La condamnation de Julian Assange pour violation de sa liberté provisoire est "disproportionnée", selon des experts de l'ONU

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Julian Assange a été délogé de l'ambassade équatorienne par la police britannique le 11 avril.
Julian Assange a été délogé de l'ambassade équatorienne par la police britannique le 11 avril. © AFP
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Le Groupe de travail de l'ONU sur la détention arbitraire a estimé vendredi que "ce traitement semble aller à l'encontre des principes de nécessité et de proportionnalité prévus par les normes relatives aux droits humains". 

La condamnation de Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, à 50 semaines de prison pour violation de ses conditions de liberté provisoire par un tribunal britannique, est "disproportionnée", a estimé vendredi le Groupe de travail de l'ONU sur la détention arbitraire.

Dans un communiqué, le groupe d'experts indépendants, qui sont mandatés par le Conseil des droits de l'Homme mais ne s'expriment pas au nom des Nations unies, se dit "profondément préoccupé" par la décision de la justice britannique, estimant qu'il s'agit d'une "peine disproportionnée" qui a été "imposée à Julian Assange".

Délogé de l'ambassade équatorienne le 11 avril. En 2012, l'Australien de 47 ans, qui faisait l'objet de poursuites en Suède pour viol - affaires depuis classées - s'était réfugié dans l'ambassade d'Équateur à Londres pour éviter d'être extradé vers la Suède et vers les États-Unis, en raison de la publication de documents secrets américains par WikiLeaks. Après sept ans passés entre les quatre murs de l'ambassade équatorienne, Julian Assange en a été délogé par la police britannique le 11 avril, avec l'autorisation de Quito. Il a été condamné à 50 semaines de prison pour violation de ses conditions de liberté provisoire par le tribunal londonien de Southwark.

Un traitement arbitraire ? Les experts font valoir qu'il s'agit là d'une "violation mineure" pour laquelle il s'est vu infliger quasiment la peine maximale de douze mois de prison. Ils expliquent également que Julian Assange ne fait actuellement pas l'objet de poursuites en Suède, car le "procureur n'a pas porté plainte contre Julian Assange en 2017" et "a mis fin à l'enquête". Le Groupe de travail se dit en outre "préoccupé par le fait que Julian Assange est détenu depuis le 11 avril 2019 à la prison de Belmarsh, une prison de haute sécurité, comme s'il avait été condamné pour une infraction pénale grave". "Ce traitement semble aller à l'encontre des principes de nécessité et de proportionnalité prévus par les normes relatives aux droits humains", indique-t-il.

En 2015, ce même groupe de travail de l'ONU avait publié un premier avis en faveur de Julian Assange, estimant qu'il était "détenu arbitrairement par les gouvernements suédois et britannique". "Le Groupe de travail regrette que le gouvernement (britannique) ne se soit pas conformé à son avis et qu'il ait maintenant encouragé la privation arbitraire de liberté de Julian Assange", a-t-il conclu.

Il risque cinq ans de prison aux États-Unis. Le fondateur de WikiLeaks a toujours affirmé s'être soustrait à la justice britannique par crainte non pas d'être extradé vers la Suède, mais de finir aux États-Unis, qui l'accusent de "piratage informatique". Jeudi, Julian Assange a refusé d'être extradé vers les États-Unis où, selon le représentant de la justice américaine, il risque une peine maximale de cinq ans de prison.