Covid : hôpitaux saturés, souches multiples... Pourquoi la situation du Brésil inquiète

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Les hôpitaux brésiliens sont submergés par l'épidémie de coronavirus. 2:44
Les hôpitaux brésiliens sont submergés par l'épidémie de coronavirus. © MIGUEL SCHINCARIOL / AFP
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Au Brésil, l'épidémie de coronavirus est à nouveau hors de contrôle. Alors que la barre des 4.000 morts en 24 heures a été franchie mardi, les hôpitaux sont complètement saturés, et ce alors que le président Jair Bolsonaro refuse toujours d'instaurer un confinement national pour tenter de reprendre la maîtrise de la situation.
DÉCRYPTAGE

Chaque jour, la situation sanitaire se détériore au Brésil. Alors que 340.000 personnes y sont mortes depuis le début de l'épidémie de coronavirus, les courbes s'envolent depuis plusieurs semaines, et on recense désormais 4.000 décès par jour. Et face à cette très forte circulation du virus, le gouvernement de Jair Bolsonaro est débordé, ce dernier refusant de prendre de nouvelles mesures. Europe 1 fait le point sur la situation. 

Un système de santé saturé

L'épidémie est hors de contrôle, et ce sur l’ensemble du territoire brésilien. 66.800 malades sont décédés rien qu’au mois de mars, et les projections épidémiologiques prévoient plus de 100.000 morts à la fin du mois d'avril. 

Face à ce drame sanitaire sans précédent, le système de santé du pays est plus que saturé, incapable à ce stade de faire face sans une aide extérieure massive. Le taux d’occupation des services de soins intensifs dépasse les 90% dans désormais 17 États, le Brésil en comptant 27 avec le district fédéral de Brasilia, qui est la capitale administrative, elle-même complètement submergée par la maladie. Des dizaines de malades y sont morts dans les couloirs des hôpitaux en attendant qu’un lit se libère en réanimation. À Sao Paulo, les cimetières sont ouverts jours et nuits, et l’on y creuse 600 nouvelles tombes chaque jour.

Bolsonaro refuse d'agir

Pourtant, le président Jair Bolsonaro s’entête dans sa négation du problème, et maintient sa position de départ, qui était que le coronavirus ne présentait guère plus de dangerosité qu’une "grippette". Le président se refuse toujours à imposer la moindre mesure de confinement à l’échelle nationale, et a même autorisé les rassemblements religieux sans gestes barrières pour les fêtes de Pâques, profitant de l’occasion pour appeler le Brésil à retourner au travail. 

92 nouvelles souches

Cette inaction des autorités brésiliennes commence à inquiéter au-delà des frontières du pays. Car elle met en danger les plans de lutte contre la pandémie qu’ont mis en place ses voisins d’Amérique latine, voire même tous les pays avec lesquels le Brésil continue à avoir des relations commerciales, des liaisons aériennes, etc. Les scientifiques, eux, ont déjà identifié 92 nouvelles souches du coronavirus qui circulent dans le pays et dont certaines sont particulièrement virulentes, comme le variant amazonien dit P1. La crainte est donc que le Brésil se transforme en un gigantesque réservoir à variants du Covid, qui réinfecteraient en permanence l’ensemble de la planète. 

Europe 1
Par Didier François, édité par Antoine Terrel