Guerre en Ukraine : ce qu'il faut retenir au 254e jour de l'invasion russe

Près de 4,5 millions de personnes en Ukraine étaient privées d'électricité dans la nuit de jeudi à vendredi en raison de frappes russes (Illustration)
Près de 4,5 millions de personnes en Ukraine étaient privées d'électricité dans la nuit de jeudi à vendredi en raison de frappes russes (Illustration) © ANDRE LUIS ALVES / ANADOLU AGENCY / ANADOLU AGENCY VIA AFP
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avec AFP , modifié à
Au 254e jour de la guerre en Ukraine, le président Volodymyr Zelensky dénonce une "terreur énergétique" suite à une coupure d'électricité qui a touché près de 4,5 millions de personnes dans le pays. Les Russes "ne peuvent pas vaincre l'Ukraine sur le champ de bataille, c'est pourquoi ils essaient de briser notre peuple" en se livrant à la "terreur énergétique", a-t-il poursuivi.
L'ESSENTIEL

Près de 4,5 millions de personnes en Ukraine étaient privées d'électricité dans la nuit de jeudi à vendredi en raison de frappes russes contre les infrastructures du pays, le président Volodymyr Zelensky dénonce une "terreur énergétique". "Rien que ce soir, environ 4,5 millions de consommateurs ont été temporairement déconnectés" à Kiev et dans dix autres régions à travers le pays, a souligné Volodymyr Zelensky dans son adresse du soir.

Les Russes "ne peuvent pas vaincre l'Ukraine sur le champ de bataille, c'est pourquoi ils essaient de briser notre peuple" en se livrant à la "terreur énergétique", a-t-il accusé. De son côté, l'Agence internationale de l'Energie atomique (AIEA) a annoncé n'avoir décelé "aucun signe d'activités nucléaires non déclarées" dans trois lieux inspectés à la demande de Kiev.

Ces conclusions sont des "preuves claires et irréfutables" de l'absence de tout préparatif en vue de la fabrication d'une "bombe sale" en Ukraine, accusée par Moscou d'en fabriquer une, a réagi Volodymyr Zelensky. L'Ukraine a en outre "fermement" condamné les "déplacements de masse forcés" par les militaires russes d'habitants de la région méridionale de Kherson.

Ils se déroulent aussi dans les environs de Zaporijjia et en Crimée, également dans le sud, ainsi que dans l'est (provinces de Lougansk et de Donetsk) et sont accompagnés de "pillages par les occupants", a dénoncé le ministère ukrainien des Affaires étrangères.

Ukraine : les autorités russes d'occupation annoncent un "couvre-feu 24H/24"

Les autorités russes d'occupation ont annoncé vendredi un "couvre-feu 24H/24" dans la ville de Kherson, dans le sud de l'Ukraine, d'où les Russes ont déjà déplacé des milliers de civils, anticipant une offensive importante des forces ukrainiennes. "Un couvre-feu a été décrété dans la ville de Kherson, qui durera 24H/24, afin que nous puissions défendre notre ville", a déclaré dans une vidéo sur Telegram le responsable adjoint de l'autorité d'occupation russe à Kherson, Kirill Stremooussov, sans donner plus de précisions sur les modalités de ce couvre-feu mais en appelant le maximum d'habitants à fuir la ville.

Ukraine : le G7 créé un "mécanisme de coordination" pour réparer les infrastructures

Le groupe du G7 a convenu vendredi de mettre en place "un mécanisme de coordination" afin d'aider l'Ukraine à réparer et défendre ses infrastructures indispensables d'électricité et d'approvisionnement en eau pilonnées ces dernières semaines par la Russie.

Face à l'intensification des frappes russes sur les équipements civils à l'approche de l'hiver, ce mécanisme doit permettre une coordination de l'aide concrète des pays pour réparer les installations et livrer "pompes à eau, appareils de chauffage, conteneurs d'habitation et sanitaires, lits, couvertures, tentes", avait expliqué la veille la cheffe de la Diplomatie allemande Annalena Baerbock, dont le pays assure la présidence du G7.

