Visite surprise de Javad Zarif au G7 : "Un pari audacieux" d'Emmanuel Macron, mais qui "n'a pas apporté grand-chose"

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Interrogé par Matthieu Belliard, l'analyste Ardavan Amir-Aslani, spécialiste du Moyen Orient ne croit pas que la venue du ministre iranien des Affaires étrangères au G7 puisse suffire a relancer un dialogue apaisé entre Téhéran et Washington.
INTERVIEW

Le G7 a été marqué par un coup de théâtre dimanche, avec l'arrivée inattendue du ministre iranien des Affaires étrangères, Javad Zarif, alors que l'accord international sur le nucléaire iranien se voit mis à mal par le retrait des Etats-Unis. Ce responsable a rencontré Emmanuel Macron ainsi que son homologue français, Jean-Yves Le Drian, mais aussi des représentants de l'Allemagne et de la Grande-Bretagne. Mais pour Ardavan Amir-Aslani, analyste des enjeux géostratégiques, politiques, économiques et religieux du Moyen-Orient, cette visite a peu de chances de faire bouger les lignes.

"Javad Zarif avait déjà rencontré Jean-Yves Le Drian vendredi à Paris, y compris le président Macron. Se déplacer à Biarritz pour voir les mêmes, une nouvelle fois, n'a pas apporté grand-chose", relève ce spécialiste au micro de Matthieu Belliard, dans la matinale d'Europe 1.

"Lorsque l'on regarde la composition du G7, on constate que l'ensemble des pays en question a déjà des relations avec l'Iran. Les seuls qui n'en ont pas, et qui sont au centre des enjeux géostratégiques, ce sont les Etats-Unis. Mais il n'y a eu aucune rencontre entre Javad Zarif et les Américains", constate-t-il.

Le silence de Donald Trump

Pour Ardavan Amir-Aslani, Emmanuel Macron a tenté un coup de poker vis-à-vis de Donald Trump. "Il s'agissait là d'un pari audacieux de la part du président français, qui en faisant venir Javad Zarif voulait créer un déclic du côté des Américains, et une rencontre." Peine perdue, même si le laconisme de Donald Trump à l'égard de cette visite peut être interprété comme un premier pas vers une détente des rapports entre Washington et Téhéran.

Interrogé sur cette venue, le locataire de la Maison Blanche s'est en effet contenté d'un simple "no comment". "Donald Trump n'a rien tweeté de vulgaire contre le président français, et n'a pas quitté la réunion du G7, c'est un début de réussite", souligne Ardavan Amir-Aslani.

De son côté, Emmanuel Macron doit clore lundi soir la longue séquence diplomatique du G7 par une intervention dans le journal de 20h de France 2. Le chef de l'Etat a promis de rendre des comptes aux Français sur l'utilité concrète d'un tel sommet.

Europe 1
Par Romain David