États-Unis : ce que prévoit le programme de Joe Biden

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Joe Biden est officiellement le 46ème président des États-Unis.
Joe Biden est officiellement le 46ème président des États-Unis. © AFP
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Suite à l'élection présidentielle qui s'est tenue dans la nuit du mardi 3 au mercredi 4 novembre, Joe Biden a été élu 46ème président des États-Unis. Retour sur le programme du démocrate, qui prend la suite du républicain, Donald Trump, avec lequel il entend rompre sur de nombreux points.
DÉCRYPTAGE

C’est officiel, Joe Biden est le 46ème président des États-Unis. Les Américains ont fait leur choix dans la nuit de mardi à mercredi, et les résultats ont été dévoilés au terme d’une nuit pleine de rebondissements. Joseph dit Joe Biden doit maintenant tenter de "reconstruite en mieux les États-Unis", comme il se plaît à le dire, après les quatre années de mandats de Donald Trump. Comment entend-il s’y prendre ? Voici un aperçu du programme du nouveau président américain en sept points. 

Economie : plus de redistribution…

Au fur et à mesure de sa campagne présidentielle, Joe Biden a orienté son programme à gauche, pour plaire à l’aile plus progressiste du parti démocrate. Pour une redistribution des richesses plus équitable, il a par exemple choisi de taxer les entreprises et les personnes disposant des plus hauts revenus. Ainsi, les Américains les plus riches devraient voir leurs revenus être taxés en moyenne à 39,6% au lieu de 37%, selon Les Échos. Cette mesure reste toutefois à nuancer : les particuliers gagnant moins de 400.000 dollars par an (soit 28.000 euros par mois environ) ne verront pas leur taux d’imposition augmenter. En outre, ce taux variera en fonction des Etats et ne prend pas en compte toutes les exceptions et autres niches fiscales.

En matière de travail, Joe Biden promet d’aider les plus précaires en élevant le montant du salaire minimum fédéral. Actuellement de 7,25 dollars pour une heure (soit 6,18 euros), il doublerait, passant à 15 dollars de l’heure (soit 12,79 euros). Là encore, il faut nuancer cette réforme, puisque certains États américains appliquent déjà un salaire minimum plus élevé que celui imposé par l’État fédéral.

… Et un protectionnisme renouvelé

Donald Trump était adepte d’un certain protectionnisme et le futur président Biden souhaite lui-aussi soutenir les entreprises américaines. Mais il promet de le faire au sein d’un "commerce international équitable".

Pas moins de 400 milliards de dollars sont tout de même prévus pour acheter des produits américains. Le label "made in america" devrait être également plus difficile à obtenir, afin d’augmenter le taux de matière première américaine dans la conception d’un produit.

La lutte contre le réchauffement climatique, priorité affichée

La question climatique est au cœur du programme de Joe Biden, en tout cas en comparaison avec celui de son climato-sceptique prédécesseur. Première mesure prévue : se réengager dans les Accords de Paris dont Donald Trump était sorti. Il se trouve que Joe Biden connaît bien ce dossier puisqu’il y a participé en tant que vice-président de Barack Obama en 2015.

Joe Biden a aussi pour ambition d’investir dans une économie plus verte. Il a d’ailleurs repris une partie du "Green New Deal" proposé par la sénatrice de New-York, qui fait partie de l’aile gauche du parti démocrate, Alexandria Occasio-Cortez. Le nouveau président promet ainsi d’investir 2.000 milliards de dollars sur quatre ans pour financer des transports électriques ou encore des bâtiments plus verts.  

Changement de cap sur les questions sociétales

Joe Biden a beaucoup compté pour son élection sur la communauté afro-américaine, à qui il réserve notamment 50 milliards de dollars pour des projets entrepreneuriaux.

D’un autre côté, le programme de Joe Biden s’adresse aussi aux jeunes Américains. Il propose ainsi de mieux financer les écoles des quartiers les plus pauvres. Il veut également rendre accessible les études supérieures en créant des cursus universitaires gratuits, plus de bourses et l’effacement de certaines dettes étudiantes moyennant des conditions financières.

Santé, le retour de l’Obamacare

La campagne des élections a été extrêmement marquée par la crise sanitaire due au Covid-19. Joe Biden s’est farouchement opposé aux politiques publiques menées par son concurrent, qui ne jurait que par une sortie de crise avec un vaccin. La crise a notamment été l’occasion de remettre sur la table l’Obamacare, créé il y a dix ans par l’administration Obama, et que Donald Trump a tout fait pour supprimer durant son mandant. Joe Biden, fidèle vice-président de Barack Obama lorsque que la mesure a été promulguée, veut étendre cette "Sécurité sociale" à tous les américains qui souhaitent souscrire à une assurance publique.

Immigration : détricoter les mesures de Trump

En ce qui concerne l’immigration, Joe Biden entend casser au fur et à mesure tout ce qui a été fait par Donald Trump. Le programme de séparation des familles à la frontière mexicaine devrait donc être aboli. Il en est de même pour l’interdiction d’entrée sur le territoire de musulmans ressortissants de certains pays listés par l’administration Trump.

De plus, le taux annuel de réfugiés autorisés à rentrer dans le pays serait fixé à 125.000 par an, un chiffre qui serait augmenté pendant son mandat.

Politique étrangère

Le président nouvellement élu se donne une mission majeure : rétablir la confiance avec les alliés des États-Unis sur la scène internationale. Une confiance qui s’est peu à peu fragmentée pendant le mandat de l’imprévisible Donald Trump. C’était l’objet d’un article intitulé Why America must lead again, signé par Joe Biden lui-même dans la revue Foreign Affairs.

"Les Etats-Unis doivent redevenir un phare de la démocratie dans le monde", écrivait-il alors. Le nouveau président souhaite améliorer la coopération économique avec les pays d’Amérique centrale et "assumer le rôle de leader" face à la Chine, tout en fixant des règles économiques transparentes. Enfin, Joe Biden devrait revenir dans les négociations abandonnées par Donald Trump sur l’accord sur le nucléaire iranien.

Europe 1
Par Manon Bernard