"Nous réitérons notre engagement inébranlable à continuer de fournir le soutien financier, humanitaire, politique, technique et de défense dont l'Ukraine a besoin pour soulager la souffrance de sa population et défendre sa souveraineté et intégrité territoriale dans ses frontières reconnues au niveau international", ont affirmé les ministres des Affaires étrangères du groupe, réunis à Münster dans l'ouest de l'Allemagne.

Dans leur communiqué final, ils ont également dénoncé la "rhétorique nucléaire innacceptable de la Russie". "Toute utilisation d'armes chimique, biologique ou nucléaire par la Russie entrîineront des conséquences sévères", ont-ils mis en garde.

426 bateaux

Les exportations de céréales à partir des ports ukrainiens ont repris jeudi, après le retour de la Russie dans l'accord sur un couloir humanitaire. A la mi-journée, "sept cargos transportant un total de 290.102 tonnes de céréales et de produits agricoles" transitaient par le couloir humanitaire "en vertu de l'Initiative pour les céréales ukrainiennes en mer Noire", a confirmé la délégation de l'ONU au Centre de coordination conjointe (JCC) à Istanbul, chargé de superviser son application.

Les exportations alimentaires ukrainiennes ont atteint jeudi dix millions de tonnes grâce à cet accord international, s'est réjoui le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, appelant à reconduire cette Initiative qui "réduit les risques de faim" dans le monde.

La Russie a repris mercredi sa participation à cet accord, signé en juillet sous l'égide des Nations unies et de la Turquie, sur les exportations de céréales et d'autres produits agricoles, estimant avoir reçu des garanties de Kiev sur la démilitarisation du couloir humanitaire en mer Noire.

Selon le ministère turc de la Défense, 426 bateaux ont déjà suivi ce trajet sécurisé depuis le 1er août. Les Etats-Unis se sont félicités, comme l'ONU, de ce dénouement, mais ont souligné que l'accord céréalier devait maintenant être prolongé au-delà de la date-limite prévue du 19 novembre.

"Avant de décider de continuer, il sera nécessaire de procéder à une évaluation", a toutefois prévenu le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Une haute responsable des Nations unies impliquée dans les négociations, Rebeca Grynspan, a quant à elle dit son "espoir" que l'accord soit prorogé.

D'autant que les négociations sur un autre sujet épineux, le déblocage des exportations d'engrais russes, ont fait, selon elle, d'"importants pas en avant", même s'il "reste encore du chemin à faire". Une avancée sur ce plan pourrait sans doute faciliter les choses.

Moscou avait suspendu samedi sa participation à l'accord céréalier après une attaque effectuée avec des drones marins contre sa flotte basée dans la rade de Sébastopol, en Crimée annexée. L'armée russe a accusé l'Ukraine d'avoir réalisé cette opération, dans laquelle au moins un bâtiment militaire russe a été touché, avec l'aide d'"experts britanniques" et en utilisant le couloir maritime réservé aux exportations de céréales.

La Russie a d'ailleurs convoqué jeudi l'ambassadrice britannique à Moscou afin de lui signifier que de "telles actions hostiles par le Royaume-Uni risquent de mener à une escalade de la situation qui pourrait avoir des conséquences imprévisibles et dangereuses", tandis que Londres nie toute implication.

Appareils de chauffage, tentes 

Le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg a de son côté qualifié d'"inacceptables" la fourniture de drones et celle éventuelle de missiles balistiques par l'Iran à la Russie pour sa guerre contre l'Ukraine. Les Ukrainiens et les Occidentaux accusent Téhéran de d'ores et déjà livrer des drones de combat à Moscou, ce que ces deux capitales réfutent.

Les pays du G7, réunis à Münster en Allemagne, ont quant à eux dénoncé les "méthodes perfides" de la Russie dans sa façon de faire la guerre en essayant d'"affamer, d'assoiffer ou de faire geler les gens en attaquant des infrastructures civiles".

Face à l'intensification des frappes russes sur les équipements civils, les sept pays industrialisés de ce groupe vont coordonner leur aide pour livrer "pompes à eau, appareils de chauffage, conteneurs d'habitation et sanitaires, lits, couvertures, tentes", a annoncé la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock.