Il est possible de donner son sang aux Etats-Unis (photo d'illustration) 1:35
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Xavier Yvon, édité par Ariel Guez
Comme en France et dans d'autres pays, les scientifiques américains ont commencé à tester le sang des personnes guéries du coronavirus sur des malades encore atteints, dans l'espoir que les anticorps des premiers aient une incidence positive sur les seconds. À New-York, Europe 1 a pu rencontrer l'une des premières malades guéries à avoir donné son sang. 

 

Face au Covid-19, le monde entier cherche des traitements. Aux États-Unis, des chercheurs ont commencé à en tester un à base d’anticorps présents dans le sang de personnes convalescentes.  L’agence américaine du médicament a donné son feu vert et Donald Trump en a parlé mercredi dans son point de presse, expliquant que des milliers d’Américains guéris donnaient leur sang pour la recherche. 

 

À New-York, épicentre de l'épidémie outre-Atlantique, Diana Berrent a été l’une des premières malades du Covid-19. Elle a aussi été l’une des premières à guérir et il y a quelques jours, la première à donner son sang, avec ses fameux anticorps qui ont vaincu le virus. "Nous les survivants, nous avons des super-pouvoirs", explique-t-elle au micro d'Europe 1. "Nous avons dans notre corps le secret de ce mystérieux virus".

"Nous les survivants, nous avons des super-pouvoirs"

Un secret que voudrait percer l’étude lancée par l'hôpital Irving de l'université Columbia et dont les expériences sont dirigées par le Docteur Eldad Hod, spécialiste des transfusions. C'est lui qui a récupéré le plasma de Diana pour le transfuser à trois groupes tests : des malades critiques, des malades légers et des gens en bonne santé. 

Les scientifiques partent du principe qu'une personne guérie a développé des anticorps dans son organisme en général et son sang en particulier. En transfusant le plasma, une partie du sang, à d'autres patients, l'idée est de voir si les anticorps développés par les personnes guéries du coronavirus ont une incidence sur les malades.

 

 

"On a déjà essayé il y a 100 ans pour la grippe espagnole"

En France aussi, le plasma des patients guéris est testé, dans le cadre de l'essai clinique "Covidplasm", mené par l'APHP, l'Inserm et réalisé à l'Etablissement français du sang. "Ce n’est pas une nouvelle idée", explique Eldad Hod. "On a déjà essayé il y a 100 ans pour la grippe espagnole, ou pour le SRAS dans les années 2000 à petite échelle".

Il y avait alors eu des résultats, mais pour savoir si le traitement est viable, il faut une étude complète. "On essaye d’avoir la réponse le plus vite possible", continue Eldad Hod. "Et si ça marche, alors l’industrie prendra le relais pour en produire le maximum".

 

Et pour en produire un maximum, il faudra une énorme quantité de plasma. Pour commencer à en recueillir, Diana Berrent a créé une association pour appeler les autres anciens malades, comme elle, à donner un peu de leur "super-pouvoir".