Ligue des champions : pas sûr que l’on revoit un "Final 8" l’année prochaine !

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L'édito sport est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Chaque jour, la matinale d'Europe 1 revient sur l'un des événements sportifs qui fait l'actualité. Ce mardi, Virginie Phulpin revient le dispositif de "Final 8" de la Ligue des champions qui ne devrait pas être renouvelé l'an prochain pour des questions financières.

On va revenir sur cette Ligue des champions de football si particulière qui s’est terminée dimanche. Avec la crise sanitaire, les huit équipes quart de finalistes ont disputé un tournoi à élimination directe à Lisbonne. Est-ce que c’est l’avenir de la compétition ? Pour Virginie Phulpin, c’est séduisant, mais ça n’aura pas lieu car ça rapporte beaucoup moins d’argent.  

Le nerf de la guerre, le nerf du football. Au départ, quand l’UEFA a opté pour ce tournoi à élimination directe, c’était une solution d’urgence. Il fallait aller au bout de la compétition pour ne pas perdre trop d’argent. Oui, c’était déjà ça, la motivation. Il s’agissait juste de parer au plus pressé.

Mais après il y a eu les matches, et ça a changé beaucoup de choses. Des matches dans deux stades vides, sans spectateurs. Et pourtant, des rencontres engagées, du suspense, des scénarios haletants.

Et là on est nombreux à s’être dit "mais c’est génial ce format, il faudrait le garder, quand il y aura le retour du public, ce sera beaucoup plus exaltant que les matches aller-retour !". Avec deux clubs français en demi-finale et un en finale, on avait de quoi se laisser conquérir.

Même à l’UEFA, le discours a changé, le président se dit que ça vaut peut-être le coup d’y réfléchir. Pour le jeu, franchement, on y gagne. Un match à élimination directe, on gère moins, et on se donne plus. Forcément on ne cherche pas à préserver un score avant le retour. Donc là c’est un grand oui.

Mais pour les supporters ? Le foot, c’est aussi recevoir dans son stade, devant ses fans, même si on a un peu oublié ce que c’était. Ça semble un peu compliqué de priver les équipes et les supporters de leurs matches à domicile. Quand tout reprendra son cours, on en aura soupé, de la privation de football.

Avec cette formule, le problème c’est que tout le monde ne peut pas se déplacer en Europe pour aller soutenir son club sur un terrain neutre.  

Mais ça n’est pas l’argument des supporters qui va peser le plus lourd pour le futur de la ligue des champions ?

Non, les finances vont plus compter que la passion dans cette histoire. Il y a malheureusement peu de place pour le romantisme.

Pour les clubs, si on reproduisait cette formule, ça voudrait dire une baisse conséquente des recettes de billetterie avec moins de rencontres à domicile. Virginie Phulpin ne voit pas comment ça peut être bien accueilli.

Et puis il y a surtout les droits télé, le véritable graal. Des matches à élimination directe au lieu des allers-retours, ça veut dire moitié moins de matches, donc moitié moins de droits télé.

Alors non, on ne reverra pas ce format de Final 8 de sitôt. Mais comme ça a été séduisant et que le but est aussi d’attirer un nouveau public, on pourrait se diriger à terme vers un tournoi de ce genre uniquement à partir des demi-finales. Une manière de ménager la chèvre, le chou, et surtout le portefeuille…