer un ténor du parti, qui prédit à Jean Castex "les mêmes conflits sociaux qu’avec Édouard Philippe."

Le vote de confiance, un "indicateur"

Faut-il voir dans la nomination de Jean Castex un signe de plus de la bonne santé idéologique des Républicains, avec plusieurs personnalités de droite aux postes-clés du gouvernement ? "Ce n’est pas en 600 jours que les choses vont changer à bord du Titanic LREM, nous on tient bon notre cap", veut en tout cas croire un autre député.

Pour l'heure, aucun poids lourd de LR n’a cédé aux sirènes du gouvernement. Mais d’après un élu, le vote de confiance sera un "indicateur", avant la nomination des secrétaires d'État. Dans les rangs de la droite, certains espèrent toujours obtenir un portefeuille au sein d'un gouvernement qui ne leur est finalement pas si hostile.