Manchester City - PSG : pas de quoi cacher les problèmes du foot français

  • A
  • A
2:34
L'édito sport est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
Partagez sur :

Chaque jour, la matinale d'Europe 1 revient sur l'un des événements sportifs qui fait l'actualité. Ce mardi, Virginie Phulpin s'intéresse au match retour de la demi-finale de Ligue des Champions opposant Manchester City et le PSG. Les Parisiens tenteront de reprendre le dessus après leur défaite au match aller pour accéder à la finale. Selon elle, pas de quoi cacher les problèmes du foot français.

Le PSG se déplace à Manchester pour sa demi-finale retour de Ligue des Champions contre City. Les Parisiens battus 2-1 à l’aller vont tenter de se qualifier pour leur deuxième finale de suite. Mais, pour Virginie Phulpin, c’est l’arbre qui cache la forêt d’un foot français qui doit se remettre en question.  

Le PSG a pris l’habitude de jouer les premiers rôles en Ligue des Champions, et les Bleus sont champions du monde. Alors quoi, on s’arrête à ce constat flatteur et on redresse les épaules en se prenant pour les meilleurs ? À un moment il va falloir cesser de s’extasier devant la vitrine et se pencher sur le vide de l’arrière-boutique.

Le football français ne va pas bien. Financièrement, la conjugaison entre la crise sanitaire et le fiasco de Mediapro a mis les clubs à genoux. Canal+ a récupéré les droits de la Ligue 1 jusqu’à la fin de la saison. Mais après, c’est le flou. La chaîne ne veut conserver que les meilleures affiches du championnat. Il faudrait donc trouver un autre diffuseur pour les autres matches. Autant dire qu’on n’est pas tiré d’affaire. Parce que le foot français a un déficit d’image, et de niveau.

Ce week-end Thomas Tuchel, l’ancien entraîneur du PSG aujourd’hui à Chelsea, a dit qu’il y avait un gouffre entre le niveau de la Ligue 1 et l’Angleterre. Oui, il veut se faire bien voir des Anglais. Mais ça ne nous empêche pas d’entendre ses critiques. La France est 8e au classement UEFA cette saison. Derrière l’Ecosse, et juste devant Israël. La faute aux résultats calamiteux de nos clubs en coupe d’Europe. Le PSG ne peut pas cacher tout le reste. 

Pour Virginie Phulpin, il y a trop de certitudes et pas assez de remise en question.  

"On n’est pas là pour faire plaisir au public". Ça c’est la petite phrase de Thierry Laurey, l’entraîneur de Strasbourg, après le match contre l’OM ce week-end. Forcément ça interpelle. Il a en partie raison.

Le football n’est pas qu’un spectacle pour émerveiller les foules. Sinon, on serait tous pour la Super Ligue. Il n’y a pas que le beau jeu dans la vie, et le football peut se décliner en version plus timorée et défensive. Surtout en fin de saison quand on lutte pour le maintien comme Strasbourg. Mais cette phrase montre aussi que nos entraîneurs ont parfois des ornières. En gros, ils n’ont jamais de leçon à recevoir de personne. Ils réagissent très mal aux critiques, comme dernièrement celles de Pablo Longoria. Le président de l’OM a parlé de l’absence de modèle français dans le foot, et du fait que les entraîneurs français s’exportaient très peu.

Pourquoi ne pas entendre ces critiques et se remettre un peu en question ? Pour que les supporters aient envie de regarder les matches, que les diffuseurs suivent, et que le football français ait à l’étranger une image plus conforme à son statut de champion du monde.

Virginie Phulpin espère que le PSG va se qualifier pour la finale de la Ligue des Champions et que les Bleus gagneront l’Euro. Mais même avec ces scénarios idéaux, on ne fera pas l’économie d’une réflexion plus poussée.