Le narcotrafiquant mexicain jugé coupable par un jury new-yorkais

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Ce verdict devrait valoir la perpétuité à "El Chapo", 61 ans. © AFP
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Au sixième jour de délibérations, les jurés new-yorkais ont déclaré mardi "El Chapo" coupable de toutes les accusations qui pesaient contre lui. Le narcotrafiquant mexicain risque la perpétuité.

Le narcotrafiquant mexicain Joaquin Guzman alias "El Chapo" a été déclaré coupable mardi de toutes les accusations contre lui par un jury américain, après trois mois de procès qui ont documenté l'extrême violence et la corruption des cartels.

Un verdict qui devrait lui valoir la perpétuité. Ce verdict, annoncé au sixième jour de délibérations par les douze jurés du tribunal fédéral de Brooklyn, devrait valoir, aux termes de la loi américaine, la perpétuité à "El Chapo", 61 ans, figure de légende des cartels mexicains. Le Mexicain avait été extradé aux États-Unis en janvier 2017 après deux évasions spectaculaires au Mexique. Il n'a pas témoigné lors de son procès.

56 témoins à la barre. Les enquêteurs américains ont fait défiler à la barre 56 témoins, dont de nombreux ex-associés ou employés d'El Chapo, qui l'ont tous accusé d'avoir co-dirigé le puissant cartel de Sinaloa, né dans les montagnes à l'ouest du Mexique. Plusieurs, désormais emprisonnés aux États-Unis ou sous la protection des autorités américaines, ont décrit avec force détails l'organisation du cartel et le rôle central joué par El Chapo : tant pour organiser l'exportation de plus de 155 tonnes de cocaïne venue de Colombie vers les États-Unis, que les violences commises pour neutraliser les cartels rivaux ou encore la corruption systématique de la police, des militaires et de représentants du gouvernement mexicain pour qu'ils ferment les yeux.

La défense dénonçait une "mascarade". Les avocats de la défense avaient eux dénoncé une "mascarade" de procès, assurant qu'El Chapo n'était qu'un bouc émissaire du gouvernement mexicain, corrompu au plus haut niveau, et que les ex-narcotrafiquants ayant témoigné contre lui n'étaient que des "ordures" prêts à tous les mensonges pour réduire leur peine. Ils avaient assuré qu'Ismael "El Mayo" Zambada, co-dirigeant du cartel toujours en fuite, était le vrai patron du cartel et "la pièce manquante du procès". La défense n'avait cité, très brièvement, qu'un seul témoin.