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Chaque jour, Bruno Donnet regarde la télévision, écoute la radio et scrute les journaux ainsi que les réseaux sociaux pour livrer ses téléscopages. Ce vendredi, il s'intéresse à l'actualité médiatique de la semaine.

Tous les jours, Bruno Donnet observe le traitement de l’actualité, par les médias, mais le vendredi il en fait régulièrement la synthèse. Cette semaine, il a été frappé par l’apparition d’un accessoire, très inattendu, dans le concert médiatique.

Un ustensile que l’on croyait, jusqu’ici, strictement réservé aux émissions de cuisine : la casserole !

« Des appels à faire du bruit avec des casseroles partout en France qui sonnent comme une invitation au boycott de l’allocution d’Emmanuel Macron. »

Toute la semaine, les médias en ont fait leurs choux gras.

Et tout a commencé, lundi, le jour où Emmanuel Macron avait choisi de prononcer une grande allocution à la télé : « Cette réforme est-elle acceptée ? A l’évidence non ! »

Car je ne sais pas si vous l’avez remarqué, mais le président de la république a commis une petite imprudence. Quand ça ? Et bien pile au moment où il a dit ceci : « Personne et surtout pas moi ne peut rester sourd. »

Personne ne peut rester sourd !

Du coup, toute la semaine, les Français mécontents, ont pris le président au pied de la lettre et lui ont cassé les oreilles, partout, partout où il avait choisi de mettre les pieds : « Ce matin, un comité d’accueil avec des casseroles attend le président à proximité de l’entreprise qu’il doit visiter + bruits de casseroles. »

Mais ce qui est spectaculaire, c’est l’attraction que la casserole a réussi à exercer sur la tambouille médiatique. Mercredi, sur BFM-TV, le retour de pub du duo Alain Marshall – Olivier Truchot s’est déroulé avec l’ustensile vedette à la main : « N’ayez pas honte à côté de nous parce que ça, c’est ce qu’entend le président de la république et c’est ce qu’il va entendre régulièrement. »

Oui oui, le duo de présentateurs nous a carrément mijoté un petit happening, et s’est armé de casseroles sur le plateau. Une idée aux petits oignons, pour Yann Barthès, qui s’est empressé de la copier et de la faire revenir, dès le lendemain, sur son propre plateau : « Et pour le début, on commence avec l’accessoire un peu tendance de ce mois d’avril : la casserole ! »

Mais s’agissant de casserole, je crois tout de même que c’est hier qu’on a vraiment touché le fond. Car tandis que BFM-TV demandait rien de moins qu’un encadré, en direct et en plateau, autour d’une question totalement essentielle : « Bah on s’est posé la question d’ailleurs : est-ce qu’on peut relancer massivement l’industrie de la casserole qui ne produit pas assez ? Magalie Chalais, où en est l’industrie de la casserole en France ? »

Pendant ce temps-là, donc, un psychodrame, au poil, autour de la casserole, se déroulait dans les Cévennes. Une séquence jamais vue, opposait une manifestante, à un gendarme : « Ah, y’a une casserole là ! Oui, deux casseroles ! Bah faudra les enlever Madame ! »

Figurez-vous qu’un arrêté préfectoral, rien de moins, a été mijoté, hier, pour interdire l’usage contestataire, de la casserole : « On peut pas poser les gamelles c’est ça ? On peut pas prendre les gamelles ? Par arrêté préfectoral, il est interdit d’avoir une casserole »

Mais si la séquence a fait rire quelques grands zélateurs de la casserole, elle n’a pas du tout amusé l’Elysée. Ulcérée par le frichti déléter et plus popote, du tout, avec l’initiative des forces de l’ordre : « Ces images de casseroles saisies ne plaisent pas du tout à l’Elysée qui nous explique que l’arrêté préfectoral ne prévoit pas d’interdire les casseroles mais uniquement les dispositifs sonores portatifs. »

Bon sinon, cette semaine les médias se sont tout de même, un peu, intéressés à ces français qui sont de plus en plus nombreux à rencontrer des difficultés pour faire bouillir la marmite : « Ce qu’on se permettait avant au niveau des chocolats, des gâteaux, bah maintenant on se dit que c’est un luxe et du coup on ne peut plus se le permettre, forcément on prend les choses qui sont vitales. »

Il faut dire que l’inflation et les industriels ont manifestement mis les petits plats dans les grands : « Illustration avec l’huile de tournesol qui a bondit de 30%, alors que le tarif de la tonne de tournesol a diminué de 55%. »

Mais ça n’a pas duré longtemps car le sujet n’a pas résisté à ces images du président Macron, piégé par des militants extrémistes et filmé, en train de chanter comme une casserole.

Enfin, la locution latine : « in coda venenum », dans la queue le venin, qui signifie que le plus dure est souvent pour la fin. Bruno Donnet terminera donc en citant, ici, le petit message, que la comédienne Blanche Gardin a posté, hier soir, sur sa page FaceBook. Elle y explique qu’elle a refusé de participer à l’émission « Lol, qui rit sort » sur la plateforme vidéo d’Amazon, qui lui proposait pourtant 200 000 euros pour une seule journée de tournage, en raison des nombreuses casseroles que traine son propriétaire Jeff Bezos, coupable, selon la comédienne, de ne pas payer d’impôt en France, de polluer la planète, mais également « d’utiliser la main d’œuvre des camps de concentration Ouighours ».

Démonstration Philippe que le plus dure, dans la casserole, ce n’est pas toujours le fond, mais bel et bien la queue.