Présidentielle américaine : quels sont les enjeux du premier débat Trump-Biden ?

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Le débat entre Joe Biden et Donald Trump ce mardi soir à toutes les chances de virer à la passe d'armes. © JIM WATSON, BRENDAN SMIALOWSKI / AFP
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À 35 jours du scrutin de la présidentielle américaine, Donald Trump et son rival démocrate Joe Biden vont débattre ce mardi soir pendant 90 minutes. Une passe d'armes importante puisqu'elle est potentiellement suivie par quelque 120 millions de téléspectateurs à travers tout le pays.
DÉCRYPTAGE

Après des mois d'invectives, l'heure du face-à-face a sonné. Sur fond de crise sanitaire, Donald Trump et son rival Joe Biden vont s'affronter pour la première fois ce mardi soir (3h du matin heure française) dans un débat télévisé de 90 minutes sans publicité. Un moment important pour les deux candidats à la Maison-Blanche, puisque cette joute verbale sera suivie par potentiellement 120 millions de téléspectateurs à travers tout le pays. 

Un débat à distance avec un public réduit

Dans le bâtiment de la Cleveland Clinic de l'Ohio transformé en bunker pour l'occasion, le président sortant et l'ancien vice-président ne se serreront pas la main - coronavirus oblige - et auront leur pupitre à bonne distance devant un public très clairsemé. Mais cela ne va certainement pas les empêcher de s'empoigner au moins verbalement sur la gestion nationale du coronavirus, l'effondrement de l'économie américaine, la nomination des juges à la Cour Suprême dans le sillon de la mort de Ruth Bader Ginsburg, les tensions raciales dans le pays, ou encore le bilan présidentiel.  

De nombreux sujets de tension

La tension est telle entre les deux hommes que ce sont désormais les règles de l'élection qui ne font plus consensus, à l'instar du vote par correspondance que Donald Trump ne juge pas fiable. 

Un point sur lequel les deux hommes risquent de passer au moins quelques minutes, car il s'agit là d'un enjeu démocratique fondamental alors que selon un sondage USA Today/Suffolk, 56% des Républicains affirment qu'ils voteront en personne le 3 novembre, contre 26% dans le camp démocrate.

Un Donald Trump agressif...

Pour mener à bien ce qui s'annonce comme un débat rugueux, chaque prétendant au bureau ovale à une stratégie bien définie. En retard depuis des mois dans les sondages, Donald Trump risque d'être dans une position agressive pour prouver ce qu'il répète en boucle : son adversaire est sénile et grabataire. Le président a même assuré que Joe Biden avait une santé mentale défaillante et qu'il n'a pas les moyens de tenir cette passe d'armes. Au point de réclamer un test anti-dopage contre son rival. Une stratégie qui n'a rien de nouveau, puisqu'elle avait déjà été utilisée par ce même Donald Trump face à Hillary Clinton, lors de la précédente élection. 

Reste que l'idée d'un Joe Biden tellement faible qu'il en est obligé de se doper s'est répandue comme une traînée de poudre au sein des soutiens du président sortant, qui s'attendent à ce que l'ancien bras droit de Barack Obama jette l'éponge avant même d'être monté sur le ring. "Je pense qu'il n'a pas toute sa tête et qu'il n'est pas en capacité d'être président", confirme au micro d'Europe 1 Jennifer, soutien du milliardaire. "Je suis persuadée que Biden ne va pas venir et qu'il va se servir du Covid comme d'une excuse, ou un truc comme ça. Je ne pense pas que son camp veut le voir débattre, parce qu'à chaque fois qu'il parle, c'est mauvais."

...et un Joe Biden qui doit être une force tranquille

De son côté, Joe Biden sait qu'il doit donc s'exprimer clairement lors de ce débat pour déjà remporter une partie de ce match. Il doit également se montrer aux élections, alors qu'on le critique pour sa discrétion dans la campagne. Mais ce qui inquiète ses conseillers, c'est sa propension aux gaffes et sa capacité à s'énerver rapidement. Deux défauts que Donald Trump a très bien identifiés. "J'ai un peu peur avec Biden que quelque chose cloche sur scène", confie Alexander, un démocrate. "Mais à part cela, je pense que le débat ne sera pas important, les gens sont déjà décidés."

Effectivement, d'après un sondage, seulement 3% des électeurs affirment que ce débat va peser sur leur choix au moment de glisser le bulletin dans l'urne, dans 35 jours.

Europe 1
Par Xavier Yvon (depuis Cleveland) et Didier François, édité par Ugo Pascolo avec AFP